Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

samedi, 07 mai 2011

UMP – FN : les racines communes / Episode 1 – Occident

 

Depuis les élections cantonales de mars dernier, de nombreux analystes notent que « les digues ont sauté » entre l’UMP et le FN. Au-delà des allers-retours des électeurs, les appels du pied de la droite vers l’extrême-droite que notent les journalistes témoignent d’une modification qui pourrait être profonde du paysage politique français. Un bref recul historique peut permettre de cerner, dans le passé, les prémices de cette évolution, ou, à tout le moins, de distinguer certains faits, certains positionnements constitutifs de racines communes entre l’UMP et le FN, racines qui facilitent l’évolution constatée aujourd’hui. Il ne s’agit pas de dire ici que l’UMP et le FN sont identiques, mais, par le recul historique, de montrer que l’évolution actuelle qu’il convient de dénoncer peut trouver des points d’appui dans l’histoire politique française. Episode 1 : Occident

 

Dans la mémoire politique collective, Occident  reste un mouvement important dans la résurgence de l’extrême-droite après la seconde guerre mondiale. Crée en 1964 par Pierre Sidos, ancien cadet du francisme (le parti fasciste français durant la seconde guerre mondiale), il a rapidement agrégé de jeunes étudiants, et ce jusqu’en 1968. Dans ses rangs, on compte plusieurs futurs ministres ou responsables politiques comme Gérard Longuet, Hervé Novelli, Alain Madelin, Patrick Devedjian ou Claude Goasguen.

Leur parcours est assez emblématique, puisqu’à la dissolution du mouvement Occident, nombre de ses membres vont intégrer la droite parlementaire, grâce à un passage par l’Institut d’histoire sociale ou l’Institut supérieur du travail, tous deux financés par le CNPF (comme le note Frédéric Charpier dans Génération Occident 1). Car cette histoire est aussi une histoire intellectuelle : contrairement à d’autres mouvances d’extrême-droite, Occident met particulièrement l’accent sur l’anticommunisme, positionnement provocateur dans l’effervescence de l’extrême-gauche des années 60 où foisonnent les mouvements trotskistes, maoïstes, situationnistes…

C’est cet anticommunisme qui permettra à ces jeunes de développer une trajectoire politique qui les conduira vers la droite. En effet, quand ils renoncent aux comportements violents caractéristiques d’Occident, ils conservent leur anticommunisme qu’ils transfèrent alors vers son antithèse économique, l’ultralibéralisme. C’est ainsi qu’ils intégreront les Républicains Indépendants, qui devient en 1977 le Parti Républicain, composante de l’UDF.

Mais cette intégration se fait sans couper réellement les ponts puisqu’à la création du Front National, en 1972 (par certains anciens d’Occident), le rédacteur du volet économique du programme du FN n’est autre que Gérard Longuet, qui a pourtant, à cette époque, rejoint l’ENA et s’est rapproché de la droite classique (cf. Renaud Dely, Histoire secrète du Front national 2). Cette forme de proximité et de fertilisation d’une partie de la droite classique par des militants issus de l’extrême-droite a laissé des traces, sans doute jusque dans les années 90.

En effet, il est intéressant de noter que le premier secrétaire général du Parti Républicain est Jean-Pierre Soisson, connu pour avoir contracté une alliance avec le FN en 1998 afin de garder la présidence de la Région Bourgogne. Son successeur ? Jacques Blanc, connu pour avoir contracté en 1998 une alliance avec le FN afin de conserver la présidence de la Région Languedoc-Roussillon…

Histoire intellectuelle, histoire d’hommes, le passage des jeunes d’Occident à la droite classique n’a pas été sans conséquence sur le rapport idéologique et le positionnement stratégique de cette droite avec le Front National.

Commentaires

qques petites remarques si vous permettez.
1) le front national n'est pas un parti d'extreme droite, mais un parti de droite nationale et populaire.
2) le programme social du fn est tout aussi a gauche que celui du ps, sinon plus.
3) il existe plus de collusion ideologique entre le ps et l'ump (umps et pacte "republicain"...) qu'entre ump et fn.
4) il n'existe pas de porosité entre fn et ump, juste une attraction irresistible des electeur pour le fn, et la desertion programmée des cadres ump pret a tout pour conserver leur mandat, secretaire, salaire et safranes...
.

Écrit par : aldo | samedi, 07 mai 2011

Qui est ce guignol pour écrire l'histoire d'Occident? Des noms connus, quelques cancans. Nous n'avons rien en commun avec l'UMPS. N'oubliez pas que l' Occident est le berceau du progrès de l'humanité tout le reste n'est que foutaises

Écrit par : chazot | samedi, 07 mai 2011

@aldo Quelques remarques à mon tour: le FN est un parti d'extrème droite. Cela ne fait aucun doute pour personne sauf pour ses cadres qui cherchent à se dédouaner d'un passé qui ne passe pas. L'antisémitisme est sa marque de fabrique.Les anciens nazis (strober et compagnie ) étaient toujours les bienvenus aux congrés FN. Et je ne parle pas des révisionnistes qui ont porte grande ouverte!
Hitler avait conquis son électorat par un programme "social"; le FN tente la même opération .... mais qui ne trompe que les gogos.
@chazot:demandez à devedjan, membre lui aussi d'occident, comment il s'est retrouvé à poil car ses "camarades" voulaient le passer à la baignoire! Niera-t-il un tel ragot?

Écrit par : Claire | dimanche, 08 mai 2011

Claire, pouvez vous concevoir que ceux qui votent fn, aiment leur pays et aspirent simplement à vivre en paix et en sécurité... que leurs enfants puissent aller à l’école sans se faire racketter, leurs anciens faire leurs courses sans vol à l'arraché et leurs filles se promener sans se faire insulter… Avez-vous une objection, contre cette simple aspiration au bonheur du peuple ? Doit-elle être réservée aux élites, qui vivent sous digicode, passent leurs vacances dans des résidences sécurisés et mettent leurs gosses dans des écoles privées ? Nous savons tous que les pays les plus heureux sont les plus sécurisés, et qu’il n’est pas de bonheur, sans sécurité…

Écrit par : aldo | dimanche, 08 mai 2011

"les pays les plus heureux sont les plus sécurisés" : Vive les dictatures ! C'est pour ça que le pen voulait donner asile à ben ali en france.

Écrit par : aie | lundi, 09 mai 2011

aie : Je m'attendais a cet amalgame un peu facile... Il existe une difference semantique entre "securisé" et "securitaire".
Un enfant que sa mere aime se sent securisé et heureux, un enfant qu'on menace et qu'on abandonne se sent insecurisé et donc malheureux.
Les pays scandinaves, la nouvelle-zelande, la suisse, par exemple, sont, malgré la delinquence naissante et souvent importée, des pays ou le niveau et le sentiment de "securité" sont importants. Le sentiment de bonheur qui en decoule est parmi les plus elevés du monde...
Dans les dictatures "securitaires" type espagne de franco, chili de pinochet, ou les nouvelles dictatures molles, la population est livrée a la violence de l'etat ou des bandes, et se sent totalement "insecurisée"... Mefions nous des faux amis semantiques et utilisons-les de bonne foi.... Merci

Écrit par : aldo | lundi, 09 mai 2011

Je ne connais pas un parti qui souhaite le racket à l'école, le vol à l'arraché ou les insultes envers les jeunes filles...Bref, comme disais l'autre, on est tous contre le cancer.
En revanche, ce qui nous différencie , c'est que le FN joue sur l'irrationnel, l'émotion le sentiment, la peur, surtout de l'autre...Aldo, le reconnait d'ailleurs implicitement: en parlant du sentiment de sécurité. Et donc par opposition, le sentiment d'insécurité doit être à son maximum pour faire voter FN. C'est depuis toujours le crédo des extrêmes droites. Et ça marche parfois sur certaines catégories de population, Prenons les dernières cantonales. On a vu des villages des plus tranquilles voter FN beaucoup plus que dans les quartiers réputés difficiles. Ce vote n'a rien de rationnel. Les habitants de ces villages paisibles ne vivent pas l'insécurité, mais ils en entendent tellement parler qu'ils finissent par croire qu'elle est là Que des hordes sauvages venus de la Devèze ou du Faubourg assiégent le village, Et ieur villa, leur bagnole, leur télé, comment vont-ils se défendre alors qu'ils sont bien souvent agés? Ils ont peur. Alors ils votent FN. Stupidement.

Écrit par : françois | lundi, 09 mai 2011

Les commentaires sont fermés.