No croissance, no consommation, no moral des ménages: les mauvaises nouvelles tombent en pluie ce soir. Deux millions sept cent soixante dix sept mille chômeurs en France. Plus 0,6 % ce dernier mois, plus 20% pour les plus de 50 ans. Les chiffres du chômage sont d'une autre épaisseur humaine que ceux du CAC 40 qui sont, hélas, pourtant liés.

Heureusement, il y a le foot ! Et le Maire de Bordeaux, sur toutes les fréquences, de se réjouïr des 20 millions d'euros qu'il va empocher pour construire un Grand Stade. "Bonjour, veaux, vaches, cochons, couvées", nous avons dans les jeux du stade les clefs de la reconstruction économique et sociale du pays.

Je n'y entends rien, mais j'avais, jusqu'à il y peu, un a priori positif pour le foot mais ses connivences avec le monde des jeux d'argent me l'ont fait un peu tomber des mains.

Nous avons gagné l'Euro (on comprend que je ne parle pas de la monnaie qui, elle, va bien mal et ne mérite même pas de majuscule) et le BTP peut se réjouïr ce soir de gagner 1 milliard 700 millions d'euros de la part de l'Etat pour la construction ou la rénovation de nouveaux stades.

Un miliard sept pour le BTP, deux millions sept pour les chômeurs, si les chiffres se font écho, les vases sont-ils communicants ?

A vrai dire, je ne connais pas vraiment la réponse. Ce qui m'inquiète, fondamentalement, bêtement, incurablement, c'est que nous investissions dans les jeux et leurs produits dérivés plutôt que dans l'invention de scanners, dans la fabrication de machines outils et dans toutes les formes de l'économie productive et/ou créative.

Michèle Delaunay

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