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lundi, 09 février 2009

Argent virtuel, soif d'emprunt des États"


Devant la valse des milliards annoncés jour après jour, qu’il s’agisse des pertes des banques, ou des aides promises par l’Etat, mes concitoyens m’interrogent : cet argent, où est-il ? est-ce qu’il n’est pas virtuel ?

Par exemple, quand le gouvernement français annonce 340 milliards d’Euros de garantie aux banques, a-t’il en caisse l’argent nécessaire ? Non, évidemment. Malgré le mot « Trésor » qui désigne depuis 1940 (fondation de la Direction du Trésor) l’État dans sa fonction financière, il n’y a pas de cagnotte qui serait à la disposition du gouvernement, ni dans les caisses de l’Etat, ni dans celles de la Banque de France, dont les réserves sont faites pour intervenir, si nécessaire, en soutien du cours de l’Euro.

Il s’agit donc d’une garantie « réelle » (puisque l’État s’engage) et « virtuelle » à la fois (puisqu’il n’a pas l’argent immédiatement disponible). Comment se procure-t-il cet argent ? En empruntant, soit sous la forme de « bons du Trésor », c’est à dire un emprunt émit par l’État, soit sous la forme d’obligations, c’est à dire une valeur mobilière.

En plus, dans le cadre des plans de relance, les États vont devoir emprunter pour financer les subventions qu’ils accorderont directement aux entreprises, aux banques, aux ménages. Avec le plan annoncé par Barack Obama, le total va s’élever au minimum à 3 000 milliards de dollars (trois fois plus qu’en 2008). On est donc en train de créer une nouvelle «bulle », c’est à dire une accumulation spéculative de titres (obligations) représentant des dettes des États.

Avec deux conséquences à court terme :

- une remontée des taux d’intérêt que devront offrir les États, parce que les obligations ne trouveront pas preneurs. Cela a déjà été le cas pour la dernière mise aux enchères en Allemagne d’obligations d’État à 10 ans, qui a rencontré si peu de succès qu’il a fallu retirer 1/3 des titres proposés. Remontée des taux d’intérêt, donc aggravation de l’endettement.

- une intervention des banques centrales pour acheter ces obligations, c’est à dire faire marcher la planche à billets (ce que les économistes appellent pieusement « monétiser le déficit »). La FED peut le faire, pas la BCE. D’où le risque de défiance envers le dollar, de sorties massives de capitaux des États-Unis et de nouveaux dérèglements du système financier

Jean-Louis Bianco

Commentaires

L'ombre d'Antoine Pinay a plané cette semaine... Les Français ont suivi le cours du Napoléon. L’or, valeur refuge qui a franchi la barre symbolique des 1000 dollars l’once. L’or, cette valeur qui a marqué toute l’histoire économique jusqu’en 1971, lorsque fut mis un terme à la convertibilité du dollar en or. L’or et évidemment l’emprunt-or d’Antoine Pinay, un rendement modéré (3% indexé sur le Napoléon) mais une exemption fiscale totale. Quelques milliards d’aujourd’hui rapidement dans les caisses de l’Etat. La bonne idée.
Moins connu, Antoine Pinay associa aussi son nom à une amnistie fiscale qui favorisait le retour en France des capitaux placés à l’étranger à la Libération. L’amnistie fiscale au nom du patriotisme économique, chapeau Monsieur Pinay ! Le fisc américain, soucieux de faire entrer dans l’argent dans les caisses, s’en serait-il inspiré cette semaine en demandant la levée du secret bancaire suisse pour 52 000 citoyens américains qui auraient tenté de lui échapper?

Écrit par : bêtise économique | dimanche, 22 février 2009

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