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mardi, 30 mars 2010

Le poids des sièges n’est pas toujours celui des urnes

Ielunet1.1269350462.JPGl y a le poids des urnes, le message politique envoyé par les électeurs à l’occasion d’une élection. Lors de ce second tour des régionales, il était incontestablement celui d’une sanction du pouvoir en place. Et puis il y a le poids des sièges, parfois quelque peu différent. Le site EluNet.org a publié, mardi 23 mars, un tableau qui résume les gains en sièges de chaque parti en France métropolitaine Et le résultat est surprenant.

Ainsi, malgré son triomphe électoral, le PS n’a que peu gagné de sièges dans cette élection. En 2004, les listes PS, PRG et divers gauche possédaient 714 élus. En 2010, cette majorité monte à 754 élus, soit à peine 40 de plus. Plusieurs facteurs expliquent ce petit gain : la nécessité de faire de la place aux autres partenaires de la “gauche solidaire”, comme l’a baptisée Martine Aubry, mais aussi des régions où le président PS sortant a réalisé un moins bon score qu’en 2004.

Le chiffre est cependant intéressant si on le compare à celui de l’UMP. En excluant les 124 élus de la défunte UDF, compatibilisés à part, les groupes “majorité présidentielle”, qui comprenaient l’UMP et des candidats “divers droite”, étaient forts de 366 élus en 2004. Six ans plus tard, malgré le plus mauvais score obtenu par une formation de droite républicaine dans toute l’histoire de la Ve République, ce chiffre… monte. La majorité présidentielle, qui comprend cette fois, outre l’UMP, le Nouveau Centre, le Mouvement pour la France et les chasseurs de CPNT, passe à 460 élus, soit un gain de 94 sièges. Mais qui ne bénéficie pas à l’UMP. Celle-ci, prise seule, perd 15 sièges, passant de 345 à 330 élus régionaux. Ce sont les autres formations associées au parti présidentiel qui récupèrent les gains.

Même contraste entre vérité des urnes et réalité des sièges en ce qui concerne le Front national. Cité comme l’un des gagnants de l’élection, il perd en fait 38 sièges, passant de 156 à 118. Logique : il était présent dans 17 triangulaires en 2004, mais dans seulement 12 en 2010.

Le Front de gauche, dont la performance au premier tour a été saluée, fait aussi les frais de cette arithmétique. Les élus communistes dans les conseils régionaux étaient 191 en 2004. En 2010, les élus Front de Gauche ne sont plus que 127 (le chiffre donné sur le tableau d’EluNet est faux), selon la direction du mouvement.

Dans un cas au moins, la défaite électorale correspond à la chute du nombre de sièges : celui du MoDem. Au sein des groupes UDF de 2004, il y avait, on l’a dit, 124 élus. En 2002, 55 sont passés au Nouveau Centre, partenaire de l’UMP, tandis que 69 choisissaient le MoDem. Or le parti de François Bayrou n’a pu réunir que 10 sièges dans toute la France dimanche. Perte nette : 59 parlementaires régionaux. A contrario, le Nouveau Centre, qui partait de 55 élus, en possède désormais 66 au sein des groupes “majorité présidentielle”. Bonne opération, donc.

Enfin, si le MoDem est le grand perdant, Europe Ecologie est sans conteste le principal vainqueur de ce match des sièges. Partis de 159 élus Verts en 2004, les écologistes se retrouvent forts de 263 élus en 2010, soit 104 de plus. Là encore, il faut nuancer : parmi ces nouveaux élus, un certain nombre ne vient pas des Verts. Il n’en reste pas moins que le parti se classe en troisième position en nombre d’élus, derrière le PS et ses partenaires et la Majorité présidentielle.

Samuel Laurent

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