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samedi, 26 mars 2011

Questions sans réponse

 

L'abstention pour ce premier tour des élections cantonales est importante mais elle était inévitable  car le scrutin n'était pas couplé avec des régionales ou des municipales, et, de plus, les conseillers généraux élus en 2011 ne le seront que pour trois ans, puisque dès 2014 ils seront remplacés par les conseillers territoriaux.

La déroute du sarkozysme, annoncée par de multiples sondages, est confirmée: les Français rejettent massivement une politique qui les condamne à l'appauvrissement, à la précarisation et au chômage.  La progression de l'extrême-droite n'a rien de surprenant: l'UMP, de Jean-François Copé à Claude Guéant qui vendredi encore assurait que « à force d'immigration incontrôlée, les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux », est la première responsable du score du Front national. Le parti du président échoue et s'échoue sur l'écueil qu'il a lui-même dressé. Trois questions se posent, auxquelles j'avoue à ce jour ne pas avoir de réponse. Premièrement, les électeurs de l'UMP désertent, mais ils ont été incités à cette désertion par les propos des plus hauts responsables de leur formation. Les électeurs préfèrent toujours l'original à la copie. Ni M. Copé ni M. Guéant n'ignorent cette règle. Lorsqu'ils proposent de débattre de l'islam ou qu'ils assurent que « les Français veulent que la France reste la France », ils savent parfaitement qu'ils n'affaiblissent pas l'extrême-droite mais la légitiment. Que veulent-ils réellement? Contraindre la droite à une candidature unique derrière Nicolas Sarkozy en 2012? Mais à ce jour, le président sortant ne serait plus assuré de figurer au second tour.

Deuxièmement, il est sans précédent de voir un gouvernement ne pas inciter les électeurs au civisme à la veille d'une élection. L'UMP a délibérément dépolitisé l'enjeu de ce scrutin et repris son argument des régionales: ne pas tirer d'enseignement national d'une élection locale. Clairement, la majorité a fait l'impasse sur ce scrutin, qu'elle savait perdu d'avance pour elle, et elle a joué l'abstention pour en minorer la portée. Pour quel calcul?

Ma troisième interrogation porte sur le refus de l'UMP de donner des consignes de vote à son électorat. Sans doute parie-t-elle à nouveau sur une faible participation pour le second tour. Mais au-delà, que cache cette étrange tactique? Une connivence, une sorte de « fusion-absorption » entre l'UMP et le FN dans laquelle chacun espère annihiler l'autre?

La présidente du FN dénonce souvent l'UMPS. Ce qui se dessine ressemble davantage à l'UMFN: le gouvernement et l'UMP ont délibérément fait monter le FN et, en refusant tout front républicain pour dimanche prochain, ils n'appellent pas à voter contre lui .J'y perds mon latin.

Bernard Roman

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