jeudi, 28 août 2008

Loi Tepa: les fausses routes économiques du gouvernement

François Fillon a raison de dire que le Gouvernement ne peut rien pour faire face au danger de récession. Il n’a effectivement pas les moyens aujourd’hui d’effectuer la moindre relance économique. Pour une raison simple : il a gaspillé, dès juillet 2007, quelques sept à huit milliards d’euros annuels qu’il aurait, à la rigueur, pu injecter en 2007 et 2008. Sa défense, aujourd’hui, pour tenter de justifier l’utilité de cette dépense pour la conjoncture économique, est presque pitoyable ! En ce qui concerne la mesure phare du « travailler plus pour gagner plus », sur les heures supplémentaires, on constate que l’emploi, d’octobre 2007 à juin 2008, a augmenté de 0,3%. Sur la même période , selon l’INSEE, le PIB n’a augmenté que de 0,2%. Sachant qu’en moyenne l’emploi augmente sensiblement moins vite que le PIB, on ne voit pas comment les heures supplémentaires réelles ont pu aussi augmenter. Sans doute sont-ce les heures habituellement effectuées auparavant, mais « déclarées » pour bénéficier de la défiscalisation. C’est un effet d’aubaine classique ! Un « bouclier fiscal » à l’impact nul sur la conjoncture

En ce qui concerne le « bouclier fiscal » on est heureux pour les bénéficiaires, mais l’impact sur la conjoncture est évidemment nul. N’espérez pas une minute que, dans les circonstances actuelles, ils aient l’idée d’investir les sommes ainsi récupérées dans les entreprises. Il en va de même des 50 000€ déductibles de l’impôt sur la fortune, à condition qu’ils soient investis ; dès l’annonce de cette mesure se sont créés des « fonds » censés réaliser ces investissements, mais qui, dans la réalité, comme l’ont dit certains parlementaires de la majorité, restent des instruments purement financiers. D’ailleurs l’investissement productif français recule de 0,8% au premier semestre.

Enfin, 320 000 ménages ont peut être bénéficié de l’autre aubaine, celle de la déductibilité des intérêts des crédits pour l’acquisition d’un logement ; mais l’investissement en logement, lui aussi, décline, comme les ventes d’immeubles neufs et les mises en chantier. Bref, la loi TEPA (en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat) n’a rien relancé du tout ! Et, si la conjoncture internationale redevenait favorable, entraînant une demande d’heures supplémentaires, ce pourrait être, pour partie, comme l’a dit l’Office français des conjonctures économique, au détriment de la création d’emplois. La loi TEPA ne prépare en rien la France à une reprise ! Elle fait partie des fausses routes économiques où le gouvernement nous conduit.

Par contre, elle a coûté au budget de l’Etat : 8 ou 9 milliards d’euros par an, alors que notre budget était déjà en déficit et que celui-ci empire : (32,8 milliards d’euros en juin 2008) et une dette qui représente 66% du PIB, donc au dessus des 60% autorisés par le traité de Maastricht.

Ceci interdit bien à l’Etat toute relance par les investissements publics ou les baisses d’impôts. Contraste évident avec le gouvernement socialiste espagnol qui, ayant maintenu l’équilibre de son budget ces dernières années, peut lancer aujourd’hui un plan de relance de 18 milliards d’euros sur deux ans !

Jean Matouk

Qui sont les amis de Bertrand Delanoë ?

Ce n’est pas vraiment une surprise : le maire de Paris annonce dans Le Monde, mardi, sa volonté de présenter une motion au Congrès de Reims, c’est à dire de prétendre au poste de premier secrétaire du parti.

96f1d74a91e29a23dcaf47ce2bd29603.jpgDans la continuité de la note d’hier , cette interview est l’occasion de s’interroger sur ce que pèse Bertrand Delanoë dans le parti. Concrètement, en regardant les signataires de sa contribution Clarté, courage, créativité

Le maire de Paris et avant tout soutenu par la vieille garde jospinienne, en plus de l’ancien premier ministre himself : Daniel Vaillant, Jean Glavany, Elisabeth Guigou.

Deuxièmement, on compte énormément de signataires parisiens : plus de 400, sur le premier millier de signataires. Certes Paris est une des quatre fédérations qui compte dans un congrès. Mais à titre de comparaison, on ne compte qu’une dizaine de signataires du nord, un peu plus de 80 du Pas-de-Calais, deux autres grosses fédérations. Et dans les Bouches-du-Rhône, qui pèsent lourd pour constituer une majorité, 71 signataires. Et dans ces trois derniers départements, très peu d’élus, une poignée seulement de parlementaires. A Paris, on trouve par contre de nombreux maires d’arrondissement et plusieurs parlementaires.

Troisièmement, on trouve aussi un certain nombre de maires élus en mars dans des villes prises à la droite, pour appuyer le positionnement “élu local” de Bertrand Delanoë : Pierre Cohen (Toulouse) ou Roland Ries (Strasbourg), les maires de Millau ou Rodez. Didier Boulaud, sénateur-maire de Nevers, ancien directeur de cabinet de Bérégovoy, illustre l’ancrage de Delanoë dans les terres historiques de la mitterrandie.

Enfin, on trouve quelques strauss-kahniens, comme l’ancien ministre de la défense Alain Richard ou le maire de Grenoble Michel Destot.

Rien de bien étonnant, mais une petite provocation dans la liste : Jean-François FOUNTAINE, premier vice-Président de la Région Poitou-Charente, surnommé “le meilleur ennemi de Ségolène Royal” au sein de sa propre fédération.

Pour être un peu plus surpris, il vaut mieux regarder la liste des amis de Bertrand Delanoë dans Facebook : on y trouve tous les courants du PS ! Il faut dire que le staff du maire de Paris a bien travaillé : il a mis en place une application spéciale pour multiplier les amis de Bertrand. Avec ses plus de 6 500 amis en quelques mois, il aura vite refait l’unité du parti… virtuellement.

Nabil Wakim dans le blog "puzzle socialiste"

mercredi, 27 août 2008

Info ou propagande?

Le principal problème que posent les évènements auxquels nous sommes confrontés est la manière avec laquelle nous en avons connaissance. Le principal problème de la guerre en Afghanistan, en Ossétie et en Géorgie ou de ce qui se passe au Tibet est la manière dont nous en sommes saisis par les médias de référence qui martèlent en boucle les cerveaux. Nous avons besoin d’informations, de tableaux factuels, ils nous servent de la propagande. Nous aurions besoin de débats argumentés, ils mettent en place des jeux de rôle entre gentils et méchants.
L’affaire géorgienne l’illustre après combien d’autres. La scène réelle a tout simplement été entièrement reformatée par le message médiatique dominant.
Le président géorgien Saakachvili est élu dans des conditions que l’opposition de son pays dénonce partout, les législatives se déroulent sous état d’urgence, l’unique télé prive est occupée par l’armée (mais était donc passé Robert Ménard ?) et il n’y a qu’un seul député d’opposition élu. Mais ce serait là le camp de la démocratie. C’est le président de la Géorgie qui fait bombarder son propre pays en Ossétie. Mais ce serait lui l’agressé. La population se défends les armes à la main contre l’invasion géorgienne mais ce sont les russes qui sont qualifiés d’envahisseurs..
Ainsi amnistié pour le passé et le présent, tout est alors permis y compris ce qui d’habitude n’est pas du tout toléré pour bien moins que ça. Le correspondant sur place du journal « Le Monde », Piotr Smolar donne d’inquiétantes informations (22 aout 2008) qui dans n’importe quel autre contexte soulèveraient des tempêtes. « Deux quartiers portent les stigmates des obus : celui de la gare et celui autour du centre culturel juif réduit en cendres. En écoutant les habitants qui dépeignent tous les russes en sauveurs et les géorgiens en bourreaux, on entend deux histoires différentes; celles des hommes vécue à l’air libre et celle des femmes sous terre; celle des combattants, civils ou militaires qui ont défié les troupes géorgiennes avant l’arrivée des russes et celle des personnes réfugiées dans les caves des maisons et des immeubles pendant que toute la ville tremblait sous l’effet des bombardements. Le quartier juif se trouve à quelques centaines de mètres des bâtiments de l’administration, cible prioritaires de l’artillerie géorgienne. Difficile de comprendre comment les maisons ont été pulvérisées. » Cette résistance de la population ossète face aux troupes géorgiennes, cet antisémitisme meurtrier que décrit sur place le correspondant du journal « Le Monde » où en trouve-t-on écho ailleurs ? Ou était donc passé BHl et les autres chiens de garde de l’indignation politiquement correcte ? Ou était Laurent Joffrin et son journal qui dénonçait sur une page l’antisémitisme de Chavez pour quatre mots dans un discours de noël traduits à contre sens ? Justement, se taire dans ce cas là c’est faire la part de tache qui leur revient dans la propagande de guerre.

Jean Luc mélanchon

mardi, 26 août 2008

Le berger, le lait, le tracteur

Comme chacun sait, le prix du lait a doublé depuis dix-huit mois. Mais où est-il produit ? Un peu partout dans le monde, y compris au Sahel.12ea14a27f619a5f306878ae00cd7397.jpg

Aujourd’hui, le berger peul du Sahel produit probablement le lait le plus cher du monde et il est le plus pauvre. Pourquoi ? Parce qu’il obtient de sa vache un litre de lait par jour, là où le fermier néerlandais en obtient 35. Le berger peul pourrait multiplier sa productivité par 10 et devenir 10 fois plus riche. Pour cela, il faudrait des trayeuses électriques, une chaîne du froid, de l’électricité pour puiser l’eau, des efforts en nutrition et des soins vétérinaires.

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"La principale différence entre une vache sahélienne et une vache néerlandaise, c’est leur consommation d’énergie", disait aux récentes rencontres économiques d’Aix-en-Provence le banquier franco-béninois Lionel Zinsou, ancien collaborateur de Laurent Fabius.

Mais quelle conclusion en tirer du point de vue du développement durable ?

Quittons maintenant le Sahel pour le Rajasthan, en Inde. Avec la hausse du prix de l’essence, le tracteur devient un luxe pour les paysans pauvres. Mais ils ont redécouvert un moyen de transport, plus économique, qui peut transporter 250 kg de marchandises, avance à une vitesse moyenne de 30 km/h, ne tombe jamais en panne et, surtout, ne consomme pas d’essence. C’est le chameau !
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"Le chameau est l’avenir du tracteur" selon un agriculteur du Rajasthan. C’est ce que rapporte en tout cas le correspondant à New Delhi du journal "Le Monde".

Et en Éthiopie, la cote des ânes et des boeufs s’envole.

De tout cela je ne prétends tirer aucune conclusion définitive, mais nous inciter une fois de plus à réfléchir sur la mondialisation et sur le bouleversement des données qui est en train de s’opérer avec une énergie fossile durablement chère, très chère …

Jean Louis Bianco

dimanche, 24 août 2008

Disparition

Notre ami et camarade, Jean Marc Serrano , nous a quitté vendredi 22 Août.
Une cérémonie d'adieu aura lieu lundi 25 Août à 13h45 au Pech Bleu.
Très affectés par cette disparition, nous adressons à sa famille et ses proches toutes nos condoléances.

samedi, 23 août 2008

Les talibans défient l'OTAN

Des familles britanniques, américaines et françaises pleurent aujourd'hui la mort de proches tués en Afghanistan dans le cadre de l'ISAF, la Force internationale d'assistance à la sécurité, mandatée par l'ONU. L'attaque, le 18 août, contre une patrouille afghano-française a fait dix morts chez les parachutistes français. La patrouille n'était qu'à environ 50 kilomètres à l'est de Kaboul, la capitale afghane, signe d'une instabilité accrue et de la confiance des talibans. Ces morts ébranleront sans nul doute la résolution d'une OTAN déjà secouée.

Depuis le début, la communauté internationale a du mal à mener une action concertée en Afghanistan, et l'OTAN ne fait pas exception. Les pays européens ne se sont vraiment engagés qu'à la suite de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis. L'Allemagne souhaitait préserver ses relations avec Washington mais ne voulait pas prendre part à un conflit que Berlin considérait à juste titre comme une guerre illégitime. C'est la raison pour laquelle le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Joschka Fischer, a proposé de mettre sur pied une mission de l'ISAF mandatée par l'ONU et commandée par l'OTAN. Les alliés de l'OTAN ont uni leurs efforts pour assurer le "bon rôle" dans la guerre contre le terrorisme. Mais ils ont souvent pris cette décision contre l'avis de leurs opinions publiques et sans vraiment appréhender la difficulté de la tâche.

Les Français ont été parmi les plus réticents à aller en Afghanistan et leurs forces ont été le plus souvent cantonnées à Kaboul. Mais Nicolas Sarkozy souhaite que la France s'engage complètement avec l'OTAN et, pour témoigner de sa solidarité accrue, a envoyé un bataillon supplémentaire de 700 soldats dans l'est de l'Afghanistan. Le problème, pour le président français comme pour l'OTAN, est que son prédécesseur, Jacques Chirac, a toujours dit que la mission en Afghanistan était vouée à l'échec. Le peuple français n'a pas vu d'un bon œil la décision de Sarkozy, qu'il a jugée proaméricaine. Et la mort de dix soldats ne va certainement pas contribuer à arranger les choses.

La France ne va probablement pas aller jusqu'à retirer ses troupes d'Afghanistan, mais elle pourrait moins les exposer. Paris pourrait émettre davantage de réserves sur les modalités de leur action, ce qui réduirait l'efficacité de celle-ci. A l'heure où les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Canada souhaitent limiter ce genre de réserve, une telle initiative créerait des tensions supplémentaires au sein de l'Alliance. Qui plus est, les Néerlandais et les Canadiens sont en quête d'alliés pouvant prendre leur relève dans le sud du pays. Avec la détérioration des conditions de sécurité, cette tâche, déjà difficile, va devenir quasiment impossible.

Nul n'avait jamais imaginé que tenter de sauver l'Afghanistan serait une tâche facile. L'administration Bush a fait tout ce qu'elle pouvait entre 2001 et 2003 pour poser les fondations d'un échec : envoi de troupes insuffisantes sur le terrain, octroi de fonds insuffisant au développement, et soutien délibéré à un gouvernement pakistanais qui fomentait le radicalisme musulman en Afghanistan dans le cadre de sa politique de défense vis-à-vis de l'Inde. L'Europe, pour sa part, s'est efforcée de construire un Etat en s'imaginant qu'elle n'aurait pas besoin de faire une guerre pour y parvenir. Pour "réussir", c'est-à-dire pour avoir un gouvernement afghan suffisamment fort pour assurer sa propre sécurité, l'OTAN et le reste de la communauté internationale doivent repenser leur approche.

L'accroissement de l'instabilité devrait inciter l'Alliance à réévaluer le rôle paradoxal qu'elle joue dans le pays. L'OTAN est officiellement en Afghanistan pour assurer la sécurité, mais son souci de protéger ses forces est en contradiction avec ses objectifs. Elle ne protège pas activement le personnel des Nations unies ni les autres membres de l'aide internationale parce qu'elle répugne à prendre des risques. Elle se concentre trop sur l'usage de la force aérienne, ce qui engendre trop de victimes parmi les civils. Cette situation inacceptable nuit aux efforts de la communauté internationale. Et les récentes attaques permettent de penser qu'elle ne fera qu'empirer.



Michael Williams

The Guardian

jeudi, 21 août 2008

HOMMAGE

Je me suis rendu ce matin à l’hommage rendu par la Nation à la mémoire des 10 soldats français tués en Afghanistan, dans la cour des Invalides. L’émotion était bien sûr forte. Émotion en pensant à ces jeunes, très jeunes, hommes, morts loin de chez eux, au service de leur pays, dans l’exercice du métier qu’ils avaient choisi. Émotion et tristesse en voyant la douleur, poignante, des familles, celle des parents, des épouses, des ami(e)s , celle aussi des camarades des régiments de Castres, Noyon, Calvi, qui ont perdu un être cher, encore au début de sa vie. L’armée est un engagement singulier, car celui si s’y consacre connaît le danger, le risque mortel qu’il encourt. On n’y entre pas à reculons, mais par goût, par conviction, avec courage. Il y a de la noblesse dans le métier militaire, même si, en même temps, on ne peut dans ces circonstances que ressentir l’absurdité de la guerre, des vies brisées. Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, visiblement marqué par l’épreuve, a su trouver les mots nécessaires pour exprimer la tristesse que chaque Français ressent, même s’il a cru bon de réaffirmer sa stratégie en Afghanistan, celle d’une « armée qui y défend la liberté du monde », comme si elle était unique.

La gauche avait tenue à être présente, sans avoir vraiment été invitée, à travers François Hollande, Bertrand Delanoë, François Lamy, Marie-George Buffet, moi-même. Car le deuil n’est pas affaire de droite ou de gauche, le patriotisme n’est pas la propriété d’un camp politique, pas davantage que la solidarité envers nos armées. Dans ces moments, tous se rassemblent. Je regrette un peu, au passage, la polémique qu’a cru bon de lancer la droite, et en particulier le Premier ministre, qui a accusé le Parti socialiste de ne pas « respecter le temps de deuil ». Cette mise en cause est doublement fausse. Elle l’est d’abord parce que tous les socialistes qui se sont exprimés à partir de mardi ont d’abord exprimé leur compassion, leur sympathie à l’égard des familles. Elle l’est ensuite parce que la gauche n’a en rien cherché à récupérer cette tragique embuscade, à mettre en accusation le pouvoir. Simplement, nous posons des questions, légitimes, justes, celles que soulèvent les pères et les mères de ces jeunes soldats décédés, celles que se posent les Français, sur la pertinence de la stratégie de l’OTAN, sur les missions de nos troupes en Afghanistan, celles que j’ai exprimées ce matin, avec fermeté et retenue, dans « Libération ». Il n’y a pas de démocratie vivante et saine sans opposition forte et responsable : je crois que nous l’avons été. Il n’y a pas non plus de vraie démocratie sans que l’opposition y soit respectée par l’exécutif et sa majorité : sur ce plan, j’ai des inquiétudes.

Pierre Moscovici

mardi, 19 août 2008

No Futur !

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Suite à une décision prise par le conseil scolaire, les enseignants du district de Harrold (Texas) pourront désormais venir enseigner armés. Cette décision, annoncée vendredi dernier, est une première aux États-Unis. Jusqu'à maintenant, seuls des professeurs d'université avaient été autorisés à venir en cours armés.
David Thweatt, directeur du conseil scolaire, a expliqué à nos confrères de LCI que la protection des élèves et des enseignants serait au centre des raisons ayant motivé cette décision, arguant qu'il ne s'agissait là que de "bon sens". Les enseignants désireux de profiter de cette mesure qui prendra effet à l'automne prochain devront toutefois posséder un permis de port d'arme comme le veut la loi mais également suivre une formation spéciale d'adaptation aux situations de crise.
Sans commentaire...
Marie Claria

lundi, 18 août 2008

Récession : circulez, il n’y a rien à voir.

La ministre Lagarde l’a dit et le répète : tout va bien. La croissance recule, mais la prospérité est au coin de la rue. La consommation fléchit, mais les Français vont reprendre confiance. L’investissement recule, mais les entreprises sont insensibles à la conjoncture. Le commerce extérieur atteint un déficit record, mais il n’y aurait rien d’autre à faire qu’attendre le dernier trimestre de l’année qui, paraît-il, sera moins pire que les précédents. Ainsi est le refrain : quand tout va mal, inutile de s’inquiéter, le pire n’est jamais sûr.

Et puis voilà que le Premier ministre Fillon prend l’initiative d’une rencontre, toutes affaires cessantes, à Matignon, pour examiner la situation générale de l’économie du pays. Il est bien temps, et cette précipitation contraste avec les déclarations d’apaisement de la ministre Lagarde. En fait, le Président de la République et le gouvernement ont perdu toute marge de manœuvre. Avec le paquet fiscal voté l’année dernière, les 15 milliards d’euros gaspillés, le déséquilibre des finances publiques atteignant des niveaux proscrits par nos engagements européens, ils n’ont plus qu’à espérer la baisse des taux d’intérêt que le Président de la Banque centrale européenne, M. Trichet, hésite à prononcer.

Voilà une équipe qui manie la langue de bois pour faire croire aux Français que la situation internationale n’a pas de conséquences sur l’économie française. Une équipe qui pratique l’amnésie en oubliant que sa politique menée depuis plus d’un an n’a eu aucun effet positif sur la croissance, au contraire, et qui feint de se préoccuper encore du sort des Français avec la simple annonce d’une réunion.

On pourrait en sourire, mais il s’agit, rien de moins, que de la vie quotidienne de nos concitoyens : leur consommation, leur emploi, l’indépendance de la France à travers son commerce extérieur, l’endettement du pays, les comptes publics. De l’aveu même de François Fillon, il n’y a rien à attendre de cette réunion.

Pourtant les décisions s’imposent. Les Espagnols viennent de mettre en place un plan de relance. Les Américains l’ont fait voilà déjà plusieurs semaines. Les Allemands se mobilisent et même les Italiens redécouvrent l’étatisme avec Berlusconi, un comble. Mais ici, ce n’est qu’attentisme, autosatisfaction, indifférence.

L’urgence serait pourtant de stimuler l’investissement des entreprises par une réforme de l’impôt sur les sociétés, de lancer le grand plan pour l’innovation et la recherche à travers le soutien aux entreprises les plus dynamiques et de mobiliser l’épargne pour favoriser l’accession à la propriété et le logement social. Enfin, il faudrait accorder dès à présent un soutien au pouvoir d’achat des familles, notamment par l’augmentation de l’allocation rentrée scolaire qu’il faudrait relever de 25%.

Voilà le contre plan que le Parti socialiste propose. Et s’il ne se passe rien cette semaine, alors nous reviendrons à la charge lors de la discussion du budget qui risque d’être bien tardive.
Nous sommes en récession. Madame Lagarde ne la voit pas, le Premier ministre la cache et le Président de la République fait comme si sa politique réussissait. On marche sur la tête.

François Hollande

vendredi, 15 août 2008

La Feria : grandeur et décadence !

Quand je vois, le jour de l'inauguration officielle de la Feria, Monsieur le Maire perché sur l'estrade tel un bateleur et dissertant sur le « 40ème anniversaire de la Feria mais qui, en fait, entre dans sa 41ème année », j'hallucine ! Pense-t-il réellement que les Biterrois sont incapables de réflexion et qu'il faut qu'on leur explique ? En faisant l'apologie du passé d'un ton très satisfait, il semble pourtant être en décalage avec une bonne partie de la population.

Quand on écoute les Biterrois, pour un grand nombre d'entre eux et pour les commerçants, voilà l'écho reçu « tout est bloqué », « c'est l'orgie », « nous sommes obligés de quitter la ville », « nous devons fermer nos commerces », « on a remplacé la fontaine à vin par des fontaines à bière dispersées dans toute la ville » « on ne nous dit pas tout sur ce qui se passe en ville, le soir » et d'ajouter « ne peut-on pas reprendre en mains le centre ville ?» « racheter les immeubles, y mettre des boutiques et des logements décents » et de citer en exemple les villes voisines.

Quand donc Béziers entrera-t-elle dans le 21ème siècle ? La conception de la Feria « intra-muros » n'est plus viable. Les villes qui ont de tels évènements ont pris des mesures pour protéger leur centre ville et développer cette activité en périphérie.

Plus qu'une explication sur la 41ème année de la Feria, j'aurais aimé entendre Monsieur le Maire faire des analyses et donner des pistes de réflexion pour une meilleure gestion de ces festivités prévues pour le 41ème anniversaire et la 42ème année !.

Marie-José Sauvagnac

dimanche, 10 août 2008

De l’opposition en démocratie

Nous serons courts. La gauche ne doit pas s’abîmer dans une discussion creuse comme un puits sans fond sur les avantages et inconvénients de s’opposer un peu, beaucoup, à la folie ou passionnément.

Fallait-il s’associer à la réforme constitutionnelle proposée par Nicolas Sarkozy ? Si la réponse a été non, la faute en revient à son promoteur. Il n’a pas su résister à la gourmandise de la majorité sénatoriale qui a sanctuarisé la Chambre haute pour se l’adjuger ad perpetuam. Ainsi, avant même d’en débattre, la moitié du Parlement avait été préemptée. La réforme pouvait discuter de tout, sauf de l’attribution du Sénat à la droite. Au moins est-on sûr qu’une majorité applaudira le président lorsqu’il viendra chercher des félicitations sur les bancs du Parlement. Il n’a pas su non plus résister à la tentation de limiter le droit d’amendement, droit fondamental des parlementaires. Curieuse conception de la revalorisation des assemblées ! La méthode elle-même supposait une conférence de consensus entre les grandes familles politiques. Le pouvoir a préféré faire son marché en débauchant ici ou là telle pièce que, à l’image d’un jeu d’échecs, on prend à son adversaire. D’emblée, c’est une stratégie de contournement des partis institués de l’opposition et de la gauche que le pouvoir a mise en place.

Enfin le succès supposait du président lui-même une exemplarité qu’on est bien en mal de trouver dans sa pratique du pouvoir. De la justice aux médias, la présidence exerce déjà une emprise que la réforme ne viendra nullement contrecarrer, puisque, en matière de nominations, la majorité parlementaire souscrira aux vœux de la présidence. D’où le verrouillage bien compris du Sénat.

Nous disons à nos amis qui s’interrogent sur la bienséance de l’opposition : pour être courtois, encore faut-il ne pas être contraint de s’excuser lorsque l’on vous a marché sur les pieds ! Nous voyons en effet peu à peu s’esquisser un régime politique de type nouveau, qui entend concentrer tous les pouvoirs, pour installer une domination idéologique et culturelle durable.

La droite décomplexée suffirait au bien du peuple. Quelques-uns à gauche sont sélectionnés par elle, dès lors qu’ils consentent aux règles du jeu qu’elle leur a imposées. Tous les autres sont rejetés du côté de la force obscure. Cette concentration des pouvoirs est non seulement dangereuse, mais elle est de surcroît inapte à réformer réellement le pays. Seule la mise en mouvement de toute la société permettrait de mener des réformes justes et durables.

En fin de compte, ce pouvoir et cette droite veulent une société de la résignation. La France dévisse, l’inquiétude grandit parmi nos concitoyens confrontés à une grave crise économique, sociale et écologique. Une France inégalitaire se fabrique sous nos yeux, où tous ceux qui ont du mal à boucler leurs fins de mois paient une politique dont les bénéficiaires sont les "importants" et les "puissants". Pendant les travaux constitutionnels, le détricotage des droits sociaux continuait : suppression massive de postes dans l’éducation, cadres pressurés par l’augmentation du forfait jours, accords d’entreprises d’autant plus valorisés que le syndicalisme y est faible, couteau placé sous la gorge des chômeurs, priés d’être enfin raisonnables... Quelle fraternité peut-on espérer d’une telle déchirure ? Quel dynamisme, quelle volonté, quel espoir dans l’avenir quand tout semble joué et que les réseaux d’influence et de cooptation l’emportent sur les efforts et le travail ? Et ce n’est que le début. C’est pourquoi la domination culturelle, dans les médias notamment, est un enjeu capital car elle peut fabriquer de la résignation et brouiller la perception qu’une autre politique est possible.

La politique d’un tel pouvoir ne se divise ni ne s’épluche comme les quartiers ou la peau d’une orange. Elle est un bloc. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle se présente et qu’elle se rengorge pour reprendre, depuis un an, le même couplet inquiétant et lancinant sur la fin de la gauche ou la mort du Parti socialiste. Nous nous opposerons à chaque fois que cela sera nécessaire, sans tomber dans la première embuscade tendue. Nous nous opposerons d’autant plus fermement que nous proposerons d’autres valeurs et une autre politique : révolution fiscale, préparation de l’après-pétrole, consolidation de notre protection sociale, VIe République. Combattre et proposer vont évidemment de pair : un combat sans propositions est vain, mais des propositions qui ne sont pas forgées dans un combat politique seraient désarmées. Il n’est pas juste de confondre la fermeté avec le sectarisme. En matière de convictions, la fermeté n’est pas un réflexe conditionné, elle est une preuve, celle qui nous est demandée dès aujourd’hui par de nombreux Français qui veulent espérer ; c’est elle aussi qui nous sera demandée en 2012. Voilà pourquoi nous appelons les socialistes à l’unité et au courage.

David Assouline (sénateur PS, Paris), Delphine Batho (députée PS, Deux-Sèvres), Dominique Bertinoti (maire du 4e arr. de Paris), Jean-Louis Bianco (député PS, Alpes-de-Haute-Provence), Aurélie Filippetti (députée PS, Moselle), Guillaume Garot (député PS, Mayenne), Jean-Pierre Mignard (avocat), Vincent Peillon (député européen).

vendredi, 08 août 2008

Quatre ans après les Jeux, le règne des “éléphants blancs”

ab9b5faa92d81d0afa4bff5bb0db5b73.jpgLorsque l’organisation des Jeux olympiques est confiée à un pays, celui-ci s’engage à promouvoir les valeurs de l’olympisme pendant les Jeux, mais aussi après. Bien que nées en Grèce, les valeurs olympiques n’auront pas été respectées par les Grecs ! Quatre ans ont passé depuis les brillants Jeux d’Athènes. Les souvenirs sont toujours présents, les stades aussi. Après la course folle pour terminer leur construction dans les délais, une autre course est engagée, cette fois pour leur réhabilitation. Le constat est alarmant : seuls 30 % des stades olympiques ont été utilisés depuis 2004, et la grande majorité d’entre eux n’a gardé aucune activité sportive. Les autres installations sont à l’abandon, fermées, et ont oublié l’esprit sportif.

Leur construction a portant coûté plusieurs milliards d’euros à la Grèce. Nous tous, les contribuables, payons la note de ces Jeux, et nous en avons encore pour trente-six années. S’y ajoutent 50 millions d’euros par an pour le simple entretien et la conservation de ces stades !
Toutes ces infrastructures ont reçu le surnom d'"éléphants blancs”. Bien entendu, toutes ne sont pas à l’abandon. Certaines sont devenues des théâtres, comme le stade de badminton, d’autres des centres culturels, des centres commerciaux, des marinas, des ministères. Leur gestion a été transmise à une société privée, mandatée par le ministère de la Culture pour valoriser l’“héritage olympique”. Mais les stades de basket-ball, de volley-ball et d’escrime sont complètement abandonnés. Sur les plans présentés avant 2004, ces trois stades, situés sur le front de mer, devaient être transformés en parc écologique. Le stade de canoë-kayak, dont la construction a été l’une des grandes fiertés grecques, est lui aussi laissé à l’abandon, et son exploitation a été confiée à une société privée dont personne ne connaissait l’existence.

Quant aux onze kilomètres de front de mer qui s’étendent du stade Irinis kai Filis, sur la côte du Phalère, jusqu’au stade de taekwondo, ils sont livrés aux Tsiganes et aux SDF.
En Grèce, les bilans ne sont jamais très glorieux. Cela explique pourquoi les autorités font profil bas quand il s’agit de promouvoir le visage postolympique d’Athènes.

Spiridoula Spanea
I Kathimerini

mercredi, 06 août 2008

L'image d'Obama, une priorité pour les deux camps

Des photos de Paris Hilton et Britney Spears défilent. La foule en délire, les flashs crépitent. "C'est l'homme le plus célèbre de la planète", dit une voix féminine. Et puis on comprend très vite : ce spot TV ne porte pas sur une personnalité habituée de la presse people, mais sur Barack Obama. En lançant, le 30 juillet, ce spot agressif qui doit être diffusé dans onze Etats, l'équipe de campagne de John McCain annonce clairement que sa préoccupation du moment n'est pas de parler du candidat républicain. Il s'agit plutôt de modeler l'image d'Obama dans l'opinion – en l'occurrence, en le comparant à deux célébrités raillées pour leur vacuité.

Ces derniers jours, le camp Obama travaille aussi ardemment à son image publique : le candidat démocrate s'est montré à l'étranger avec toute une brochette de dirigeants puis, aux Etats-Unis, aux côtés d'anciens secrétaires au Trésor et d'un ex-président de la Réserve fédérale. A moins de cent jours du scrutin, la campagne présidentielle semble se résumer à une bataille acharnée pour définir l'image du candidat démocrate aux yeux des électeurs doutant de ses compétences et de ses qualités.

"En ce moment, les deux équipes sont attelées à la même tâche : définir qui est Barack Obama," constate Neil Newhouse, employé d'un institut de sondage pour le camp républicain en Virginie. "C'est la vraie bataille du moment."
En cherchant à donner sa propre vision d'Obama, le camp McCain est de plus en plus négatif et même provocateur. Barack Obama, de son côté, travaille à convaincre les électeurs qu'il mérite leur confiance en tant que président.


Pour les analystes et des observateurs bien placés dans les deux partis, la tactique de chacun des candidats est porteuse de graves dangers. Chez Obama, ses efforts de présidentialisation (conférences de presse à l'étranger, utilisation – quoique brève – d'un emblème ressemblant à celui de la Maison-Blanche) lui font risquer de paraître arrogant ou présomptueux. "Il marche sur la corde raide : il lui faut montrer de l'assurance et de la confiance en soi, sans avoir l'air effronté ni prétentieux, résume Ross K. Baker, professeur de sciences politiques à la Rutgers University, dans le New Jersey. Certains, forcément, trouveront qu'il a basculé du mauvais côté."

En face, le nouveau ton agressif contre Obama pourrait nuire à John McCain et à son image d'esprit libre rejetant les attaques politiciennes dont Washington est coutumier. Dans le dernier spot TV du sénateur de l'Arizona, on peut voir des images du discours prononcé la semaine dernière par Barack Obama devant une foule estimée à 200 000 personnes à Berlin : sa célébrité est mise en parallèle avec celles des icônes de la culture pop que sont Britney Spears et Paris Hilton. "Mais est-il prêt à diriger ?" demande le spot.

Outre cette publicité, McCain a accusé dernièrement Obama d'être prêt à perdre la guerre d'Irak dans le seul but d'être élu à la Maison-Blanche en novembre. Pendant plusieurs jours, il a aussi montré du doigt son rival au prétexte qu'il aurait annulé une visite qu'il devait rendre à des soldats américains blessés dans un hôpital parce qu'il ne pouvait pas se faire accompagner de journalistes. L'équipe d'Obama, en colère, a nié fermement cette accusation jugée mensongère et trompeuse.
David Winston, un militant du Parti républicain à Washington, assure que McCain se fourvoie en lançant des attaques personnelles : le candidat républicain devrait chercher à mettre Obama sur la défensive en insistant sur leurs différences politiques en matière de fiscalité, d'énergie et de sécurité nationale, estime-t-il. "Il ne souligne pas tous ces contrastes qui pourraient pourtant le servir", insiste David Winston.

Les enquêtes d'opinion ne peuvent déterminer si les critiques de plus en plus virulentes de McCain contre Obama portent leurs fruits. Mais elles indiquent que les électeurs ont effectivement du mal à se faire une opinion sur le candidat démocrate. Dans un sondage Wall Street Journal/NBC publié la semaine dernière, 51 % des personnes interrogées sont perplexes quant au président que serait Obama ; ils ne sont que 27 % à l'être à l'égard du candidat républicain.
Une conclusion qui n'a rien d'étonnant : Obama est un nouveau venu et n'en est qu'à son premier mandat de sénateur de l'Illinois, alors que McCain est sur la scène politique nationale depuis des décennies. Cela contribue aussi à expliquer pourquoi l'image d'Obama est la principale préoccupation des deux équipes de campagne.

Bob Drogin et Peter Nicholas
Los Angeles Times

lundi, 04 août 2008

Pékin quand tu nous tiens...

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« L’emploi du temps est surchargé à cause de Pékin et de la présidence française de l’Union européenne. Mais un conseiller ainsi que deux représentants de la Direction générale de la Santé seront à Mexico. Il y aura aussi l’ambassadeur sida, très compétent. » Roselyne Bachelot ministre de la santé et des sports justifie ainsi son absence à la conférence mondiale de la lutte contre le SIDA. Cette décision symbolise un désengagement de la France en matière de lutte contre le Sida, et une transformation de l'action politique. En effet, c'est plus "fun" d'apparaître dans la cour de l'Elysée (avec le CD de Madame...)ou à côté du président lors de la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques, que de participer à une réunion cherchant des solutions à une maladie gravissime…Et pendant que les ministres s’amusent à paraître, les citoyens français subissent les réformes…
Marie Claria

La tête d’un ami de Bernard Tapie

Madame Lagarde, pour sa défense dans le dossier de l’indemnisation accordée par le tribunal arbitral à Bernard Tapie, et pour justifier de ne pas avoir fait appel de cette sentence, a prétendu ne pas « avoir la tête d’un ami de Bernard Tapie ». Curieux argument. Celui qui vient de bénéficier de près de 400 millions d’euros de la part de l’État aurait à ce point mauvaise réputation ? Mais alors, pourquoi lui accorder les bénéfices d’une justice privée par rapport à la justice ordinaire ? Si l’on va plus loin, en quoi la tête de Madame Lagarde serait à ce point différente de celle de Bernard Tapie ? Est-ce son origine ? Son parcours social ? Ses qualités ? Ses fréquentations ? Qu’est-ce qui ferait qu’ils ne soient pas du même monde ?

Mais prenons le sujet par l’autre bout : Qui donc a la tête d’un ami de Bernard Tapie ? Peut-être est-ce un personnage qui ne s’embarrasserait pas des protocoles, qui ne reconnaitrait dans la justice que celle qui lui convient. Quelqu’un qui par exemple se débarrasserait des convenances, confondrait la vie privée et la vie publique. Privilégierait ses relations plutôt que le droit. Mais qui est donc ce personnage plein de mystères ?

Cherchons… N’habiterait-il pas un palais au cœur de la République ? Où ne viendrait le voir que ses obligés, ses courtisans, ses valets ? Ne pratiquerait-il pas l’exhibition, jusqu’à montrer sa vie, sa famille, ses proches ? Et s’il était lui-même un puissant, celui qui accorde faveurs, privilèges, voir même récompenses à ceux qui l’ont rejoint, qui ont trahit leur camp, qui ont changé de casaque. Et si finalement, celui que l’on cherche, l’homme dont « la tête est celle de l’ami de Bernard Tapie », celui que connaitrait Madame Lagarde, mais dont elle ne se veut pas une semblable, n’était pas celle du Président de la République lui-même ? Alors, là, tout s’éclaire, le rideau s’ouvre. L’évidence surgit, la lumière crue apparaît.

Voilà, l’ami de Bernard Tapie est celui qui a précisément décidé que son compagnon aurait le règlement de ses affaires, garanti par une décision extraordinaire rendue par un tribunal arbitral dont nul n’a su la composition, le mandat, la sentence, mais qui a maintenant force de loi. L’ami a une tête qui vaut désormais 400 millions d’euros.

François Hollande

vendredi, 01 août 2008

Les socialistes ont rendu hommage à Jaurès

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Un protocole immuable. Comme tous les 31 juillet, la place Jean-Jaurès a vécu un moment particulier, hier. Alors que l'après-midi s'étire langoureusement, la foule investit peu à peu le parvis. Sourires ravis, embrassades et accolades rythment les retrouvailles : « Et les vacances ? », « Et la petite famille ? » La petite famille socialiste montpelliéraine - et ses amis Modem ou autres du conseil municipal -, justement, semble afficher un front uni en ce jour de commémoration du 94e anniversaire de l'assassinat de Jean Jaurès. Alors, après Le temps des cerises chanté par Montand, les dépôts de gerbes, la minute de silence et La Marseillaise, est venu le temps des discours.
C'est d'abord Hélène Mandroux, le maire, qui a tenu à rappeler que les socialistes se retrouvent tous les ans au pied de la statue du grand homme, « parce que nous sommes liés par un idéal commun, animés par une même force. Et que nous revendiquons, nous, le fait d'être vraiment les héritiers de Jean Jaurès. » Une petite pique à l'attention du président Sarkozy, très vite suivie d'une salve en bonne et due forme contre un « président people qui casse tout », fustigeant le départ de l'EAI et de l'Emsam de la ville « sans aucune concertation », ainsi que « la médecine à deux vitesses, les syndicats humiliés, les élèves fichés dès 13 ans »...
Le premier secrétaire fédéral du PS, Robert Navarro, a rappelé les qualités de Jaurès : « L'humilité, l'authenticité, un sens aigu de la justice et une rigueur intellectuelle. » Autant de qualités dont il serait souhaitable, au niveau national, « que beaucoup de nos dirigeants s'imprègnent ». Plutôt que de tirer à boulets rouges, le président de la Région et de l'Agglo, Georges Frêche, a, lui, préféré parler de demain. « Il n'y a d'avenir pour la gauche, dans l'Europe, que s'il y a un programme pour le XXIe siècle. Il faut d'abord se battre sur les idées » et, pour ce faire, « s'inspirer des Anglo- Saxons, des Américains. Si nous voulons des lendemains meilleurs, alors il faut cesser de nous appuyer sur le passé. Ce qui compte, c'est l'avenir. »

Midi Libre

jeudi, 31 juillet 2008

Hommage à Jean Jaurès

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Jean Jaurès est né en 1859 à Castres (Tarn). Après de brillantes études de philosophie, (il obtiendra son doctorat en philosophie en 1892. Sa thèse s'intitule De la réalité du monde sensible, sa thèse secondaire, en latin, Des origines du socialisme chez Luther, Kant, Fichte et Hegel), il enseigne à Albi puis à Toulouse. En 1885, il devient député du Tarn sous une étiquette républicaine. Son activité de journaliste commence à peu près à la même période, à La Dépêche, à partir de 1887. Conseiller municipal puis maire adjoint de Toulouse, Jaurès est un connaisseur du monde ouvrier. Ayant en outre étudié la pensée et les militants socialistes, il s'en rapproche de plus en plus, le baptême étant la grève de mineurs de Carmaux. Il est alors assez proche de Jules Guesde , le chef de file du courant marxiste dans une famille socialiste française encore en reconstruction et éclatée en petits partis. En 1898, il perd son siège de député. Il le retrouvera en 1902, jusqu'à sa mort.

Jaurès est à la tête du Parti socialiste français avec Edouard Vaillant. Il représente un courant bourgeois et pragmatique. Socialistes non marxistes, les amis de Jaurès soutiennent la participation des socialistes au gouvernement de Bloc des Gauches. C'est la première fois que des socialistes deviennent ministres (Millerand et Briand dans les gouvernements Waldeck-Rousseau puis Combes). Soucieux d'affermir la République, Jaurès est l'un des pères de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Issu lui-même d'une tradition catholique, il défend l'idée que les croyances religieuses d'un individu ne sauraient le priver d'appartenir lui aussi à une communauté de destin.
Auparavant, il a joué un rôle fondamental dans l'Affaire Dreyfus. Cette affaire qui a 2717562c08a1deb5867b2692b1aa53f1.jpgdivisé la France en deux camps a aussi divisé la gauche. D'un côté le vieux fond anticapitaliste teinté d'antisémitisme d'un Guesde l'entraîne à ne pas choisir le camp dreyfusard, par définition " bourgeois ". De l'autre, Jaurès, Blum ou Lucien Herr, hommes de gauche, attachés avant tout au triomphe de la vérité. Désormais, la gauche sera du côté des droits de l'homme, quoiqu'il arrive.

L'Affaire Dreyfus marque aussi la naissance d'une génération politique. Elle choisit ses maîtres à penser. Jaurès est l'un deux.

Dans le même temps, Jaurès bataille dur au sein de la famille socialiste pour son unité. Le Congrès de 1904 de l'Internationale socialiste, réuni à Amsterdam, enjoint les socialistes français à trouver la voie de l'unité, ce qui est obtenu en 1905 avec la fondation de la Section française de l'Internationale ouvrière. Certes, il est mis en minorité sur la question de la participation des socialistes au gouvernement (lui est pour, mais les autres s'émeuvent de la présence dans le même cabinet d'un général qui a participé à la répression de la Commune), mais il accepte de faire l'unité avec Guesde. Dès lors, c'est Jaurès qui sera la figure la plus importante de la jeune SFIO. Après le combat en faveur de la révision du procès du capitaine Dreyfus, le combat le plus important de Jaurès sera en faveur du pacifisme. Il s'est battu contre la loi des trois ans (trois ans de service militaire) et il milite contre l'impérialisme français qui, ne se différenciant pas de la politique allemande, participe d'un dangereux engrenage qui met la paix de l'Europe en danger. Il devient dès lors l'homme à abattre pour les nationalistes. Il est assassiné le 31 juillet 1914 au Café du Croissant, à Paris, par un nationaliste. Ses cendres seront transférées au Panthéon en 1924.
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Hommage à Jean Jaurès : rendez vous à 18h30, place Jean Jaurès, Montpellier

mercredi, 30 juillet 2008

Sénatoriales

L'an dernier, au cours d'une élection sénatoriale partielle, le maire de Béziers UMP a été élu sénateur de l'Hérault, alors que la candidate socialiste devait en principe gagner cette élection. Cela étant, après d'obscures trahisons et manipulations, c'est bien la droite qui a finalement gagné une voix supplémentaire au Sénat. Sur le coup, l'enjeu de cette élection, au-delà des aspects locaux, n'était sans doute pas très apparent.
Pourtant, lundi dernier, la révision constitutionnelle souhaitée par l'UMP est passée d'une seule voix !
Rétrospectivement, on mesure donc mieux l'enjeu de cette élection.
Alors, le 21 septembre prochain, il faut espérer que pour le renouvellement des sièges 4d1a3b63476e91933a029cc25717ddca.jpgdes sénateurs de l'Hérault les grands électeurs de gauche voteront "utile" pour la liste de rassemblement conduite par Robert Navarro soutenue par le Parti Socialiste

Sébastien Denaja

mardi, 29 juillet 2008

Les amitiés artificielles

3b6b01e148b373f8c29590d5e04b69ad.jpgNicolas Sarkozy a affirmé hier qu'il y avait une grande convergence de vues entre Barack Obama et lui.

Au-delà de la mise en scène, Obama dont l'engagement politique initial fut de tenter d'améliorer le quotidien des habitants des quartiers populaires de Chicago a-t-il vraiment quelque chose en commun avec celui qui prétend vouloir nettoyer au Kärcher les mêmes quartiers populaires en France pour se débarrasser de ce qu'il appelle la « racaille».

Sinon Barack Obama aurait-il décidé de passer deux fois plus de temps en Allemagne et au Royaume-Uni qu'en France, pourtant présidente en exercice de l'Union européenne ? L'idylle fût bien rapide...

Mais pour Nicolas Sarkozy, tout est bon à prendre tant que c'est rentable. Celui qui hier se mettait à genoux devant Georges W.Bush estime aujourd'hui que Barack Obama est son « copain ». Et commet des gaffes qui passent inaperçues. Il a déclaré : « Depuis trois décennies, tous vos ministres des affaires étrangères n'ont pas des noms américains : Madame Albright, Colin Powell, Madame Rice.» Rice ? Powell? Quoi de plus américains que ces patronymes ? Nicolas Sarkozy confondrait-il les noms de famille et la couleur de peau ? Que n'aurait-on entendu si Ségolène Royal avait fait cette gaffe...

Pendant ce temps-là, c'est dans le silence le plus total que se ferment les bases militaires. Les communes françaises restent, encore une fois, seules face au désengagement de l' État dans les territoires...

Posté par l'équipe de Ségolène Royal
Désirs d'avenir

lundi, 28 juillet 2008

Pour un Parti socialiste cohérent et solidaire

Par une quarantaine d'élus socialistes (députés, sénateurs, présidents de conseil général, maires)

Dans le cadre de la préparation du congrès du Parti socialiste, prévu en novembre, l’essentiel du débat ne peut plus être entre nous. Il doit être une confrontation idéologique avec la droite et devant les Français. Il y a donc urgence, pour nous socialistes, à agir pour que notre congrès soit une réussite qui nous permette d’être utiles aux Français, nous renforce et renforce la gauche. Nous sommes issus de plusieurs contributions différentes. Nous avons constaté que les différences qui peuvent exister entre nos textes respectifs sont minces. A contrario, ce qui les rapproche - et donc les unit - est considérable. Plutôt que de cultiver les différences, mieux vaut faire le constat de nos convergences.

Face à une droite dont la politique échoue à redonner confiance et creuse les inégalités, nous sommes favorables à une politique de soutien de l’investissement, de développement durable et de redistribution privilégiant les revenus du travail. Dans le contexte de la hausse du prix du pétrole, et plus largement de l’impact de la hausse des coûts de l’énergie sur les plus modestes, nous plaçons la prise en compte des mutations énergétiques au cœur de notre engagement pour l’avenir.

Dans le souci d’une efficacité accrue dans la déconstruction de la politique de la droite et du renforcement de la visibilité des propositions du PS, nous souhaitons que les militant(e)s soient associé(e)s le plus largement possibles aux prises de décisions. En organisant des conférences militantes et des conventions nationales sur les sujets les plus importants (politique économique, modèle social, modèle de développement…), nous permettrons à la diversité militante de notre parti de s’exprimer.

Cependant, dès lors que les votes seront intervenus, les décisions prises collectivement s’imposeront à tous. C’est la condition essentielle de la cohérence de notre organisation et donc de notre crédibilité. Pour créer une dynamique de changement dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, nous proposerons à la gauche de gouvernement une stratégie de rassemblement sur la base d’un contrat de gouvernement.

Concernant la désignation du (de la) prochain(e) candidat(e) du Parti socialiste pour l’élection présidentielle de 2012, nous indiquons avec force que les militant(e)s du PS doivent rester les seuls dépositaires, par leur vote, de ce choix. En aucun cas cette option n’exclut la perspective, dans un second temps, d’une primaire avec les autres partis de gauche. Nous considérons qu’il y a urgence à présent à dessiner les contours de la future majorité du PS, qui devra être rassemblée et surtout cohérente. Nous devons, dans les trois ans à venir, préparer une véritable alternative, en étant clairs dans notre stratégie et solidaires dans notre organisation, pour qu’un contrat de direction donne sa force à la majorité dans le respect de la minorité.

Nous appelons donc les socialistes qui se reconnaissent dans cette démarche, à l’unité dans la clarté, car c’est cette cohérence qui nous permettra d’être en situation, le moment venu, de rester fidèle à notre promesse, celle d’un grand Parti socialiste, permettant de lever l’espérance pour nos concitoyens en 2012.

* Didier Arnal, président du conseil général du Val-d’Oise, Bertrand Auban, sénateur (31), Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays-de-la-Loire, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, Serge Bardy, premier secrétaire fédéral (49), Jean-Pierre Bel, sénateur (09), Yves Blein, maire de Feyzin, Monique Boulestin, députée (87), Sylviane Bulteau, vice-présidente du conseil régional des Pays-de-la-Loire, Denise Cacheux, Frédéric Cuvillier, député-maire de Boulogne-sur-Mer, Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque, Jean-Paul Denanot, président du conseil régional du Limousin, Bernard Derosier, président du conseil général du Nord,député, Julien Dray, député (91), Olivier Falorni, premier secrétaire fédéral (17), Jean Germain, maire de Tours, Karine Gloanec-Maurin, première secrétaire fédérale (41), Alain Gralepois, premier secrétaire fédéral (44), Bernard Haesebroeck, maire d’Armentières, Liliane Jean, Faouzi Lamdaoui, adjoint au maire d’Argenteuil, Martine Lignières-Cassou, députée-maire de Pau, Stéphane Le Foll, député européen (72), Bruno Le Roux, député (93), Frédéric Leveillé, premier secrétaire fédéral (61), Jean-Jacques Lozach, président du conseil général de la Creuse, Victorin Lurel, président du conseil général de Guadeloupe, député, Patrick Mareschal, président du conseil général de Loire-Atlantique, Pierre Mauroy, sénateur (59), Rémy Pauvros, maire de Maubeuge, Jean-Luc Perat, député (59), Bruno Rebelle, Pierre Regnault, maire de la Roche-sur-Yon, Alain Rodet, député-maire de Limoges, Bernard Roman, député (59), Michel Sapin, député (36), Michel Sergent, sénateur (62), Pascal Terrasse, président du conseil général de l’Ardèche, député, André Vallini, président du conseil général de l’Isère.

dimanche, 27 juillet 2008

Le mauvais sacre de Versailles

Nicolas Sarkozy cherchait une victoire sur les institutions, mais d’abord sur sa majorité pour la soumettre, et sur l’opposition pour la diviser. Il cherchait une victoire pour redorer un blason déprécié par un an d’échecs et d’injustices. Il voulait une victoire pour faire oublier tout le reste, ses comportements, ses emballements, ses excès, ses erreurs, et pour finir, une crise économique et morale.

Il voulait une victoire et ne répugnait à aucune manœuvre : pressions sur ses propres amis, menaces d’un redécoupage dont tel ou tel député pourrait se retrouver victime, promesses de faveur, de promotion, voir de domination… Tout se négociait, se payait, s’arrachait. Une voix est une voix, qu’importent les moyens.

Les radicaux de gauche faisaient l’objet de toutes les sollicitations. Un groupe leur était proposé à l’Assemblée nationale et au Sénat, jusqu’à offrir à l’un de leurs anciens présidents, une élévation au titre de Conseiller d’État.
Finalement la victoire de Nicolas Sarkozy fut celle de Pyrrhus. À peine deux voix. Celle du Président de l’Assemblée nationale, Président du Congrès, qui par tradition ne devait pas voter et l’a fait. Et celle de Jack Lang, dont on savait depuis le départ, depuis sa présence dans la Commission Balladur, qu’il avait été prévu pour ça. Mais quand même, quelle petite marge pour une petite réforme, illustrant de petites manœuvres.

Je veux donner deux rendez-vous après ce Versailles, journée des dupes. Le premier c’est l’année prochaine, même jour même heure, pour constater ce qu’il en est de l’application de la réforme. Je prends le pari, hélas, que c’est le Président de la République qui aura, par la révision de la Constitution, encore élargit ses pouvoirs, et que ce qui a été concédé au Parlement, ne sera en définitive que virtualité, illusion, miette, poussière. Et puis le second rendez-vous, c’est celui d’une vraie réforme de nos institutions, celle que la gauche doit au pays et qui devra être présentée en 2012 à l’occasion des élections présidentielles.

Mais ce qui a été le plus symbolique, comme illustration de l’omniprésidence de Nicolas Sarkozy, c’est ce que j’appelle la métaphore de Dublin. C’est en effet dans la capitale Irlandaise que Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence de presse à côté du Premier ministre de ce beau pays, a commenté ce qu’il appelait « sa victoire » et qu’il a jeté ses feux sur une opposition supposée rigide, conservatrice, immobile. Incroyable spectacle que de voir un Président Français en déplacement dans un pays européen se livrer à une joute de politique intérieure devant un Premier ministre Irlandais médusé, n’en croyant pas ses yeux. Quelle confusion des genres, des rôles, des lieux, des places.

Nicolas Sarkozy veut être partout, parler partout. À Dublin pour commenter le petit OUI à la Constitution, et bientôt au Congrès de Versailles où il pourra s’exprimer, puisque c’est ce qu’il voulait, pour parler peut-être du NON des Irlandais. Allez comprendre… C’est pourtant simple, Nicolas Sarkozy veut être le seul acteur de la vie publique, le seul à parler, le seul à décider, le seul à se contempler, à se regarder agir pendant que les Français, ravalés au rang de spectateurs, aspirent pourtant à dire leur mot en citoyens. Le jour de la démocratie sera celui précisément où les citoyens prendront la responsabilité d’arrêter le spectacle.
François Hollande

samedi, 26 juillet 2008

Fin de saison

L’été est là, enfin, l’actualité s’allège, la saison politique touche à sa fin. Qu’en dire aujourd’hui ?
La querelle institutionnelle est déjà dernière nous, elle produit ses derniers effets, Nicolas Sarkozy s’efforce d’en toucher les derniers dividendes. Le bilan que j’ai établi ici de ce débat ne me semble plus, désormais, contesté. Jack Lang apparaît désormais pour ce qu’il est : ni un traître à une cause qui n’est plus vraiment la sienne, ni un héros républicain, mais un socialiste d’hier, qui a quitté la gauche et vogue vers les honneurs publics décernés par le maître de l’heure. Ceux qui, dans nos rangs, l’ont accablé, ne se sont pas grandis. Car en vérité c’est à l’automne dernier, au moment où il a accepté, après quelques palinodies, la Vice-Présidence du comité Balladur – dont il rêvait, en fait – que Jack s’est éloigné de nous. Son adhésion aux idées du PS est depuis lors une fiction, plus ou moins bien entretenue de part et d’autre : constatons, aujourd’hui, que nos chemins s’écartent, faisons le sans recourir à des procédures disciplinaires qui n’auraient pas de sens, faisons le dans la dignité, sans insultes inutiles, sans victimisation factice aussi. Mardi, au groupe socialiste, certains, comme Julien Dray, demandaient l’exclusion de Jack Lang, absent, alors que les députés PRG qui, eux aussi, ont voté oui, étaient benoîtement présents, sans que cela suscite des commentaires. Le véritable problème politique pour demain est pourtant là. La prochaine cible de Sarkozy, le prochain coup qu’il veut porter à la gauche, en effet, est la réunification de la « famille » radicale, sous l’égide de Jean-Louis Borloo, favorisée par l’abaissement à quinze du nombre de députés nécessaire pour former un groupe à l’Assemblée nationale – qui ne doit rien au hasard, évidemment. Jean-Michel Baylet, dans « le Parisien », a protesté, la main sur le cœur, de son engagement à gauche : soit, il faudra toutefois le vérifier au lendemain des sénatoriales. Pendant ce temps-là, le Président de la République plastronne, il a célébré sa victoire en invitant à l’Élysée les députés et sénateurs… qui avaient voté oui, comme s’il y avait deux espèces de parlementaires. Le procédé est incroyable, doublement. Le Chef de l’État, théoriquement Président de tous les Français, se comporte comme s’il était uniquement le premier responsable de la majorité. De plus, il semble considérer qu’une nouvelle majorité est née à Versailles, réunissant, outre l’UMP et le « Nouveau centre », les Radicaux de gauche de Jack Lang, qui ont eu le bon réflexe de ne pas se rendre à cette petite fête entre amis. Décidément, il y a quelque chose de vicié dans cette République, qui n’est pas la propriété d’un clan, mais celle d’un chef de clan.


Pierre Moscovici

vendredi, 25 juillet 2008

Responsabilité : apparence et réalité

Cette histoire de Jack Lang, je dois l’avouer, me turlupine quand même, d’autant plus qu’Olivier ce matin me dit sur mon blog, que sommes toutes, « techniquement, la voix de Jack Lang ne fait pas basculer le vote puisqu’il y a une voix de plus que la majorité requise ». Il a raison !

Oui mais voilà, celle de l’UMP Raymond Couderc, le sénateur maire de Béziers élu, (contre toute attente), l’année dernière au mois d’août en remplacement du sortant André Vézinhet devenu député, si !

Alors, plus encore que Jack Lang, c’est ceux (et celles) qui ont contribué à faire battre la candidate socialiste à l’élection partielle qu’il faut incriminer. Et demander à François Hollande de ne rien oublier, au cas où les mêmes s’apprêteraient à réitérer les mêmes turpitudes. Pour faire battre encore une femme socialiste à l’élection sénatoriale qui vient ? Ou sacrifier encore à quelques ambitions personnelles en foulant du pied le poids de leur (réelle) responsabilité ?

Geneviev Tapié