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lundi, 25 octobre 2010

Georges Frêche

DISPARITION - Georges Frêche emporté par une crise cardiaque

  Georges Frêche, 72 ans, président divers gauche du conseil régional du Languedoc-Roussillon, est mort, dimanche après-midi, à Montpellier. Il revenait d'une mission en Chine et aurait été victime d'un arrêt cardiaque à son bureau. L'annonce de sa mort a provoqué une vague de stupeur et d'incrédulité dans une ville noyée par la pluie.

Georges Frêche dirigeait la région depuis 2004 et avait entamé son deuxième mandat après avoir été aisément réélu en mars dernier avec 54,49 % des voix avec sa liste de gauche dissidente face à la candidate du PS, Hélène Mandroux, maire de Montpellier. Après avoir été maire de Montpellier de 1977 à 2004 et député de l'Hérault, Georges Frêche était président de l'agglomération de Montpellier.

Il était aussi l'une des principales figures de la gauche, aimé ou détesté pour ses prises de position. C'est ainsi qu'il avait été exclu du bureau politique du PS après ses propos sur les harkis traités de "sous-hommes" en 2006, puis définitivement exclu du parti en 2007 après une déclaration sur l'équipe de France de football et sa proportion trop élevée de joueurs noirs.

Dérapages à tout-va

En dépit de cette exclusion, Georges Frêche continuait de tenir d'une main haute la gauche languedocienne et les fédérations du PS. Une popularité due en particulier à son action à Montpellier, notamment celle de maire bâtisseur qui était unanimement saluée. Il avait réussi à transformer cette ville tranquille en huitième agglomération française, baptisant des quartiers entiers, comme celui d'Antigone ou d'Odysseum, et n'hésitant pas à faire appel aux plus grands architectes. C'est aussi durant cette période qu'il avait inventé le slogan "Montpellier, la surdouée" pour accroître la notoriété de sa ville.

L'homme était également connu sur le plan national pour ses "saillies" sans concession sur tous les sujets, du pape à Mao en passant par Laurent Fabius, qualifié de "tronche pas catholique", ou pour ses initiatives, telles que la décision d'ériger récemment des statues de grands hommes, entre autres Lénine ou Mao dans le nouveau quartier d'Odysseum.

S'inscrivant volontiers comme le défenseur des régions contre Paris, il s'était également opposé à François Mitterrand, ce qui, disait-il, lui aurait coûté un poste de ministre, n'avait pas hésité à critiquer la campagne présidentielle de Lionel Jospin, puis l'action de Martine Aubry au PS, cultivant son image d'électron libre, comme il aimait à être qualifié.

"Un visionnaire" (Aubry)

L'annonce de sa disparition a cependant provoqué de nombreuses réactions au PS. Martine Aubry a salué "un grand élu visionnaire", François Hollande un "bâtisseur, un constructeur qui a métamorphosé sa ville". La maire de Montpellier, Hélène Mandroux, son ancienne adjointe à la mairie devenue l'une de ses principales opposantes, a déclaré : "C'est un choc. En tant que médecin, je savais que s'il disparaissait, ce serait comme cela, mais c'est un grand choc. Il a réveillé Montpellier et en a fait une des principales capitales françaises."

Georges Frêche, qui avait récemment pris sa retraite de professeur de droit romain à l'université de Montpellier 1, était aussi un grand amateur d'histoire, de rugby et de football, grand voyageur et épicurien aimant partager sa table avec des amis aussi éclectiques que Louis Nicollin, président du club de football de Montpellier, ou l'acteur Gérard Depardieu. Marié à Claudine Frêche en secondes noces, il est le père de cinq filles.

georges_freche_la_clau-2.jpg

Commentaires

C'est avec une grande tristesse que j'ai appris la disparition brutale de Georges Frêche pour lequel j'ai un grand respect.

Le culte de la personnanalité pour les femmes et hommes publics n'est pas mon fort, je vous l'avoue, j'ai toujours privilégié les résultats étant très méfiant de la nature humaine en politique.

Mais si j'ai du respect pour cet homme au-delà de ses résultats, c'est sa sincérité et son pragmatisme que j'ai appréciés au travers de ses interventions qui se projetaient vers l'avenir et la recherche de l'excellence dans tous les domaines pour notre région.

Sa lettre aux citoyens lors de la dernière élection régionale est superbe, un hymne à notre région, on est loin des slogans de marchands de lessive de nos politiques ordinaires !!!

Mais une chose est certaine, ce qui est réalisé est bien là, souhaitons que son successeur soit à la hauteur pour poursuivre la voie qu'il a tracée.

Écrit par : Frédéric Sauvagnac | lundi, 25 octobre 2010

Comme dit la chanson de Brassens ' Les morts sont tous des braves types' Mes pensées vont pour sa famille : la mort brutale est souvent difficile pour ceux qui restent .

Écrit par : André | lundi, 25 octobre 2010

Les commentaires sont fermés.