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dimanche, 25 avril 2010

Retraites?


Le gouvernement ne l'évoque pas encore clairement, mais repousser l'âge légal de départ en retraite à 61 ou 62 ans semble l'une des pistes les plus étudiées. Même si François Fillon et Eric Woerth évitent d'évoquer clairement cette option, compte tenu de l'hostilité résolue de la quasi-totalité des syndicats. Vendredi 23 avril, George Tron, secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique a estimé sur Canal + que "le paramètre majeur" pour financer les retraites, était "le paramètre de l'âge, avec la durée de cotisation et l'âge légal" de départ à la retraite.



La question du relèvement de l'âge de départ a souvent été évoqué à droite – c'est également un sujet de prédilection de Laurence Parisot, présidente du Medef, qui avait proposé de repousser l'âge légal à 63,5 ans. L'UMP en fait d'ailleurs l'un des débats du moment sur son site.

Mais, lors de la campagne de 2007, si le candidat UMP était très clair sur les régimes spéciaux, dont la réforme a été adoptée dès le début du quinquennat (lire ici les propositions de Nicolas Sarkozy dans son programme de campagne), il était beaucoup plus flou sur l'âge légal de départ en retraite.

Dans un entretien au Monde, le candidat assurait que "le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer". Tout en précisant : "Si cela vous intéresse de travailler jusqu'à 70 ans et de partir ensuite en vacances plutôt qu'acheter un appartement pour vos petits-enfants, c'est votre droit." Une manière de laisser la porte ouverte à l'allongement de la durée de cotisation, sans toucher à l'âge légal de départ en retraite. Cette formule sur le "droit à la retraite à 60 ans" était reprise telle quelle dans son programme de campagne.

BALLON D'ESSAI EN 2009

De fait, depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy, seul Brice Hortefeux, éphémère ministre du travail, avait évoqué la possibilité d'augmenter l'âge légal de départ en retraite, en juin 2009. En ajoutant qu'il s'agissait d'une piste qui n'engage pas le gouvernement.

Ce ballon d'essai avait poussé François Fillon à faire le point, en assurant que si évoquer l'âge légal n'était pas "tabou", "c'est une question qui devrait faire l'objet d'un débat dans le cadre d'une élection présidentielle ou d'une élection législative".

Mais l'UMP n'est pas seule à tanguer sur le sujet : dans son programme de 2007, Ségolène Royal n'abordait pas la question et le Parti socialiste proposait de "remplacer" la réforme Fillon de 2003, sans plus de précisions. Et lorsque Martine Aubry a évoqué un relèvement possible de l'âge de départ en retraite, le PS s'est empressé de parler de "lapsus".

François Bayrou proposait, lui, d'instaurer une "retraite par points", dans son programme de 2007. Jeudi, reçu par Eric Woerth, il s'est contenté d'en appeler à une réforme "vitale, urgente et inéluctable".

Nabil Wakim dans le Monde

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