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mardi, 29 mars 2011

Beau défi !

 

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Les élections cantonales ont livré leur verdict – proche des prévisions que j’en faisais. Cette consultation locale, marquée au final par une grande stabilité des élus, est toutefois riche d’enseignements. Comme socialiste, j’accueille le résultat du vote avec satisfaction, mais aussi avec responsabilité, voire gravité.

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nous ne devons pas, nous ne pouvons pas ignorer les messages, voire les signaux d’alarme que recèle ce scrutin. Deux d’entre eux sont évidents, massifs. Il y a, d’abord, l’ampleur de l’abstention, qui s’établit à un niveau record de 54 % : la participation ne s’est pas redressée entre les deux tours, elle est dramatiquement faible. On en connait les causes circonstancielles – la volonté du pouvoir de banaliser ces élections, l’absence de couplage avec une autre consultation. Mais il y a aussi des racines plus profondes dans ce délaissement des urnes : les citoyens se désintéressent de la politique, pire ils s’en détournent. Laurent Fabius proposait ce matin d’y remédier par le vote obligatoire et la comptabilisation des votes blancs. Pourquoi pas ? Je suis pour ma part persuadé que la vraie réponse réside dans l’amélioration de notre offre politique, dans notre capacité à élaborer à la fois une cohérence d’ensemble et des mesures correspondant aux attentes des Français

Le deuxième sujet de préoccupation – il est majeur – réside dans la montée continuelle du vote en faveur du Front national. Certains commentateurs ont crû le voir en recul, en totalisant les voix qu’il a obtenues hier – 11 %. Quelle erreur ! C’est négliger le fait qu’il n’était présent que dans un gros quart des cantons : son score moyen, là où il est présent, est plutôt de 35 %. Évidemment, l’étiquette FN provoque encore des réticences, voire des sursauts, et le parti de Marine Le Pen n’obtient que deux élus. Mais il s’est produit une rupture avec tous les comportements électoraux observés jusqu’alors : en 2002, le FN a reculé entre les deux tours, en 2011, il progresse de 10 à 12 %, par exemple dans le Pays de Montbéliard, dans tous les duels où il était présent. La responsabilité de Nicolas Sarkozy, qui n’a pu défendu les valeurs républicaines depuis qu’il est Président, qui n’a cessé de s’aventurer sur le terrain identitaire cher à l’extrême-droite, qui l’a banalisée avec sa stratégie du « ni-ni » est écrasante . Le FN est désormais considéré par une majorité de Français comme « un parti comme les autres » : c’est largement de sa faute. Mais il serait court de s’en tenir là.

Soyons conscients en effet de la révolte, de la colère, de la souffrance sociales qui s’expriment à travers ces votes. Je combats de toutes mes forces, depuis toujours et pour toujours, les thèses du Front national : j’ai l’antisémitisme, le racisme, la xénophobie, en horreur. Cela ne me conduit pas à stigmatiser les électeurs qui, par désarroi, voire par désespoir, se tournent vers ce vote, occasionnellement ou de façon plus structurelle. Pour ma part, je me refuse à considérer ce mouvement comme une fatalité, à laisser l’électorat populaire au FN. C’est un défi majeur pour la gauche : être justement populaire, convaincante, rassurante, en montrant d’abord sa capacité à relancer le modèle économique, à dynamiser l’industrie, à combattre les inégalités, à garantir la sécurité. Nous n’avons droit face au FN, ni à la faiblesse – si nous ne contrecarrons pas sa percée, celle-ci ne connaitra à l’avenir pas de limites – ni au cynisme – un 21 avril à l’envers peut créer une victoire facile sur la droite, elle n’est pas bonne pour la démocratie, pas saine pour le pays.

Voilà pourquoi, en effet, nous avons maintenant une obligation de responsabilité. Dans un an, nous serons peut-être, voire probablement, au pouvoir. Ce vote de crise nous dit les tourments de la société française, ses insatisfactions, ses douleurs. Notre tâche ne sera pas facile, d’autant que les finances publiques sont en difficulté. Raison de plus pour être à la hauteur. Deux échéances nous attendent : élaborer nos propositions, choisir notre candidat(e). Nous ne pouvons pas les rater. Le moment est venu pour nous, sur le terrain des idées, d’être ambitieux et crédibles. Quant à nos primaires, qui vont de facto démarrer bientôt, il ne nous est pas interdit de les penser collectivement, de les optimiser. Soyons-en conscients : nous sommes en pôle position, mais pas encore promis à la victoire, Nicolas Sarkozy ne peut plus gagner, mais nous pouvons encore perdre. C’est pourquoi nous n’avons pas le droit à la médiocrité ou à la facilité, nous devons au contraire nous porter à la hauteur des circonstances, stimulantes au plus haut point, mais aussi compliquées à l’extrême. Beau défi !

Pierre Moscovici

Commentaires

1- Fukushima remet au goût du jour la menace nucléaire
2- L’écosystème implose au fil des jours
3- Le décalage injustifiable entre les riches et les pauvres
4- La misère ne connaît plus de frontière
5- Le poison est partout et le remède, nulle part.
6- C’est le grand capital qui va tous nous décapiter.
7- 1 sur 1000 sévit. 999 meurent
8- Après les totalitarismes, les barbarismes des monarques et oligarques
9- Les peuples sont réveillés… mais il n’y a plus de blé à récolter

10- Les langues sont déliées…mais plus aucune oreille pour capter
11- Le progrès technique a déshumanisé notre politique.
12- Nous sommes immondes et nous rêvons d’un autre monde
13- Plus personne ne sait ce qu’il en est, l’intox a partout pris le relais
14- Nous avons armé les bras qui vont bientôt nous désarmer
15- On ne boit plus, on ne mange plus mais on s’entretue
16- Le profit n’a profité à personne c’est toujours: la bourse ou la vie.
17- Dieu a abandonné les siens et plus personne ne se reconnaît dans rien.
18- Le printemps arabe… gronde le reste du monde

19- L’hiver au cœur de Jérusalem, c’est pour demain
20- L’Afrique et la famine et les divisions intestines
21- L’expansion et l’explosion démographique de la Chine
22- L’Europe de Babel avec l’euro comme arbre de noël.
23- Plus de repère, que des enfants disséminés sur la surface de la terre
24- Et on se bouscule pour jouer dans le film où tout bascule.
25- On peut dire tout et le contraire de tout : tout le monde s’en fout
26- On nous a menti, cette vie ne vaut pas la peine d’être ravie.
27- Est-ce le commencement de la fin ou la fin des fins ?
28- Les 28 marches qui laissent présager que plus rien ne marche ?
http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/28-march/

Écrit par : le journal de personne | mardi, 29 mars 2011

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