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mercredi, 19 janvier 2011

Nervosité




 

La majorité actuelle aime bien se gausser des débats au sein parti socialiste, pour une série de raisons qui vont de la démagogie à la paresse intellectuelle en passant par une culture différente de la nôtre. La droite est peu coutumière de démocratie interne et habituée à la discipline et au culte du chef. Pourtant, alors que l'élection présidentielle de 2012 est déjà dans toutes les têtes, l'UMP, qui n'a jamais voulu reconnaître les courants, en expérimente aujoud'hui les remous. La cause en est  l'affaiblissement de Nicolas Sarkozy, dont la cote de popularité reste très basse, mais qui sera néanmoins candidat à sa propre succession. De sorte que les vocations et les ambitions se libèrent. Cela tourne au festival et quelquefois à la cocasserie. Désormais, il se passe toujours quelque chose à l'UMP. C'est surtout vrai depuis l'accession de Jean-François Copé aux commandes du parti majoritaire. L'amendement Copé-Jacob voulant éviter toute sanction aux parlementaires qui falsifieraient sciemment leurs déclarations de patrimoine a été la première d'une série d'initiatives dont on ne sait si elles relèvent de la maladresse, de la provocation, ou du sabotage. Cette forfaiture a été empêchée par la gauche mais aussi par une majorité de députés UMP, qui ont donc désavoué leur propre président de groupe Christian Jacob. Ce dernier semble avoir puisé une inspiration sans bornes dans ses nouvelles responsabilités, puisqu'il a proposé la semaine dernière de s'interroger sur « la pertinence de l'emploi à vie des fonctionnaires », idée que le chef de l'Etat aurait qualifiée de « bâton merdeux » selon un hebdomadaire, tandis que le Premier ministre traitait son auteur de « Rantanplan de la majorité ». Ambiance sympathique, alors qu'au même moment, Jean-François Copé voulait  porter un nouveau coup aux 35 heures contre l'avis du ministre du travail Xavier Bertrand. Il est étrange que le président de la République, habituellement assez enclin au verrouillage, ait laissé le parti et le groupe aux mains de deux responsables que François Fillon lui-même accuse de jouer perdant en 2012  - à moins qu'il n'ait engagé un partage des rôles qui serait alors plus subtil que ceux qui en sont les acteurs! Quoi qu'il en soit, alors que le changement qui vient de s'opérer à la tête du Front national pourrait se traduire par un élargissement de sa base électorale, il est clair que l'UMP, consciente du mauvais bilan de Nicolas Sarkozy, redoute cette concurrence. Elle craint de perdre des voix. Pour le moment elle perd ses nerfs.

Bernard Roman

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