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samedi, 18 septembre 2010

Sacrifice de la médecine du travail

Au détour d’un amendement qui n’a rien à voir avec la réforme des retraites, déposé à la dernière minute sur un projet de loi, le gouvernement a mis à bas l’indépendance de la médecine du travail, principe essentiel qui garantit l’effectivité de la protection de la santé de plus de 15 millions de salariés.

La procédure est d’autant plus surprenante qu’il s’agit d’un projet préparé par le MEDEF et qui avait été refusé en 2009 par tous les syndicats de salariés qui devaient en discuter !
 
Désormais, les services de santé au travail sont placés sous l’autorité de l’employeur. L’organisation de la médecine du travail et les missions de prévention ne seront plus directement confiées aux médecins du travail mais aux directeurs des organismes de santé au travail qui ne seront ni élus, ni choisis par les organisations syndicales ou par les salariés directement mais désignés arbitrairement par l’employeur.
 
Un tel changement intervient alors que nous assistons à la montée des troubles musculo-squelettiques et à l’explosion des risques psychosociaux (qui se manifestent notamment par une multiplication des suicides dus à la souffrance au travail).

Au sein de l’Assemblée, tous les travaux conduits ( y compris ceux de l’UMP à l’initiative de Pierre Méhaignerie) arrivaient aux mêmes conclusions : le nécessaire renforcement du rôle de la médecine du travail.

Le gouvernement et la majorité ont préféré sacrifier la santé et le bien-être au travail de nombreux salariés.

Jean Jacques Urvoas

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