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lundi, 09 mai 2011

UMP – FN : les racines communes Episode 3 – Un parti, un homme : la rencontre

 

Après l’épisode 1- Occident, l’épisode 2 – la filière nationalo-gaulliste,   aujourd’hui, troisième et dernier épisode de notre série sur les racines communes entre UMP et FN : 
Un parti, un homme : la rencontre.

Ces deux parcours, où les hommes ont pu se croiser, reposent sur des histoires intellectuelles différentes : anticommunisme menant à l’ultra-libéralisme d’une part, nationalisme et attachement à un État régalien fort d’autre part. Ces deux mouvements et les hommes qui les portent vont toutefois se croiser, et même se rejoindre, pour former ce qui n’est pas un mouvement « néoconservateur » à l’américaine (type George W. Bush) mais un ensemble plus proche de la révolution conservatrice portée par Reagan et Tatcher au début des années 80, associant un ultralibéralisme de principe à une position de repli quasi-identitaire sur le pays.

La rencontre droite classique / FN s’était déjà produite dans les années 80, mais depuis le début des années 90, une digue semblait s’être progressivement mise en place pour condamner, le plus souvent, cette alliance. Mais la brèche s’est ouverte au lendemain du 21 avril 2002. Ce coup de tonnerre politique que constitue la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle va permettre à certains responsables politiques d’émerger sur des positions assez tranchées (en matière de sécurité ou d’identité) au sein de la droite classique et amener à la constitution de l’UMP le 23 avril 2002, parti qui se voulait parti unique de la droite française. Ce parti va d’abord rassembler le RPR et DL (mouvement issu du Parti Républicain, qui quittera l’UDF suite aux élections régionales de 1998 pour « soutenir » les présidents élus avec les voix du FN, et présidé alors par… Alain Madelin). Il assure donc la fusion d’un courant ultralibéral assez marqué et du parti gaulliste, le RPR. D’autres élus UDF (dont certains centristes) les rejoindront mais fondamentalement, l’UMP a pu constituer le creuset de cette rencontre, dans un contexte marqué par la présence de l’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle.

Et l’un des hommes qui a pu s’appuyer sur cette conjonction n’est autre que Nicolas Sarkozy, et ce dès 2002. Il a pu mobiliser le double héritage de cet UMP. En effet, la part de sa carrière qu’il doit à Charles Pasqua, est aujourd’hui connue : son ascension à Neuilly, la succession d’Achille Peretti, l’ancrage dans les Hauts-de-Seine qu’a longtemps présidés Pasqua, sa proximité dans ce département avec Patrick Devedjian, un ancien d’Occident… D’un autre côté, Nicolas Sarkozy, en rejoignant Edouard Balladur, s’est retrouvé proche des anciens d’Occident qu’étaient Gérard Longuet ou Alain Madelin, et des tenants de l’ultra-libéralisme.

C’est en parti cela qui lui a permis de « prendre » l’UMP en 2004 et d’en faire un point d’appui essentiel à sa conquête du pouvoir en 2007… Le reste de l’histoire est connue, de l’influence de Patrick Buisson (ancien journaliste à Minute) au récent discours de Grenoble, d’appels du pied en dérapages plus ou moins contrôlés jusqu’au récent ni-ni, qui tend à briser le tabou de l’alliance avec le FN. Certains, à l’image de Terra Nova, y voient l’émergence d’un pôle néoconservateur. L’histoire nous dira ce qu’il en est, mais, dans l’analyse, il nous faudra garder à l’esprit cette histoire commune qui rend moins improbable, d’un point de vue intellectuel, l’alliance de ces deux familles pourtant, au départ, différentes…

Commentaires

Merci pour cette série très instructive

Écrit par : militant | mardi, 10 mai 2011

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