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jeudi, 23 octobre 2008

Quartiers, villes et territoires de France...à quand une vraie politique d'égalité territoriale en France?

Troisordres.jpg Les inégalités sociales, culturelles, familiales, sont à la base de l'inégalité des chances qui concernent tous les jeunes dans leur accès aux études supérieures, à l'emploi ou encore à la qualification de leur choix. Ces inégalités sociales sont traitées par des politiques publiques: l'accès aux transports fait l'objet de forfaits réduits, les bourses de l'enseignement supérieur permettent imparfaitement aux lycéens de choisir les études de leur choix.

Mais qu'en est-il des inégalités territoriales? Quand la gauche prendra t'elle à bras le corps la problématique globale des inégalités territoriales? Vous n'avez pas les mêmes droits selon l'endroit où vous vivez. Vous ne payez pas la même taxe d'habitation, vous n'êtiez pas concerné par la même carte scolaire, et vous avez un accès plus ou moins facile aux services publics. Utilisons la démarche multiscalaire chère aux géographes. Un coup de zoom à l'envers et nous voilà au dessus d'une ville. Que ce soit Vitry/Seine en banlieue parisienne, ou Béziers au coeur du Languedoc viticole, deux jeunes grandiront au centre-ville et dans un quartier périphérique dans des conditions différentes. Ils n'iront pas à la même école. L'un pourra sortir le soir, dans un bar ou au théâtre, grâce aux transports en commun, l'autre attendra d'avoir une voiture. L'un aura la médiathèque à 100 mètres, l'autre aura deux correspondances de bus pour y parvenir. Le second, ne rêvez pas, n'ira pas. L'inégalité territoriale renforce les inégalités culturelles.

Un coup de zoom en arrière encore, nous voilà au dessus d'un terroir, d'une région. Le jeune de St Pons, au bord du massif central, et le bachelier du lycée Joffre de Montpellier ne feront pas les mêmes études. Psychologiquement, le jeune de St Pons aura du mal à accepter d'étudier dans une capitale régionale en ne pouvant revenir que pendant les vacances chez lui, s'il ne veut pas passer ses weekends dans les bus et les trains, en y dépensant son budget mensuel. Souvent, il entamera des études courtes, en BTS ou en IUT près de chez lui, plutôt que de partir. Encore un coup de zoom. À l'échelle de la France, les inégalités territoriales se renforcent. La mondialisation concentre les dans des régions dynamiques bien reliées entre elles. Avec la métropolisation, les grandes villes concentrent toutes les fonctions urbaines. Conséquence: certaines régions sont intégrées à ces processus et d'autres restent périphériques. On n'a pas accès aux mêmes emplois à Limoges et à Paris. Les places de journaliste, chargé de communication sont plus ou moins rares!

Qu'est-ce que j'en sais? Comme habitant d'une ville moyenne, j'ai vu des camarades rester dans cette ville et sacrifier leur avenir. Comme élu étudiant d'une antenne universitaire, j'ai vu l'importance d'assurer la présence de l'enseignement supérieur sur tout le territoire. Comme Vice-président du CROUS, j'ai pu voir à quel point les étudiants éloignés de leur famille étaient parfois plus en difficulté, j'ai pu étudier le coût des transports et ses conséquences statistiques. Comme professeur itinérant, j'ai pu observer, des plages méditerranéennes aux tours de la banlieue parisienne, des élèves qui étaient nés au bon endroit. Ou pas.

Qu'est ce que je propose? Pas forcément la création d'un ministère de l'égalité territoriale, mais plutôt une vraie politique d'égalité territoriale. À tous les niveaux, les services publics doivent être présents. Les maisons de quartier doivent être construites dans toutes les villes de 20 000 habitants pour rassembler tous les services publics de l'état et des collectivités territoriales, sous la forme de guichets uniques. Ces maisons de quartier pourraient assurer l'accès à l'aide sociale, aux services d'insertion professionnelle, aux aides à la création d'entreprises, aux réductions de transports ou aux tarifs culturels, partout sur le territoire. Des crédits massifs doivent être alloués au développement des transports en commun d'agglomération, en adaptant les dessertes aux besoins des jeunes. En matière d'égalité sur le territoire national, la carte des formations professionnelles et des formations supérieures doit permettre à tous les jeunes de faire les études de leur choix près de chez eux. Le développement des internats et du logement social étudiant doit faciliter le choix de filières qu'on ne trouve pas près de chez soi. Dans toutes les régions, des cartes multi-transports subventionnées massivement par les régions doivent permettre de réduire les inégalités territoriales.

Ces propositions ne sont qu'une ébauche de projet. La gauche doit se saisir de cette thématique. L'égalité est un des principes fondateurs de la république. Il n'est pas respecté en France quand deux bébés naissant à la même minute sur notre territoire n'auront pas le même droit à l'avenir en fonction de leur localisation!

Nicolas Anoto

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