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mercredi, 30 mars 2011

Sarkoschisme

 

crise-financiere-homer-simpson.jpgA un an de la présidentielle, la France est déboussolée. L'un des combats que les socialistes devront porter en 2012 sera celui de la défense des valeurs républicaines, aujourd'hui fragilisées et dévoyées par les dirigeants UMP qui n'ont pas hésité à lancer des mots d'ordre et des slogans ambigus. Leur responsabilité est lourde: ils ont abîmé la République et affaibli ses valeurs. Droite et gauche peuvent s'opposer sur les analyses et les projets, mais jusqu'ici les principes républicains formaient un socle inaltérable. Ce n'est plus le cas. Nous devrons aussi convaincre de nos réponses sur l'emploi, le pouvoir d'achat, la relance économique, la justice sociale, tous ces chantiers que le gouvernement a abandonnés et dont il a cherché à détourner l'attention en faisant diversion avec des faux débats. Ainsi, par opportunisme, par électoralisme, le chef de l'Etat et ses partisans ont repris les thématiques de l'extrême droite, sur l'insécurité, l'immigration, l'identité nationale, l'islam, pendant que le Front national, lui, se positionnait sur les questions économiques et sociales, celles précisément où l'échec de cette majorité est inexcusable. On a vu le résultat. Et c'est bien Nicolas Sarkozy le grand perdant de ce dimanche électoral. Celui qui se vantait en 2007 d'assécher le Front national est le responsable de sa progression spectaculaire les 20 et 27 mars. Il va en payer le prix très vite. Auprès des Français tout d'abord. Le rejet du président de la République est extrêmement fort: les déroutes de ses proches dans les Hauts-de-Seine vont en traumatiser plus d'un! Dans son camp ensuite. Les doutes de ces derniers mois quant aux orientations sécuritaires et xénophobes, les fissures entre les deux tours sur la stratégie du « ni-ni », sont devenus des fractures. Au sein de la majorité, les centristes, les radicaux, les républicains, sont tentés par la sécession. L'évidence de la candidature de Nicolas Sarkozy, que de nombreux sondages excluent du second tour, sera certainement contestée dans son camp. Loin du sarkozysme triomphant de 2007, l'heure est désormais au sarkoschisme.

Bernard Roman

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