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lundi, 04 avril 2011

Simplisme sarkozyste et maximalisme lepéniste

 

La montée du FN n’est pas imputable à la droite, mais à la gauche.

C’est la vieille rengaine que l’UMP a trouvée pour se dédouaner et qui est relayée sans grande surprise par Le Figaro.

rictus_bigger.jpgDepuis 2002 – « bon sang mais c’est bien sûr ! » - nous n’avons entendu aucun discours sécuritaire, aucune polémique relative à la montée de la délinquance, notamment dans les banlieues, ou à l’expulsion de travailleurs sans-papiers.

Depuis 2007, il faut croire que les Français ont rêvé : il n’y a pas eu de débat sur l’identité nationale ; il n’y a pas eu de surenchère politique constante sur les thématiques traditionnelles du FN.

Le président de la République n’a jamais non plus prononcé à Grenoble un discours dans lequel il postule un lien entre la délinquance et l’immigration.

Non, pour l’UMP, la réalité est infiniment plus simple : tout est de la faute de la gauche et plus particulièrement du PS qui instrumentalise électoralement le FN (vu le bordel qui règne au sein du PS depuis le Congrès de Reims, cette prétendue instrumentalisation prête à rire). 

Depuis 1986, la droite républicaine assène ce mensonge à chaque campagne électorale, et plus particulièrement chaque fois que l’extrême droite progresse dans les urnes.

Fin novembre 2009, quelques mois avant les élections régionales, Nicolas Sarkozy avait repris l’argument de la collusion PS/FN.

Il y a plus d’un an, j’étais revenu sur ce mensonge présidentiel en expliquant le contexte politique des années quatre-vingt et en faisant référence à l’une des cent une propositions de François Mitterrand.

Comme beaucoup d’observateurs de la vie politique, je croyais que Nicolas Sarkozy était parvenu à durablement amoindrir le FN en lui disputant ses sujets de prédilection (immigration, identité nationale, insécurité, etc.).

Or les dernières semaines ont montré qu’il n’en était rien.

Les déçus du simplisme sarkozyste se sont reportés à nouveau sur le maximalisme lepéniste.

D’où l’affolement actuel de la droite républicaine qui ne trouve rien d’autre à faire que de s’en prendre au PS une fois encore plutôt que de s’interroger sur la stratégie de Nicolas Sarkozy.

En outre, il serait temps qu’on cesse de présenter le FN comme une formation politique protestataire dépendant entièrement du jeu des grands partis traditionnels.

 Le FN a son existence propre, son histoire, ses spécificités, ses thématiques favorites.

En près de quarante ans d’existence, il a considérablement élargi son électorat pour capter les mécontentements les plus divers (preuve que l’indignation n’est pas en soi nécessairement vertueuse).

Gabale

 

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