samedi, 03 octobre 2009
La vistoire de Codorniou offre la clé du PS à Frêche

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Transformé en primaire "pour ou contre Frêche", le duel Andrieu-Codorniou a mobilisé les militants avec 66 % de participation. Didier Codorniou plébiscité au-delà des pronostics dans l'Hérault, le Gard, les P-O et la Lozère. Éric Andrieu sauve les meubles dans l'Aude. La victoire de Codorniou ouvre les portes du PS à Georges Frêche dont l'investiture sera proposée à Martine Aubry. Le résultat du scrutin ne devrait pas souffrir de contestation majeure et assurer des lendemains plus apaisés au PS.
Ce n'était pas préparé, mais opportun ! Hier, sur le seuil de la fédération héraultaise du PS, où allaient être proclamés les résultats du scrutin interne, Didier Codorniou et Eric Andrieu se sont donné l'accolade. Il y eut un temps d'hésitation et des sourires figés, mais l'image ravira tous les militants socialistes qui craignaient un lendemain tragique, après ce duel fratricide entre Audois.
Jeudi soir, ces militants étaient venus nombreux (66 % de participation) avec, semble-t-il, l'intention d'éviter le pire des scénarios : une victoire étriquée de l'un des deux prétendants au poste de premier socialiste. Et le résultat fut sans appel : 66 % des suffrages pour Didier Codorniou, le candidat de la fidélité à Georges Frêche, appelé en dernière quinzaine pour apporter sur un plateau les clés de l'investiture au président sortant !
Eric Andrieu, lui, n'excluait aucune hypothèse et se faisait fort d'être le meilleur rassembleur des partenaires de gauche, dont beaucoup refusent à ce jour une entente avec Frêche. Non dénuée de légitimité, l'analyse politique du premier fédéral audois a sans doute souffert d'être relayée par des opposants irréductibles au maître de la Région, les Héraultais André Vezinhet, Kléber Mesquida ou Hélène Mandroux. Dès lors, il est apparu que la vraie question de cette primaire masquée était : "Veut-on ou pas continuer avec Frêche ?"
Andrieu ne put s'abstraire de cette réalité et endossa de fait le costard du diviseur, tellement honni des militants. Ce mauvais rôle lui fut attribué d'autant plus naturellement qu'il s'était engagé en juillet dernier à porter la candidature de Frêche devant les instances nationales. Lesquelles instances ont aussi joué sur le registre de l'ambiguïté.
Certes, Martine Aubry a dit qu'elle s'en remettrait au verdict des urnes, mais beaucoup ont perçu une inimitié difficilement contenue envers le "patron" de la région. Là encore, rien n'indispose plus les militants que de voir Paris tenter d'imposer ses vues.
Tout ceci mis bout à bout tend à expliquer ce plébiscite sur le nom de Codorniou et sur celui de Georges Frêche, que les socialistes, à l'évidence, veulent comme leader en mars prochain. Les scores réalisés par le maire de Gruissan, ex-star du rugby français, sont au-dessus de ce que laissaient augurer les rapports de forces rituels au sein des sections. C'est flagrant dans l'Hérault où la mainmise du frêchiste Navarro sur la fédération n'explique pas seule les 70 % de Codorniou.
Dans le Gard, les amis d'Andrieu avaient perçu des frémissements, mais ils ne se sont pas traduits dans les urnes (71 % pour Codorniou). Enfin, même s'il s'en défend (lire ci-dessous), Andrieu a peiné sur ses terres cathares. Il y conserve de justesse (53 %) sa légitimité de premier fédéral, mais le scénario catastrophe était proche. Il ne reste au vaincu qu'à s'afficher en parfait légitimiste : « Retrouvons-nous derrière le premier socialiste pour travailler à la victoire ! »
Ce premier socialiste est apparu très entouré voire encadré pour sa première prise de parole. Le temps d'annoncer la rencontre qui doit intervenir avec Martine Aubry pour lui proposer l'investiture de Georges Frêche (lire ci-dessous).
Mais Robert Navarro, le "patron" de la fédé héraultaise, était pressé d'écourter ce point de presse dont il avait balisé l'ordre du jour : « On s'en tient au commentaire du scrutin. Le reste viendra plus tard ! » Mieux que la victoire humble, Navarro a inventé le bulletin de victoire en courant d'air.
Didier Codorniou : « L'unité autour de Georges Frêche »
Didier Codorniou hier après- midi à la fédération de l'Hérault : « Je suis très fier d'avoir été désigné premier socialiste de cette région. Ce fut un travail d'équipe car nous avons construit cette campagne sur quinze jours avec Robert (Navarro), Damien (Alary, Christian (Bourquin) et Alain (Bertrand) qui s'est retiré à mon profit pour que j'incarne l'unité et le grand rassemblement autour de Georges Frêche.
Le vote des militants s'est fait en toute conscience et en toute liberté. Leur message est clair et responsable et s'appuie sur un taux de participation élevé. Ceci nous permet d'aller proposer l'investiture de Georges Frêche aux régionales sur la base d'une forte mobilisation des militants. Nous allons faire cette proposition à Martine Aubry. Dans de récentes déclarations, elle a indiqué qu'elle s'en remettrait au vote des militants. Je ne comprendrais pas qu'elle ne suive pas ce qui s'est passé ici ! »
Didier Codorniou s'en est tenu-là, annonçant un prochain point de presse, la semaine prochaine, plus axé sur la stratégie politique du PS dans l'approche des régionales.
Éric Andrieu : « Aucune amertume ni regret »
Hier, au siège du PS audois, à Carcassonne : « Je n'ai aucune amertume et aucun regret. Je suis à la disposition du PS, des militants et de Didier Codorniou. Je ferai le maximum pour que cette Région reste à gauche.
« Si j'ai des regrets, c'est sur le déroulement d'une campagne que j'aurais voulu plus transparente, qui s'est déroulée sans débat contradictoire. Il y a eu un problème de dépolitisation, avec des militants que je qualifierai d'alimentaires : les jeux sont faussés quand vous êtes dépendant d'un élu. J'ai dit qu'en face, il y avait une armée. Et ils ont mis le paquet. Il y a de vraies questions à se poser en terme de rénovation.
« S'il n'y a pas d'acte de rassemblement à gauche, le succès n'est pas garanti, même avec Georges Frêche tête de liste. Je ne dis pas que je ne serai pas candidat aux futures régionales, mais si c'est pour me retrouver placardisé au conseil régional, quel est l'intérêt ? Je ne partage pas la vision des partis politiques de Georges Frêche, qui n'accepte pas la résistance ni la contradiction : pour moi, les partis restent les garants de la démocratie ».
Midi Libre
10:33 Publié dans Actualités, agenda, Associations, Auto/Moto, Beziers, Blog, Bons plans, Bricolage/Jardinage, Chasse/Pêche, Coup de coeur/Coup de griffe, Cuisine/Gastronomie, Débat/Forum, Economie, Famille, Film, Livre, Loisirs/Culture, Musique, Nature/Environnement, Photos/Dessins, Politique, Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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