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vendredi, 16 avril 2010

Gérard Collomb joue les modérateurs en Languedoc-Roussillon


collooooomb.1271190244.jpg« Mission Languedoc-Roussillon, la revanche ». Ce pourrait être le titre du deuxième épisode du bras de fer socialiste engagé dans la région dont Georges Frêche vient d’être élu président. Avant même la fin du premier épisode, qui s’était achevé sur la capitulation dés le premier tour des forces légitimistes emmenées par Hélène Mandroux et le triomphe des légions rebelles de l’imperator de Septimanie, Solferino avait décidé de mettre sur pied une « commission pluraliste ». Celle-ci constitue une sorte de match retour. Il s’agit d’ouvrir « le chemin du dialogue » avec les 58 socialistes exclus du parti pour avoir figuré sur les listes de tonton Georges mais aussi de remettre les pendules socialistes à l’heure.

La réunion du bureau national du mardi 13 avril a été consacrée à la constitution de cette commission représentative de l’ensemble des courants. Baptisée « mission de dialogue et de rénovation » et dirigée par François Lamy, bras droit de la première secrétaire (absente du BN pour cause de voyage en Inde), elle comprendra Alain Fontanel (motion A), Pouria Amirshahi (motion C) et Pascale Boistard (motion D). Restait à désigner le représentant de la motion E (Royal-Peillon) au sein de laquelle, on le sait, les choses ne sont pas d’une extrême simplicité.

A la surprise générale, Gérard Collomb s’est porté volontaire pour faire partie de ce groupe qui devra, selon les termes de François Lamy, « remettre en marche les fédérations » et « lier dialogue et rénovation dans le cadre des valeurs que nous portons ». La montée au créneau du maire de Lyon – mandataire en titre de la motion E qu’il conduisait, faut-il le le-langeudoc-roussillon-qu-on-aime.1271190170.jpgrappeler, au congrès de Reims – a jeté comme un léger froid. Gérard Collomb, en effet, s’inscrit ouvertement « dans un esprit de conciliation ». « Je veux contribuer à la pacification, à l’apaisement » expliquait-il après le BN. En d’autres termes, le maire de Lyon serait prêt à jouer les modérateurs afin de parvenir à une paix des braves, c’est à dire la réintégration des exclus. Une perspective qui, a priori, ne cadre guère avec la tonalité dominante au sein de la « mission Languedoc-Roussillon » dont la plupart des membres entendent faire preuve de fermeté. Bref, la présence du maire de Lyon – qui était venu en personne soutenir le président sortant pendant la campagne des régionales - risque de perturber le consensus anti-Frêche.

Fin juin, la mission devra rendre son rapport devant le bureau national et préconiser des mesures d’organisation. En principe, on peut aller de la réintégration jusqu’à la mise sous tutelle. L’idée semble être d’installer de nouveaux premiers secrétaires fédéraux dans les cinq fédérations concernées (Aude, Gard, Hérault, Lozère et Pyrénées-orientales) en constituant des directions collégiales. Une façon d’assurer la représentation des socialistes légitimistes  sachant que, colamy-aubry.1271190142.jpgmme le constate un dirigeant ayant soutenu Hélène Mandroux, « sur le terrain, la base militante reste majoritairement acquise au président du conseil régional ». Plus largement, l’objectif est d’enquêter sur le fonctionnement des instances de la région – essentiellement la fédération de l’Hérault -  en épluchant comptes et listes d’adhérents mais aussi en passant au crible « certaines pratiques ». Le clientélisme des « militants-alimentaires », par exemple.

Voilà une noble et vaste entreprise de rénovation. Mais que l’on pourrait peut-être aussi élargir à certains autres départements et régions socialistes qui, sans avoir à leur tête un Frêche, sont coutumiers du verrouillage voire du clientélisme. Le Pas-de-Calais, seul département où le fichier national (Rosam) n’a pas droit de cité, les Bouches-du-Rhône, la Haute-Vienne, la Guadeloupe voire la Seine-Maritime ? Allez savoir…

Jean Michel Normand

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