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mercredi, 24 novembre 2010

Les socialistes en désordre de bataille

 

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Tout allait bien au Parti socialiste jusqu’à l’université d’été de La Rochelle, fin août. Les conventions nationales consacrées à la rénovation (en juillet) puis à la politique étrangère (en octobre) étaient passées, à l’unanimité, comme une lettre à la poste. A peine reprochait-on à la première secrétaire, Martine Aubry, son silence sur l’affaire de l’expulsion des Roms au cœur de l’été. Puis est venu l’automne et le texte préparatoire à la convention sur l’« égalité réelle », concept lancé il y bientôt dix ans par Dominique Strauss-Kahn et repris par le porte-parole du PS, Benoît Hamon, benoîtement désigné comme l’incarnation de la « gauche du parti ».

Lors de l’université de rentrée de son courant, Un monde d’avance, en septembre dans les Landes, il avait une première fois créé un trouble certain dans la belle unité des socialistes en recevant en grande pompe Olivier Besancenot, pourtant leader d’un NPA en pleine dévaluation sur la scène politique, mais suffisamment médiatique pour créer le buzz de la rentrée. « Plus à gauche que moi, tu meurs », semblait-il signifier à ses camarades.

Vertement tancé par l’aile dite de droite du parti, Manuel Valls en tête, il a donc à nouveau divisé les siens lors de l’adoption du texte consacré à l’égalité réelle, celui-ci n’étant voté qu’à une courte majorité et par le nombre le plus faible de votants depuis le début du travail sur le projet du parti.

Divisé sur le projet, le parti l’est aussi désormais sur l’organisation des primaires pour l’élection présidentielle. Certains pressent, dans le sillage de François Hollande et de Manuel Valls, à une accélération du calendrier qui prévoit l’annonce du nom des prétendants en juin et la compétition aux premiers jours d’octobre. Martine Aubry n’y est pas favorable, toujours liée par son pacte majoritaire avec DSK qui exige une désignation la plus tardive possible pour mener à bien ses ambitions au G 20, sous présidence française jusqu’à la fin de 2011.

Le « candidat fantôme », comme le surnomment de nombreux socialistes, vient de passer une semaine à Paris où il a pris le temps de dire, à toutes fins utiles et sans rien dévoiler explicitement de ses ambitions, que sa politique à la tête du FMI comme lui-même étaient « de gauche » - « Faut être tordu pour dire que Dominique n’est pas socialiste », a même lâché sa compagne, Anne Sinclair sur Canal Plus. A bon entendeur, salut !  

Alors que le parti, ses dirigeants comme ses militants, devait se consacrer à la rédaction d’un projet crédible d’alternance jusqu’au printemps de l’année prochaine, de nombreuses figures en son sein ont décidé d’entrer dans des  pré-primaires » qui les éloignent de la réflexion collective pour lui préférer l’affirmation de soi. Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Christian Pierret ont annoncé officiellement leur candidature à la candidature. François Hollande et Gérard Collomb sont « pré-candidats ». DSK l’est sans l’être, de même que son ex-ami Pierre Moscovici.

Martine Aubry l’est aussi mais ne le dit pas, comme sa nouvelle camarade, Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charentes s’est inscrite finalement assez finement à la table des discussions entre Martine Aubry et DSK qui n’ont jamais eu pourtant assez de mots pour dire en coulisses tout le mal qu’ils pensaient d’elle.

Les prétendants se sentent désormais libres de leur parole, et la cacophonie si longtemps reprochée au PS pourrait reprendre de plus belle. D’autant qu’en face s’installe un « gouvernement de combat » qui n’a d’autre finalité que de dégager la route présidentielle devant Nicolas Sarkozy. Si il est le président que l’on sait, aux plus bas dans les sondages, il reste un candidat pugnace et madré.

On ne voit pas très bien comment la première secrétaire pourrait tenir le calendrier des primaires sans affaiblir les chances de son camp et renforcer encore ce sentiment, très partagé par les politiques mais aussi par nombre de Français, d’une absence de leadership à gauche.¤

Par Olivier Schmitt

Commentaires

Notre capacité à reproduire les erreurs passées est stupéfiante. Alors que le calendrier des primaires de 2006/2007 avait démontré une désignation bien trop tardive, nous prenons le même chemin.
Plusieurs effets néfastes:
- pendant que le camp d'en face est déjà en campagne, nous allons vivre encore presque une année de rivalités internes avec tous les coups bas qu'on a pu connaitre en 2006.
- le délai restant avant l'élection (la vraie!!) est bien trop court pour panser les plaies, chasser les rancoeurs et ressouder le parti. Chacun se souvient avec quel enthousiasme, nos chers Laurent et Dominique ont soutenu Ségolène...Sans compter les gentillesses de Lionel, Jack etc
- trop court aussi pour imposer l'image du candidat et porter un programme.
D'ailleurs je ne vois pas en quoi une primaire avançée empêcherait DSK de se présenter, il lui suffit de démissionner du FMI. C'est vrai qu'abandonner ce poste trés lucratif pour des fonctions hypothétiques ne va pas de soi. Mais c'est le problême de DSK, ça ne doit pas être celui du PS.

Écrit par : Thierry | mercredi, 24 novembre 2010

C'est aujourd'hui la journée de la jupe. Si Fulede veut se presenter aux législatives, il sait ce qui lui reste à faire.....dans le cadre de la parité!

Écrit par : jupette | jeudi, 25 novembre 2010

Il suffit de lire la presse depuis hier pour s'apercevoir qu'en face on se met en ordre de bataille, tandis que chez nous, on va vivre une sorte de 4ème république avec ses arrangements, combinaisons, claquement de porte...Et pendant encore 11 mois.
De plus, cette curieuse entente des trois (Ségo-titine et DSK) risque pour le moins de profiter à Hollande. Personne ne peut imaginer sérieusement que les partisans d'Aubry rallieraient DSK ou Ségo (voyez Hamon), pas plus que les ségolinistes ne voteront titine, et c'est vrai dans tous les sens. Conséquence: vers qui iront les voix des 2 qui ne seront pas désignés?

Écrit par : Thierry | vendredi, 26 novembre 2010

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