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vendredi, 04 juin 2010

Par le petit bout de la lorgnette

 

 

Depuis les élections régionales, Nicolas Sarkozy se consacre majoritairement à deux dossiers, l'agriculture et la sécurité. C'est dire que, dans la perspective de 2012, il cible deux électorats qu'il souhaite garder dans son camp, le monde rural et la droite extrêmiste.

 

Les autres catégories de la population, celles dont il n'attend pas le soutien, ne l'intéressent plus. Tel est notamment le cas des jeunes, et c'est très grave.

 

Alors que le chômage vient encore d'augmenter au mois d'avril de 0,6%, la plus forte progression des demandeurs d'emploi concerne les jeunes de moins de 25 ans, en hausse de 1,4%.

 

Au dernier trimestre 2009, le taux de chômage des jeunes atteint 24%, et dans certains quartiers sensibles, plus de 40% des hommes âgés de 15 à 24 ans sont inactifs.

 

L'abandon des banlieues, les difficultés des jeunes à trouver un emploi, à accéder au logement, sont en train de créer des inégalités absolument insupportables. Quel horizon offrons-nous aux jeunes générations, qui ont devant elles beaucoup d'obstacles, qui souvent n'ont pas la perspective de vivre mieux que leurs parents, et qui paieront le plus lourd tribut à la crise, aux déficits, à la rigueur?

 

Ces questions là devraient être en France une urgence nationale. Car l'un des enjeux de l'action politique est de permettre aux jeunes de construire leur avenir dans les meilleures conditions possibles. Or, il faut bien constater que le pouvoir actuel en laisse un grand nombre au bord de la route.

 

Pire, lorsque le président de la République parle de la jeunesse, c'est pour sanctionner l'absentéisme scolaire sans s'interroger sur ses causes, pour faire entrer la police dans les établissements scolaires, et pour envoyer les élèves difficiles dans des internats qui  ressemblent à des maisons de correction.

 

Bref, il aborde la question de la jeunesse par le petit bout de la lorgnette, sous un angle uniquement répressif. Pour lui, les jeunes sont un problème, pas une chance, ils sontassimilés à la délinquance et au désordre, et au lieu de les écouter et de leur ouvrir des chemins, il faut les mater pour ne plus les entendre.

Bernard Roman

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