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vendredi, 16 mai 2008

Le régime du caprice

Au prétexte que l’AFP n’avait pas repris le communiqué de l’obscur secrétaire national95875ac7d4697ce1935ba7cbb2f2a050.jpg de l’UMP sur une décision de justice concernant Ségolène Royal, il est proposé par la ministre de la Culture d’ouvrir une obligation qui ferait de l’Agence France Presse le réceptacle de tous les communiqués des partis politiques supposés représentatifs et des grandes organisations syndicales ; presque priver les journalistes de cette agence du droit fondamental de traiter l’information, de la hiérarchiser, de lui donner du sens, de l’interpréter, voire de la retracer lorsqu’elle est en elle-même suffisante. Le fait, l’événement s’impose mais le communiqué, pourquoi donc ?

Il y a chez Sarkozy plus que le fait du prince, le régime du caprice : « Ce qui m’insupporte doit être changé, ce qui me caricature doit être muselé, ce qui ne me convient pas doit être réformé. » C’est toute la conception de la réforme des institutions qui est ici en cause. La Ve République est née, rappelons le d’un coup de force le 13 mai 1958. Elle s’est prolongée par un pouvoir personnel, elle s’est progressivement corrigée, pour, depuis un an, revenir à ce qui fait sa nature : le pouvoir d’un seul, le bon plaisir, l’écrasement des contre-pouvoirs. Il faudra donc bien plus que des amendements à notre constitution, il faudra des garanties pour les contre-pouvoirs et une modification profonde des états d’esprit. Car quand celui qui est à sa tête n’a plus l’esprit de l’Etat, le pire est à craindre.

François Hollande

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