Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

vendredi, 19 mars 2010

Le meeting....

575x385_1514816_0_1871_ill-1321299-d0ca-700935.jpg

Hier, plus de 5 000 personnes au Zénith. Il l’avait promis au peuple du Languedoc-Roussillon qui n’accepte pas « la police de la pensée », il l’a fait. Et plutôt bien fait. Hier, trois semaines après Jacques Dutronc, Georges Frêche et ses colistiers ont rempli le Zénith de Montpellier à ras bord. Trois cents personnes étaient déjà massées devant les portes de l’immense salle une heure avant leur ouverture, plus de cinq mille étaient debout pour accueillir le président sortant. Dans une impressionnante "ola", avec drapeaux occitans et catalans, cornes de brume, banderoles, fanions et calicots frappés du nom des dizaines de sections socialistes n’ayant jamais douté de Frêche, « à chaque bataille et au plus fort des combats ».

Avec un premier
rang où les candidat(e)s voisinaient avec Loulou Nicollin, Patrice Drevet ou, encore, deux des trois fils de Marcel Cerdan, Frêche avait enfilé le costume d’un Jaurès immortel pour ce dernier meeting d’une campagne épuisante mais « fabuleuse ». Les habits « d’un maître » à penser la République dont il prit parfois jusqu’aux intonations. « Brillant intellectuel, Jaurès aimait le peuple qui, 130 ans après sa mort, le lui rend si bien. Il parlait aux bourgeois en français, aux ouvriers et paysans en occitan, cette langue du cœur », qui a offert à un Frêche en verve ses plus belles envolées. Certes, au nom du crédit que l’on doit accorder à la nature humaine, le candidat a bien confessé quelques « erreurs et égoïsmes, malveillances et inéquités », mais jamais au-delà de ce qu’admettent « la compréhension et l’humanité du Sud ».

Jamais pour s’attirer, selon lui, les foudres
« des élites, penseurs de salon et petits marquis, qui veulent s’approprier la politique, alors qu’elle doit être partagée avec des gens ordinaires, mais essentiels. Avec ce peuple sans lequel il n’est pas d’avenir ! »

Se posant en leader d’une gauche « qui retrouve le chemin de la victoire dès lors qu’elle est à nouveau populaire », Frêche a touché l’âme « de ses frères et sœurs » en brocardant « les moralistes des beaux quartiers et leurs avatars locaux ». « De quel droit, ces petits cénacles voudraient tracer notre avenir à notre place ? Nous sommes un peuple debout habitué à tracer son destin. » Un peuple qui, hier au Zénith de sa reconnaissance, a acclamé à tout rompre un homme politique qui a si souvent paru lui ressembler.

 

Gérard LAUDINAS dans Midi Libre

Les commentaires sont fermés.