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mardi, 20 avril 2010

Cumul des mandats, début d'un renouveau ?


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Le Parti Socialiste s'apprête à mettre fin au cumul des mandats dès juillet prochain. Cela constituerait même le signe le plus emblématique d'une vraie rénovation du PS.

A bas les cumulards ! Ils sont condamnés à l'avance ! Déjà disqualifiés par le sobriquet dont on les a affublés...
Évidemment minoritaires par rapport à tous ceux qui croient pouvoir se partager leurs mandats (comme on croyait hier pouvoir se partager le temps de travail) ! Évidemment minoritaires par rapport à tous ces militants qui pensent qu'un mandat unique - et pourquoi pas limité dans le temps,- serait l'accomplissement de l'idéal démocratique.


C'est le vieux mythe des Consuls de la République romaine revenant à leur charrue une fois la bataille gagnée ! C'est la règle que se donnent toutes celles et tous ceux qui, à l'extrême droite, à l'extrême gauche ou ailleurs, se présentent comme en rupture par rapport à l'establishment. C'était, par exemple, la règle des Verts quand ils avaient instauré un turn over pour les élections européennes. Mais c'est une règle qu'ils pratiquent de moins en moins, au fur et à mesure qu'ils s'enracinent dans la vie politique nationale.

Pourquoi ? Par simple notabilisation ? Peut-être ! Mais aussi parce qu'ils constatent que, pour construire un mouvement politique durable il faut des élus enracinés et que, d'élection en élection, ils sont en train de tisser un réseau actif à travers le pays.

C'est le moment où le Parti Socialiste annonce qu'il va, lui, se priver, deux ans avant l'élection présidentielle, et de manière unilatérale du réseau de ses élus. Si la direction du PS avait jugé qu'on pouvait le faire sans aucun dommage collatéral, elle l'aurait fait avant les régionales. En fait, pour gagner, elle a accepté que montent en première ligne les élus les plus chevronnés, tirant sans doute les leçons de ce qu'avaient donné, lors des élections européennes, des parachutages hasardeux.

C'est qu'en politique, il n'est pas de mandat héréditaire et que l'on ne peut guère substituer arbitrairement les candidats ou les candidates les uns aux autres sans connaître de graves difficultés.

S'il faut d'ailleurs parler de cumul, il faut parler de tous les cumuls ! Cumul dans l'appareil du parti qui permet de participer à la répartition des postes... Et là, on pourrait aussi s'apercevoir que les mêmes qui ont été présents dans les gouvernements Mitterrand, puis Jospin, sont à nouveau en piste pour être candidats au même poste !

On est loin dans le Parti Socialiste d'une vie politique à l'américaine où l'on voit arriver comme président de la république un Bill Clinton gouverneur de l'Arkansas ou un Obama, obscur sénateur de l'Illinois ! Non. Au PS et plus généralement en France, c'est de l'appareil des partis que surgit forcément le candidat à la présidentielle et aux principaux postes de ministres.

Il restait aux autres la possibilité de jouer les contre-pouvoirs en occupant des positions politiques fortes de parlementaire et de maire. Ce sera désormais terminé. Fini les Barons ! Ils devront s'incliner devant la noblesse de cour  ou les petits marquis.

Commentaires

et en lR, on est particulièrement bien placé pour apprécier les talents des petits marquis de solférino et de leur marquisette mandroux

Écrit par : georges | mardi, 20 avril 2010

Je veux bien croire Collomb et tous les défenseurs acharnés du cumul des mandats qui ressortent les mêmes arguments. Alors commencons par supprimer le cumul des indemnités liées aux mandats. On pourra ensuite juger du désinteressement et de la pureté des intentions de chacun...

Écrit par : thierry | mardi, 20 avril 2010

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