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vendredi, 03 juin 2011

Le mieux placé

    • 114348_francois-hollande-devant-une-photo-de-nicolas-sarkozy-le-15-mai-2011-a-paris-lors-de-l-emission-dimanche.jpgQui n'a pas entendu cette expression depuis des mois et des mois dans la bouche des dirigeants socialistes ? Elle prétendait à l'évidence pour désigner le candidat à la huitième élection du Président de la République Française à l'élection présidentielle. En réalité il s'agissait de retenir un ou une des trois signataires d'un pacte tacite ou formel conclu à Marrakech un soir de l'été 2008, dans la résidence de l'un des trois. Ces trois camarades, Strauss-Kahn, Aubry et Fabius avaient déjà conclu un premier pacte autour d'une motion de congrès afin d'empêcher deux autres, Royal et Delanoë, d'accéder au Premier Secrétariat du Parti Socialise, en remplacement de François Hollande. En effet, ce poste ne devait pas être occupé à leurs yeux par un présidentiable. C'était d'ailleurs bien vu : sauf en 1974 et 1981, aucun Premier Secrétaire en exercice n'a été candidat. L'ancien à ce poste en 1995, Lionel Jospin, avait d'ailleurs battu Henri Emmanuelli pourtant en fonction en février de cette année. Donc exit Royal et Delanoë. A leurs yeux, Hollande n'existe plus ou est considéré comme quantité négligeable. « Monsieur petites blagues » disait même l'un d'entre eux.

    • Désormais le pacte est réduit à deux de ses signataires. Mais la question subsiste : qui est donc le mieux placé ? D'autant que l'ancien Premier Secrétaire surgit dans le paysage. Il était inattendu et tout à fait imprévu. Il devient embarrassant, sauf pour les Français et parmi eux beaucoup de socialistes.

      Alors, quels critères retenir pour cerner ce mieux placé ? Pour Strauss-Kahn on pouvait avancer la connaissance internationale même si on la réduisait à la finance. Personne aujourd'hui ne peut reprendre ce critère. Faut-il avoir exercé une fonction ministérielle ? Le contraire peut aussi être plaidé : est-il opportun de retrouver les ministres du début des années 1980 et 1990 ? Tout cela est bien loin. A droite par exemple, Sarkozy a été plusieurs fois ministre et ce n'est pas une garantie. Aux USA, d'où nous vient la méthode des primaires, Obama n'a jamais été au gouvernement fédéral avant de présider la plus grande puissance du monde. Il réussit plutôt bien. Faut-il faire appel à la légitimité dans le Parti Socialiste ? Beaucoup sont alors à égalité et à l'ancienneté il y en a un qui l'emporte sur les autres. Depuis 1971, donc 40 ans, trois Premiers Secrétaires ont totalisé 30 ans de direction, soit 75% de notre histoire depuis le congrès d'Epinay. Si on est toujours là, ils doivent bien y être pour quelque chose ! Faut-il rechercher celui ou celle qui assure le mieux l'unité des socialistes d'abord, de la gauche ensuite ? Celui suppose d'avoir été irréprochable dans le respect des décisions des adhérents. L'unité de la Gauche suppose de l'avoir construite à plusieurs occasions. Elle aussi suppose un minimum d'expérience. Faut-il envisager la capacité à mener campagne ? Dans ce cas François Hollande a une longueur d'avance : c'est le seul à avoir battu Nicolas Sarkozy dans une élection nationale. C'était en juin 1999 pour les élections européennes. Sa liste a rassemblé 21,95% des suffrages, contre 12,82 à son concurrent. Certains diront avec une touche de mépris : ce ne sont que des européennes ! Elles furent quand même gagnées. Tout le monde ne peut pas en dire autant. Concernant ce candidat, il a au moins osé affronter Jacques Chirac en Corrèze pour les élections législatives de juin 1981. Les candidats ne se bousculaient pas au portillon. A 26 ans, il fallait le faire. Ça dénote un tempérament de conquérant plus que d'héritier.

      Restent les sondages ! Il y en a de toutes sortes, d'intentions de vote, pour les primaires comme pour l'élection nationale, de popularité, de confiance etc. Si c'est le critère qui l'emporte, il devient facile de procéder au choix. C'était vrai hier avant l'affaire DSK, c'est vrai par conséquent aujourd'hui. En même temps le passé nous met en garde. Rocard devait être Président en 1981, Chirac éliminé en 1995, Jospin élu en 2002, Royal gagnante en 2007. A contrario si François Hollande avait basé son action sur ces sondages il n'aurait même pas commencé son parcours. En intentions de vote il a longtemps été crédité de 3 à 5 % des suffrages. De quoi décourager les faibles et les hésitants. Le travail, la présence, les propositions, la passion de la France, l'empathie avec les Français, à preuve, tout cela permet de faire bouger les lignes. Après tout c'est un critère aussi bon qu'un autre.

      Finalement, mieux vaut rester simple. Mettre les grandes sociétés de communication de côté. Elles se sont montrées à côté de la plaque, sans intuition et sans imagination. Le meilleur candidat sera celui que les primaires désigneront. C'est là qu'il puisera sa légitimité. Son devoir sera ensuite de rassembler. La direction du Parti Socialiste a et aura ses propres obligations : organiser loyalement le scrutin, garantir l'égalité entre les candidats, éviter le moindre contentieux sur le résultat, préparer la campagne électorale dans un esprit de bonne camaraderie. La victoire viendra de surcroît.
        Bernard Poignant

Commentaires

François Hollande est le seul en mesure de l'emporter. Son parcours depuis 1 an le montre. Même avant l'effondrement de DSK, il commençait à jouer les troubles fêtes d'une primaire que certains souhaitaient n'être qu'une primaire de confirmation!

Écrit par : alain | samedi, 04 juin 2011

le seul qui a gagné était le 1er secrétaire du parti, un certain François Mitterrand il me semble...

Écrit par : olivier34 | samedi, 04 juin 2011

Hollande , premier secrétaire, ça n'allait pas. Hollande ,pluspremier secrétaire, ça ne va pas non plus.
Tu as des convictions variables! C'est le syndrome edgar faure. Ce n'est pas la girouette qui bouge, c'est le vent qui tourne!

Écrit par : @olivier34 | dimanche, 05 juin 2011

Les commentaires sont fermés.