: "Un million de chômeurs et 600 milliards de dettes en plus, perte du AAA, ce n'est plus un bilan, c'est un dépôt de bilan".
vendredi, 27 janvier 2012
Pauvre Alain !
Jacques Chirac sort de la réserve que lui impose son appartenance au Conseil constitutionnel. Moins atteint par l'anosognosie que ce qu'on pouvait imaginer, il a accepté d'arbitrer pour Rue89 le débat qui a opposé ce soir son fils préféré, le « meilleur d'entre nous », et le nouvel homme fort de sa Corrèze, pour qui il a déclaré vouloir voter.
Mes très chers compatriotes,
J'ai pour Alain Juppé, vous le savez, estime et affection. Il a toujours été de ces hommes qui savent faire preuve de fidélité et de courage dans l'épreuve. De ces hommes pour qui servir son pays signifie d'abord trouver des solutions aux problèmes des Français, de tous les Français. Il était naturel que ce soit à lui qu'incombe ce soir cette tâche – il est vrai difficile – de représenter une famille politique ne doutant plus de rien et surtout pas d'elle-même.
François Hollande, qui a choisi un autre chemin, n'en est pas moins homme de qualité. Je dirais même : il a l'étoffe d'un homme d'Etat. J'ai eu l'occasion, il y a quelques mois, de lui exprimer mon soutien sur ces belles terres de Corrèze. C'est vous dire si ce soir mon cœur était partagé.
Je vais vous le dire sans détour : la maison UMP brûle. Ce soir, son plus brillant élément, celui qui devait tester la stature présidentielle de François Hollande, s'y est cassé les dents.
« Souriez, Alain, souriez »
Mon pauvre Alain ! On l'attendait pour parler de l'avenir de la France, de l'avenir de l'Europe. Il n'a su montrer qu'un visage réjoui des pièges qu'il s'apprêtait à tendre à son adversaire. Dire « Sarko » pour obliger Hollande, en le reprenant, à prononcer ce nom de Sarkozy qu'il voulait taire, est-ce vraiment du niveau de mon ancien Premier ministre ? Aurait-il dit « Chichi » en public que je lui aurais botté le cul. La fréquentation de ces gens-là lui aura fait oublier jusqu'au respect des titres et des institutions.
J'ai passé vingt ans à lui répéter « souriez, Alain, souriez » mais, voyez-vous, à 66 ans, il persiste à confondre un sourire qui vous rend sympathique et ce rictus autosatisfait. Il n'y arrivera jamais. Pas plus qu'il ne parviendra à justifier ce qu'il fait dans un gouvernement qu'il a eu raison, par le passé, de ne pas ménager. Il aurait marqué des points, ce soir, en prenant ses distances avec cette maladroite affaire du paquet fiscal. Mais il n'a pas voulu saisir cette perche que lui tendait son adversaire.
L'avenir du monde est en jeu et le voilà, dans un salon, qui déclame du Corneille ! « L'obscure clarté », « l'obscure clarté », mais ils vont tous finir par y retourner !
Alain affirme n'avoir rien compris au programme fiscal et budgétaire des socialistes. Je ne vais pas le nier : moi non plus. J'ai cru qu'Alain tenait le bon bout. Carré, professoral, parfaitement ennuyeux : du bon Juppé. Il a même réussi, avec sa malice habituelle, à pousser Hollande à avouer dans quels services publics il continuerait à ne pas remplacer tous les départs à la retraite [tous sauf l'éducation, la justice, l'intérieur, la gendarmerie et Pôle emploi, ndlr]. Juppé allié objectif des futurs grévistes, c'est la meilleure de l'année.
« La TVA sociale, ce truc à emmerdes »
Mais à ma troisième Corona, ça n'a pas loupé : excès de confiance. Mépris. Du mauvais Juppé. Applaudir la solidarité des groupes du CAC 40 envers les PME, ça va bien dans les colloques du baron Seillière. A la télé, ça fait rire tout le monde. Et Hollande peut raconter qu'il a labouré la France, lui, et qu'il écoute les Français.
A force d'aimer les chiffres, Alain oublie les gens. Serrer des mains l'a toujours dégoûté... Or ce garçon n'apprend rien. Je lui avais autrefois expliqué que la TVA sociale serait un truc à emmerdes, voici qu'il s'en fait le chantre.
Chauffé comme en novembre 1995, toujours droit dans ses foutues bottes, « je n'ai pas à rougir de ce que j'ai fait » par ci, « je parlais de votre arrogance, faites attention » par là, mon poulain s'est carbonisé.
Loyal plus que de raison, ça l'a déjà perdu, le voilà qui pour un bon mot admet publiquement que la France ne peut plus discuter avec la Chine. Le voilà qui moque la volonté d'Hollande de parler d'égal à égal avec les Chinois, de grand pays à grand pays ! Croire en la France, défendre sa grandeur, c'est ce qui a toujours contribué à la rendre plus forte, plus prospère ; pas vacillante au moindre éternuement d'une agence de notation.
Mes chers compatriotes, je vais me coucher. Vive la République, vive la France !
Jacques Chirac (p.c.c. Zineb Dryef et Mathieu Deslandes)
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Les propositions de François Hollande
Le programme du candidat socialiste (PDF), appelé ses "60 engagements pour la France" destinés à "redresser" et "rassembler la France", passe par des priorités assumées comme une profonde réforme de la fiscalité, des mesures en faveur des petites et moyennes entreprises (PME) et des propositions sur l'éducation et la jeunesse.

Chiffrage du projet. Dans ces quarante pages, François Hollande affirme que les"mesures nouvelles" liées à ses priorités coûteront, au terme d'une montée en charge progressive, jusqu'à "20 milliards d'euros à l'horizon 2017", dernière année de son quinquennat s'il est élu en mai. Côté recettes, son projet prévoit l'annulation de 29 milliards d'euros de niches fiscales. L'ensemble du projet se fonde sur des hypothèses de croissance de l'économie française de 2 à 2,5 % en fin de mandat.
Education. Le candidat, qui a fait de l'éducation et de la jeunesse sa priorité, réaffirme la création de 60 000 postes dans ce secteur en cinq ans. Il précise qu'il fera en sorte que "les enfants de moins de 3 ans" puissent être accueillis en maternelle. Mais il ne parle plus des 500 000 places en crèche promises en novembre 2011 : le grand service de la petite enfance semble avoir fait les frais de la rigueur affichée du projet.
Le député de la Corrèze dit vouloir augmenter de 25 % "l'allocation de rentrée scolaire" dès septembre. Et promet d'offrir à tout jeune déscolarisé de 16 à 18 ans une solution de formation, d'apprentissage ou un service civique.
Fiscalité. M. Hollande confirme ses mesures-phares : une grande réforme fiscale et la création d'une "tranche supplémentaire de 45 % pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par part". Il donne la "priorité" aux PME, avec la création d'une Banque publique d'investissement et une refonte de l'impôt sur les sociétés au profit de ces entreprises.
Le candidat annonce également qu'il orientera les financements publics et allégements fiscaux vers les entreprises qui investiront sur le territoire français. Il précise aussi les contours du nouveau "livret d'épargne industrie" dédié au financement des PME, et le doublement du plafond du "livret développement durable" qui passera de 6 000 à 12 000 euros. M. Hollande met aussi en avant la taxation des bénéfices des banques, qui augmentera de 15 %. Le projet confirme la séparation de leurs activités (investissement et emploi / opérations spéculatives).
Emploi. M. Hollande annonce la création de 150 000 emplois pour l'insertion des jeunes. Il propose un "contrat de génération" pour permettre l'embauche en CDI, par les entreprises, de jeunes accompagnés par un senior, qui sera lui maintenu dans l'emploi jusqu'à son départ à la retraite.
Nucléaire. Le candidat PS assure qu'il engagera la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 % à 50 % "à l'horizon 2025". Il confirme la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), comme l'achèvement de l'EPR de Flamanville (Manche).
Institutions. M. Hollande veut porter à dix ans la durée d'inéligibilité des élus condamnés pour faits de corruption. Il confirme par ailleurs qu'il fera "voter une loi sur le non-cumul des mandats" et qu'il introduira "une part de proportionnelle à l'Assemblée nationale". Confirmant encore de précédents propos, M. Hollande ajoute qu'il veut réformer "le statut pénal du chef de l'Etat" et qu'il réduira "de 30 % la rémunération du président de la République et des ministres". Souhaitantapparaître comme le président qui "ouvrira" de nouveaux droits, il annonce "le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels" et celui pour les étrangers"résidant légalement en France depuis cinq ans" de voter aux élections locales.
Sylvia Zappi
Le Monde
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jeudi, 26 janvier 2012
La force H
Assurément le candidat Hollande a pris son envol vers l'Elysée ce dimanche au Bourget. Une nouvelle phase commence pour le candidat socialiste, résolument offensive. Au-delà des annonces multiples qui esquissent le futur projet présidentiel, le socialiste a fendu l'armure pour dévoiler son atout majeur : l'empathie. "Moi j'aime les gens" a-t-il déclaré. H comme Hollande, H comme Humanisme. Parti pris et assumé.
Les personnes présentes au Bourget ont trouvé ce qu'elles étaient venues chercher. L'assurance que leur choix est le bon, que leur candidat est l'homme de la situation. Devant un public galvanisé, François Hollande n'avait pas besoin de forcer son talent oratoire pour mettre le feu devant une salle qui n'attendait qu'une étincelle pour s'enflammer. Il a pourtant signé une prestation remarquée aux allures de moment fondateur d'un possible futur Chef de l'Etat. "Au Bourget le président François Hollande est né" titre d'ailleurs, séduit, Le Nouvel Observateur. Libération parle de son côté d'un discours à clefs.
Pas de débit saccadé, pas d'humour déplacé, pas de mollesse affichée. Le député de Corrèze a plutôt réussi un exercice difficile qui consiste à parler vrai,avec ses tripes. Et ça, ça ne trompe pas. Sans tomber non plus dans le piège d'un anti-sarkozysme facile même si le bilan du président sortant a toujours été en creux du projet Hollandais.
La vraie originalité du Corrézien, c'est d'avoir été fidèle à lui-même. En ne recourant pas aux ressorts utilisés par certains de ses adversaires qui consistent à jouer sur la haine qu'elle soit à l'égard de l'élite, du système, des étrangers ou d'une catégorie politique. A l'inverse le candidat Hollande a réitéré ce qui lui valait hier encore tous les sarcasmes : sa normalité et sa volonté de renouer avec le rêve français. La fidélité, elle est aussi dans un parler vrai qui a consisté à dire qu'avant toute redistribution possible, il y aura des efforts à accomplir par tous, selon ses moyens.
La Mouette
Car c'est bien le grand retour de la République dont a parlé François Hollande. Une république, dépoussiérée, réenchantée reposant sur un triptyque inédit : Justice, Egalité, et Humanité. Les sceptiques n'y verront qu'un miroir aux alouettes. Les autres peut être une lueur d'espoir dans une période particulièrement sombre mais surtout la volonté d'affronter ensemble, dans une unité du pays retrouvée, les épreuves de demain.
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mercredi, 25 janvier 2012
Personne ne sera laissé sur le côté
14:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 24 janvier 2012
LE FLAMBEAU DE LA REPUBLIQUE
Tous les socialistes connaissent le parcours et les qualités de celui qui fut pendant onze années leur premier secrétaire: la connaissance intime d'un pays qu'il a tant sillonné, de fêtes de la rose en banquets républicains, qu'il a noué un lien puissant avec les territoires et leurs habitants; un esprit structuré capable de définir avec précision les problématiques les plus complexes pour en cerner les solutions possibles; une détermination tranquille inspirée par cette « ambition d'être utile » transmise, nous a-t-il dit hier, par l'exemple de la générosité de sa mère.
Loin de tout volontarisme surjoué, sans promettre des mesures impossibles avant d'avoir engagé le redressement de notre économie, François Hollande hier au Bourget était convaincant, entraînant, parce qu'il était lui-même, tout simplement.
Cette sincérité d'un homme qui parle avec son coeur, dans la complète harmonie entre son itinéraire personnel et son projet pour la France, chacun dans la salle a pu la ressentir, la partager, y puiser la confiance pour avancer ensemble vers la victoire en mai prochain.
Au-delà des orientations précises que notre candidat a tracées pour restaurer la justice et l'égalité, j'ai particulièrement goûté la réappropriation par les socialistes de la République malmenée depuis 5 ans. Quel soulagement d'entendre que les nominations abusives n'auront plus cours, que les puissances d'argent n'auront plus le pouvoir, que l'unité nationale ne sera plus attaquée, que les libertés publiques ne seront plus bradées.
Depuis cinq ans, les Français n'ont pas seulement subi les effets d'une politique économique désastreuse qui les a paupérisés. Ils ont aussi assisté, impuissants, à de véritables attaques contre la cohésion nationale, contre les valeurs façonnées par l'Histoire, contre les équilibre de nos institutions.
Dimanche, la foule du Bourget a pris dans ses mains le flambeau de la République, autour de François Hollande, avec cette conviction d'avoir assisté à la rencontre entre le destin d'un homme et celui d'un pays.
Bernard Roman
13:28 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 23 janvier 2012
Hollande 2012

Dans mon billet juste précédent, j'exprimais que la qualité d'un discours se mesurait à l'aune de la force qu'il donnait à ceux auxquels il était destiné. Le discours de François Hollande au Bourget, de ce point de vue comme de tous les autres, est alors de tout premier niveau.
Peu de politiques, de gauche comme de droite, ont cette force de donner de la force. C'est une qualité essentielle, c'est une qualité exceptionnelle. Et dont le fondement, très simple, est peut-être d'être soi-même et d'être auteur en même temps que porteur du discours.
Après un "brain storming" avec son équipe la plus proche, François Hollande a écrit lui-même ce discours, de la fibre dont il est construit, de la main qui est la sienne. Il ne pouvait en être autrement de sa part. A La Rochelle, sur le terrain, je l'ai écouté maintes fois : jamais il n'a été autrement. Pas toujours peut-être à ce niveau exceptionnel du Bourget, mais toujours si généreux de lui-même que cet élan qui ne tient pas qu'au choix des mots ni à la force de la langue se transmettait à ceux qui l'écoutaient.
"L'homme politique le plus doué de sa génération". Les mots sont de Ségolène Royal et ils sont vrais. Qualités humaines, attention à l'autre, courage, détermination, et en plus de cela intelligence, vive, pétillante, joyeuse, amicale, François est doué, doté. L'intelligence, que j'ai placée en dernier, n'est qu'un outil au service des qualités placées avant elles, mais reconnaissons que quand elle manque, le cerveau, ce spectateur pincé dès qu'il n'est plus acteur, a du mal à adhérer.
François a tout cela et le discours du Bourget vient une fois de plus de nous le montrer. Amical, selon sa nature, magistral selon la mission qu'il s'est assignée. J'ose à peine dire : comparez avec la lecture des discours de Guaino par Sarkozy. La voix, le stimulus d'être en haut de l'affiche, ont un instant (trop long) fait illusion. La voix, le parler, se sont "remplis de craie" comme disent les Allemands parlant du grand méchant loup voulant séduire le petit chaperon rouge et plus personne ne trouve ni plaisir, ni force à écouter Sarkozy. Mais ce n'est déjà plus la question.
Un petit amusement pourtant : imaginer, en ce moment même, la cellule riposte de l'Elysée plancher sur les éléments de langage à distribuer aux Ministres, aux élus et jusqu'aux préfets pour dénigrer le discours de Hollande. Heureusement, la plupart de ceux- là sont déjà chauves.
La question n'est pas non plus : François peut-il gagner ? Elle est aujourd'hui une affirmation : il doit gagner. Lui seul, lui seul peut rendre palpable ce désir, cette exigence de nous mobiliser tous pour reconstruire notre pays, lui faire retrouver, non le rêve (je suis des grincheux qui ont critiqué le mot), mais la force de prendre chacun notre part de responsabilité pour redonner toute sa grandeur, non seulement à la fonction présidentielle, mais au rôle de chacun de nous.
Michele Delaunay
14:49 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
François Hollande :discours fondateur
14:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 20 janvier 2012
Le triple A est mort, vive Sarkozy !

Depuis plusieurs semaines, la question n'était plus de savoir si la France allait perdre son triple A, mais quand cette annonce interviendrait. Les milieux financiers avaient anticipé cette dégradation, François Hollande la pressentait imminente et intégrait cette donnée dans ses propositions, et Nicolas Sarkozy lui-même ne déclarait plus qu'il était « mort » si la note de la France venait à être abaissée.
Ainsi, après avoir imposé aux Français la réforme des retraites, le démantèlement des services publics et deux plans de rigueur en quatre mois au nom de l'impérieuse nécessité de conserver le triple A de la France, le président de la République fait mine d'ignorer purement et simplement la décision de Standard & Poor's.
Comment celui qui a bâti toute sa mythologie personnelle sur l'action, la responsabilité, la culture du résultat, ose-t-il se dérober à ce point? Il ne peut se retrancher derrière la crise, puisque des pays comme l'Allemagne, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, conservent leur triple A. C'est bien sa politique qui est sanctionnée: le choix de la rigueur au détriment de la croissance; l'aggravation de la dette, dont le taux est passé de 64% du PIB en 2007 à 87% en 2011; le poids de cette dette, qui depuis 2002 s'est alourdie de 900 milliards d'euros.
Entendre aujourd'hui des ministres qui sont aux affaires depuis dix ans mettre en cause la gestion socialiste est tout simplement une escroquerie intellectuelle. Les critères de Maastricht n'ont été respectés que sous le gouvernement de Lionel Jospin.
Mais c'est surtout la lâcheté de la majorité qui frappe. Le chômage, la pauvreté, la précarité, les déficits, tous ces indicateurs sont au rouge, mais personne au gouvernement ni dans la majorité ne s'en juge responsable.
Lundi dernier, François Fillon reprochait à François Hollande d'avoir décrit une France « affaiblie, abaissée, abîmée, dégradée ». Le lendemain, le président de l'Assemblée nationale prédisait « la guerre » si le programme du PS entrait en application. Ce matin, madame Pécresse proclame « caduc » le programme de François Hollande. Ce serait risible si ce n'était aussi stupide.
Bernard Roman
08:13 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mercredi, 18 janvier 2012
Conseil municipal hors norme!
Ce fut un conseil municipal extraordinaire.
Extraordinaire par son ordre du jour: la destruction de la vieille poste
Extraordinaire par sa forme : une conférence des présidents de groupe qui décide d'un temps de parole limité à 10 minutes...sauf que cette conférence des presidents s'est déroulé dans un tête à tête entre le maire et le président du groupe de la majorité municipale, les autres étant absents faute d'avoir reçu à temps la convocation..... On a connu plus démocratique !
Extraordinaire par son déroulement: Raymond Couderc avait fait venir tous ses colleurs d'affiches dès 5 heures dans les places réservées au public, avec de grandes pancartes. Nous n'avons pas pu accéder à la salle du conseil municipal, étant empéchés d'entrer par la police municipale, très nombreuse ce soir là!!
Au nom de la majorité, Florence Crouzet a expliqué, sans rire , qu'il était nécessaire de créer des "espaces de respiration " dans un tissu urbain trop dense, et donc de démolir la poste. Il faudra qu'elle nous explique pourquoi, sur des "espaces de respiration " comme la place Jean Jaurès, le maire veut construire de nouvelles halles.... Mais peut être, cette place est-elle trop vaste à son goût!!
Aude Tastavy s'est étonné que le sujet du jour ne soit pas la mise en protection du batiment qui a été détérioré par la volonté du maire. Celui ci n'a pas respecté les différentes décisions de justice et savait pertinemement que le permis de démolir était caduc. C'est la politique de la terre brulée et du fait accompli qu'il a mis en oeuvre. Comment d'ailleurs pourra-t-il faire traduire en justice des Biterrois pour infraction au code de l'urbanisme alors que lui même ne le respecte pas ? Suivant l'exemple du maire, ils n'auront qu'à plaider la relaxe!
Pierre Calllamand a eu alors une comparaison judicieuse au vu du comportement de Couderc et de son action: il agit comme Ceaucescu qui a détruit Bucarest pour satisfaire sa mégalomanie.
He oui! Les Roumains avaient le "génie des Carpates", le Danube de la pensée ". A Béziers, c'est "le génie de l'Orb " qui détruit le patrimoine de la ville!!
Aimé Couquet a demandé la mise en place d'un référendum municipal pour trancher la question, indiquant que la question de la Poste était un détonateur .
Bien entendu, pendant ce conseil, le public tout acquis à la cause de Couderc vociférait, applaudissant quand le maire ou ses affidés parlaient, hurlant et huant quand c'était l'opposition. Chose curieuse, dans ce bordel généralisé et indigne d'une séance de conseil municipal , le maire n'a à aucun moment réclamé le silence ni fait évacuer la salle. Au contraire. La police municipale avait pour seul objet de museler les Timbrés , relégués dans l'antichambre.
Ce fut donc un conseil municipal d'exception et dont l'issue ne faisait aucun doute : la majorité municipale avec à sa tête le député et adjoint à la culture Elie Aboud , vota comme un seul homme la demande d'un nouveau permis de démolir de la Poste.!
Il est clair que nous allons attaquer ce permis!
Karine Chevalier
Conseillère Régionale
Membre des Timbrés de la vieille Poste

12:20 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 17 janvier 2012
suppléant: le ver(t) est dans le fruit
C'est donc l'ex-modem passé chez les Verts, Guilhem Johannin, qui suppléera la candidate désignée par l'appareil socialiste lors des prochaines législatives.
« C'est l'aboutissement d'un accord politique » explique presque en s'excusant le suppléant.
La candidate aubryste aurait bien tenté un accord politique avec la majorité hollandaise locale de son parti, mais n'ayant obtenu que des fins de non recevoir, elle se retranche donc derrière l'accord national PS-EELV concocté par Aubry et les siens, et dont on peut dire qu'il n'a pas que des supporters chez nos camarades. Arnaud Montebourg vient d'ailleurs d'expliquer tranquillement qu'il ne l'appliquerait pas, quitte à se faire exclure...
A défaut d'élus ou de « personnalités », celui qui avait refusé de rallier la liste « Béziers pour tous » de Jean-Michel Du Plaa en 2008 lors des municipales, se retrouve donc en soutien de la candidate voulue par Du Plaa Jean-Michel.
Enfin, pour l'instant ! Car le score prévisible d'Eva Joly pourrait bien changer la donne d'ici là. Ironie des revirements politiques, le retour en force de Bayrou (ancien mentor de Johannin ) va probablement aiguiser les appétits électoraux, et susciter des accords bien plus lucratifs que les 3% prévus pour la candidate verte.
Mais il est vrai qu'à l'instar de sa candidate qui soutenait Aubry, Johannin soutenait Nicolas Hulot...
Comme on se retrouve...
10:43 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
lundi, 16 janvier 2012
Depôt de bilan

Alain Vidalies
13:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 15 janvier 2012
Têtu comme un âne
Au cours de ses voeux , Raymond Couderc avait en ligne de mire l'action de notre association, les Timbrés de la Poste. Il n'a visiblement pas digéré le cinglant démenti que lui a infligé le tribunal administratif qui déclare le permis de démolir périmé.
Aussi vient-il de convoquer une séance extraordinaire du conseil municipal pour lundi 16 janvier avec seulement 2 points à l'ordre du jour: le dépôt d'un nouveau permis de démolir et l'aménagement de la place des Trois Six , une fois la poste rasée !
Et d'expliquer au cours de ses voeux qu'il n'est pas une girouette ... Certes, mais entre la girouette et l'entêtement autoritaire , il y a une sacrée différence !
Raymond Couderc devrait rendre exemple sur Georges Fêche qui a su à plusieurs reprises tenir compte de l'opinion publique . C'est ainsi qu'il avait renoncé à donner à la Région le nom de Septimanie face à la levée de boucliers que cela avait suscité!
C 'est à cela que l'on reconnait les grands hommes !
Karine Chevalier
Conseillère Régionale
Membre des Timbrés de la Vieille Poste
08:00 | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
samedi, 14 janvier 2012
C'est une politique qui a été dégradée
François Hollande s'est exprimé sur la perte du triple A, samedi 14 janvier 2012 à 8h30 à son siège de campagne.
Texte intégral de la déclaration de François Hollande
"La France vient de perdre son triple A. Je n'ai jamais fait des agences de notations la référence ultime pour juger les politiques conduites par les États et encore moins par le notre.
Je déplore que l'Europe ne se soit pas dotée d'une agence publique indépendante pour évaluer la capacité des pays de la zone euro à rembourser leurs emprunts.
La dégradation de notre note financière est grave à un double titre :
Elle traduit un décrochage : celui de la France par rapport à l'Allemagne puisque nous ne ne figurons plus dans la même catégorie de pays. L’Allemagne a gardé son triple A, nous l’avons perdu.
Et en plus, nous avons décroché d'un cran avec une perspective négative.
La dégradation a aussi le risque de renchérir le cout de notre emprunt pour l’année qui vient : 180 milliards d’euros doivent être recherchés sur les marchés.
Tout écart de taux d'intérêt aura donc pour conséquence d'alourdir la charge des intérêts d'emprunts et de forcément de déséquilibrer d'avantage le déficit budgétaire.
Ce sont les Français qui risquent de payer la conséquence de cette dégradation.
Nicolas Sarkozy avait fait de la conservation du triple A, un objectif de sa politique, avait-il dit, une obligation pour son gouvernement. C’est ainsi qu’avait été justifié pas moins de deux plans de rigueur en 4 mois. Cette bataille, et je le regrette, a été perdue.
C'est la crédibilité de la stratégie conduite depuis 2007 qui est ainsi mise en cause : elle a manqué de cohérence, de constance et de clairvoyance, et surtout de résultats !
Nos déficits ont été considérablement augmentés, la dette atteint un record historique -600 milliards de dette supplémentaire depuis 2007- et notre compétitivité a été également affaiblie avec un déficit commercial de 75 milliards d'euros.
Ce sont donc ces justifications là qui ont conduit une agence à nous dégrader.
C'est une politique qui a été dégradée, ce n'est pas la France.
Notre pays dispose d'atouts considérables : une démographie dynamique, une productivité élevée, un savoir faire reconnu, et une qualité de services publics et une épargne abondante.
Notre pays, la France, peut réussir son redressement, mais à plusieurs conditions :
-la première, c’est d’avoir une stratégie rétablissement de nos comptes publics, avec une programmation réaliste, un retour à l’équilibre vers 2017 et le souci à chaque étape de concilier effort et croissance.
-la seconde condition, c’est le soutien de l'activité et de l'emploi. Il n'y aura pas de maitrise de la dette s'il n'y a pas une capacité pour la France à produire plus et produire mieux. C’est pourquoi j’ai fait cette proposition d’un pacte productif pour notre pays.
-la troisième condition, c’est la justice, sans laquelle il n'y aura pas d'effort partagé. La réforme fiscale est un préalable. Il ne peut pas être question, chacun peut le comprendre, de demander des sacrifices aux Français si les privilégiés, eux-mêmes, y échappent.
C'est tout l'enjeu du scrutin de 2012 : mettre la France sur le chemin du redressement, dans la justice et par la croissance.
L'autre enjeu qui est également souligné par les décisions de cette nuit : c’est la sortie de la crise de la zone euro.
Car rien n’est réglé. Après 16 sommets de la dernière chance, et avec autant de communiqués de victoire, nous constatons que la Grèce est au bord de la rupture ; que l’Espagne, l’Italie, le Portugal ont été dégradés à un tel point que la question de leur accès au financement est posée, avec des conséquences très graves en terme de coût de cet endettement.
L'accord européen du mois de décembre est d'ores et déjà regardé comme insuffisant, et il l’est ! D'où la nécessité d’y ajouter ce que j’ai moi-même avancé il y a plusieurs semaines : c’est à dire une dimension de croissance et de changer les modes d'interventions de la Banque centrale européenne, au bénéfice des Etats et non plus seulement des banques.
Dans ce moment difficile pour la France et pour l’Europe, chacun doit faire preuve de responsabilité. Rien n'est pire que la fuite en avant et l’improvisation. Je demande au gouvernement d’être conscient que ce n’est pas l’annonce encore de mesures fiscales qui viendra rassurer les Français et même les marchés.
Pour ma part, je dis aux Français que nous avons les moyens de réussir notre redressement dans la justice et avec une volonté commune de préparer l'avenir.
Ma volonté, dans cette campagne qui s’ouvre, et ensuite si les Français m‘accordent leur soutien, c’est de redonner la confiance indispensable à la France et de considérer que ce qui doit être changé ce n’est pas le rapport aux agences de notation ou aux marchés, mais le rapport que les Français entretiennent avec leur dirigeants, avec lesquels ils doivent être en mobilisation pour que notre pays soit le seul enjeu des élections qui viennent."
François HOLLANDE
11:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Au secours, la gauche revient !!
A cent jours du premier tour de la présidentielle, la droite sarkozyste perd ses nerfs.
Il y a d’abord eu les sorties médiatiques de Nadine Morano qui a exigé des excuses publiques de la part de François Hollande et qui a surtout réussi l’exploit de ridiculiser son propre camp. Puis, il y a la percée de Marine Le Pen dans les intentions de vote, menaçant directement Nicolas Sarkozy et notre cher « Monsieur Besson » qui songe à quitter la politique pour se reconvertir dans le foot. Enfin, il y a les propos de Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale qui, sans rire, a prévenu que si la gauche remportait les élections du printemps prochain, les conséquences seraient comparables à celles d’un pays en guerre !
Des propos vivement critiqués par le Parti socialiste mais aussi indirectement par Nicolas Sarkozy qui a pris ses distances avec Accoyer. Des propos qui sont surtout révélateurs d’une droite française en pleine panique et complètement dispersée, bien loin de la droite qu’on a connue depuis 2007, une droite arrogante et méprisante.
Ce n’est pas la première fois que certains membres de la droite française sortent de telles déclarations. Déjà en 1981, nombreux étaient chez les partisans de Valéry Giscard d’Estaing qui mettaient en garde les Français sur les conséquences d’une élection de François Mitterrand à la présidence de la République. En effet, certains semblaient convaincus que la victoire de ce dernier marquerait la fin de la République et le basculement vers le communisme, certains craignant même l’arrivée des chars soviétiques sur les Champs-Elysées !
Une telle prédiction n’a bien sur pas eu lieu et n’a surtout pas empêché les Français de voter majoritairement pour Mitterrand, ces derniers souhaitant et exigeant le changement. D’ailleurs le candidat socialiste l’avait bien compris en se présentant comme un candidat de gauche mais rassurant, à l’image de sa célèbre affiche intitulée « la force tranquille ».
François Mitterrand (à l'époque premier secrétaire du Parti socialiste) en compagnie de Georges Marchais (à l'époque Secrétaire général du Parti communiste français) dans les années 1970
Et 2012 ressemble à quelques égards à 1981. Comme il y a trente ans, un président et une majorité sortante impopulaires et sans idées et qui crient au loup pour faire peur aux Français et les faire renoncer au changement. De l’autre côté, un candidat socialiste qui cherche à rassurer les Français tout en faisant l’inventaire du sarkozysme (d’où l’expression « Président normal »), sans aucune concession. Un style qui plaît et qui explique la bonne tenue de Hollande dans les intentions de vote par rapport à un Jean-Luc Mélenchon, par exemple.
Et une fois encore, une droite qui panique et qui peine à imposer le tempo de la campagne. Pire, elle ne profite pas des incidents de campagne de Hollande (ex : l’accord controversé entre le PS et Europe Ecologie Les Verts), des incidents qui n’ont pas de conséquences sur la stratégie de Hollande dans la mesure où les Français ne semblent pas lui en tenir rigueur. Tout comme ils ne semblent plus voir en lui celui qu’on a longtemps surnommé « Babar », « Mollande », ou bien encore « Fraise Tagada » mais bel et bien un sérieux prétendant à la succession de Nicolas Sarkozy.
Ce qui explique sans doute l’état d’esprit dans lequel se doute l’UMP à quelques mois du verdict. Contrairement à 2007, elle sait qu’elle ne pourra pas échapper à un bilan, son bilan clairement rejeté par nos compatriotes. Une UMP qui se sait également menacée par une implosion au sein de son propre camp en raison d’une droite française partie en ordre dispersée et d’un centre qui compte bien jouer les premiers rôles, comme le montre d’ailleurs le récent ralliement de Philippe Douste-Blazy, l’ancien ministre des Affaires étrangères pourtant membre de l’UMP, à François Bayrou.
Au secours la gauche revient ? Hé ben tant mieux !
Gilles Jonhson
08:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 janvier 2012
Montebourg et les Verts
« C’est un acte de résistance par rapport à des accords politiques concoctés sur un coin de table à Paris entre deux appareils politiques, dont le nôtre », a déclaré Arnaud Montebourg. « Nous ne sommes pas d’accord et toutes les forces de la fédération sont rassemblées et unifiées autour de cette perspective de résistance », a-t-il ajouté.
« Ça ne me gênerait pas d’être exclu du PS. Je crois que j’ai suffisamment donné à ce parti, je l’ai fait suffisamment progresser. Nous allons supporter notre candidat, notre candidate dans le Charolais-Brionnais comme nous l’avons toujours souhaité », a-t-il conclu. Selon l’accord PS-EELV, la 2e circonscription de Saône-et-Loire, actuellement détenue par l’UMP Jean-Marc Nesme, est réservée à un candidat d’Europe Ecologie-les Verts.

10:52 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 12 janvier 2012
Supprimer le quotient familial : une mesure de justice sociale pour les classes populaires et les classes moyennes
La meute sarkozienne s'est jetée violemment sur la proposition de remise en cause du quotient familial, suivi par le petit Nicolas en personne. Haro sur François HOLLANDE, comme si se dernier soutenait l'hérésie. Pour ma part, je suis favorable à la suppression de ce volet de la politique familiale.
Evoquer cette suppression est pour moi salutaire et participe du nécessaire débat démocratique au sujet des politiques fiscales et familiales qui impactent financièrement les foyers de nos concitoyens. Loin de constituer un tabou, ce sujet mérite d'être étudier au nom de la jutice sociale et d'une équitable répartition des richesses.
Depuis que la gauche a évoqué la possibilité de réformer le quotient familial, la droite s'est contenté de sortir l’artillerie lourde : il s'agirait d'une « folie » que de s’attaquer à ce « socle de la politique familiale », ce serait la « destruction de la politique familiale »…
La droite fait d’abord preuve d’une mauvaise foi politicienne qui ne fait pas honneur au débat démocratique. Les socialistes ont pris soin de préciser que la réforme envisagée se ferait à enveloppe financière constante de la politique familiale : il s’agit donc d’un redéploiement et non d’une réduction, encore moins d’une destruction de la politique familiale.
L’UMP fait ensuite preuve d’une méconnaissance de la politique familiale française. Le quotient familial n’est pas son « socle » : il ne représente qu’à peine plus de 10% de l’ensemble des dépenses familiales – 13 Md€ sur plus de 100 Md€ au total.
L’UMP est ensuite assez incohérente. Elle prétend partir à la reconquête des classes populaires. Or que propose-t-elle ? Conserver un dispositif qui bénéficie de manière disproportionnée aux ménages aisés (les 10% des familles les plus aisées captent 42% de l’avantage fiscal) : « la présidence des riches », une nouvelle fois, comme le dénonce François HOLLANDE.
Que propose la réforme ? Rééquilibrer le dispositif au profit des classes populaires – ces 50% de foyers non imposés à l’impôt sur le revenu et qui, de ce fait, ne bénéficient pas du quotient familial. Sans toucher aux classes moyennes : la réforme est, au pire, neutre pour elles.
Karim Aou
08:44 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 11 janvier 2012
Trop de polémique tue la polémique
Nicolas Sarkozy fait feu de tout bois, car chaque polémique évite tout à la fois que l’on s’interroge sur lui et son bilan. L’obsession du président sortant est de ne pas être « l’objet » de la présidentielle, car il sait que là, le verdict est sans appel. Tous les jours c’est donc la baston sur tout et n’importe quoi. Le problème c’est que le rythme médiatico-polémiste n’est pas celui de l’opinion. A force de multiplier les attaques, il n’y a plus d’angle mais un brouhaha qui n’imprime pas. Et donc naturellement l’opinion qui est dans le temps long, ne garde que l’impression rétinienne des cinq années: le bilan de Nicolas Sarkozy. Et celui-ci est particulièrement calamiteux. Donc loin d’éloigner le spectre du jugement, Nicolas Sarkozy avec sa campagne haletante, récidivante, n’imprime rien d’autre que son désarroi. Ce trop de polémiques tue la polémique. Raison de plus pour ne pas l’alimenter.
J.C. Cambadélis
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mardi, 10 janvier 2012
Le lièvre et la tortue
Quand on les observe, on ne peut s'empêcher de penser à la fable Le Lièvre et la Tortue, de Jean de La Fontaine. Nicolas Sarkozy le lièvre, si pressé d'être encore président qu'il accélère le train et ressort de son chapeau la TVA sociale. On croyait la réforme enterrée depuis les législatives de 2007, qui avaient vu la droite perdre soixante députés après une campagne musclée de la gauche contre cet impôt. Erreur ! La TVA sociale redevient d'une brûlante actualité, mais dans la plus grande précipitation et avec si peu de pédagogie que beaucoup redoutent, à l'UMP, que la réforme coûte que coûte devienne la réforme de trop.
De l'autre côté, François Hollande la tortue. Il annonce une accélération de sa campagne mais prend tout son temps. Il fait une visite par-ci, une réunion publique par-là, mais ne dévoile rien de son projet. Au contraire. Il laisse ses proches détricoter les grands marqueurs du projet socialiste, comme la retraite à 60 ans ou la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, le tout en affirmant qu'il veut faire rêver les Français !
Drôle de campagne où la tactique domine le fond, où tout va trop vite dans un camp, trop lentement dans l'autre. M. Sarkozy accélère parce qu'il veut occuper tout l'espace et faire apparaître par contraste la vacuité de son adversaire. M. Hollande temporise parce qu'il prend le pari que le président sortant finira par se prendre dans ses propres filets : trop d'agitation et si peu de résultats, il est déjà si bas dans les sondages ! Les deux hommes raisonnent comme s'ils n'étaient que deux, alors qu'ils sont en réalité quatre dans cette campagne dominée par deux fondamentaux inquiétants : la crise économique, qui alimente l'angoisse, et les promesses non tenues de 2007, qui réactivent le discrédit dont souffre le politique.
MM. Sarkozy et Hollande ont en commun de ne pas satisfaire la totalité de leur propre camp. Le style du premier heurte une partie de la droite, la prudence du second déçoit une partie de la gauche. Marine Le Pen et François Bayrou se disputent les déçus du duo. La première joue la carte de la rupture, le second mise sur une forme d'authenticité française axée sur le retour aux fondamentaux républicains. Si l'on ajoute la crise européenne qui n'est pas résolue, le paysage se complique encore car le clivage européen n'épouse pas la querelle gauche-droite.
Là s'arrête la référence avec la fable. Les personnages sont trop nombreux pour qu'on puisse figer les stratégies et prédire le vainqueur. La tortue a beau avoir l'avantage, elle n'a pas encore gagné.
Françoise Fressoz "Le Monde"
12:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 09 janvier 2012
En finir avec la malédiction de Sisyphe
C'est souvent dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures. Que Michel Rocard ne se vexe pas de cette métaphore hasardeuse. Mais, la tribune qu'il a cosigné cette semaine dans les colonnes du Monde avec Pierre Larrouturou constitue un rayon de soleil à l'aube d'une année annoncée comme particulièrement sombre au plan économique. Les deux signataires proposent un dispositif alternatif à la fuite en avant dans l'austérité.
Si Sisyphe fut condamné à faire rouler éternellement, dans le Tartare, un rocher jusqu'en haut d'une colline dont il redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet, les gouvernements du vieux continent doivent eux, dans l'odyssée européenne, refinancer à un taux toujours plus élevé des dettes souveraines qui ne cessent de croître.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ça peut effectivement durer longtemps. Très longtemps. Déjà quatre ans d'ailleurs. Alors, que faire ? Se résigner en serrant jour après jour un peu plus la vis où, chercher à briser ses chaînes par des dispositions sinon révolutionnaires, au moins innovantes ?
Partants de l'exemple américain, Pierre Larrouturou et Michel Rocard proposent une solution de bon sens. Schématiquement, faire baisser le prix de la dette en permettant à la Banque Centrale Européenne (BCE) de prêter aux Etats à un taux voisin de zéro, via un intermédiaire, la Banque Européenne d'Investissement (BEI), pour respecter les traités de l'UE.
Pierre Larrouturou et Michel Rocard pointent le caractère incongru de la situation actuelle. "Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ?" écrivent-ils notamment. On ne saurait leur donner tort.
Il est surprenant que dans une campagne présidentielle aussi terne, cette suggestion ne retienne pas plus l'attention. Comme si, nos chicaillas internes avait plus d'intérêt que de sortir de ce que Paul Krugman définit comme, "la spirale de la mort".
On a maintes fois souligné, ici ou là, la médiocrité de la classe politique européenne. Avec raison. Les deux auteurs servent une esquisse de solution sur un plateau et, rien. Les caciques de la finance européenne reconnaissent la faisabilité juridique mais arguent de difficultés techniques. Leur scepticisme est essentiellement fondé sur la crainte de renouer avec l'inflation. Une position dogmatique de boutiquier qui équivaut à préférer mourir ruiné que de prendre le risque de vivre avec de l'inflation.
L'opposition de la BCE et de Berlin à la proposition semble acquise en raison du risque de hausse de l'inflation, mais également parce qu'ils préfèrent que les Etats adoptent leurs mesures d'austérité dans une approche punitive à l'égard des peuples cigales. Un tel constat interpelle sur le mode de gouvernance européen. On nous vantait hier la joyeuse cacophonie démocratique des institutions européennes. On découvre aujourd'hui que cette impuissance politique organisée nous livre pieds et poings liés aux trésoriers de l'UE, BCE et Allemagne avec, en arrière-plan, les marchés.
Or ces derniers facturent au prix fort l'inaction européenne. Les taux d'intérêt flambent chez nous mais pas aux Etats-Unis, malgré une dette abyssale de 15 000 milliards $, grâce à l'action du Trésor qui a fait le choix de la monétariser. A l'inverse en Europe, les déficits publics s'autoalimentent en raison de l'endettement et des taux d'intérêt de ces emprunts. Pour la seule France, la charge de la dette a augmenté de 55% en cinq ans et devrait friser les 2 000 milliards € fin 2012.
Dans ce cercle vicieux, les banques à l'inverse des peuples ont trouvé un bouclier : la BCE. Les démocraties se trouvent aujourd'hui menacées par un cinquième pouvoir qu'elles n'ont pas vu venir : celui des banques. Ce qui nous renvoie à la citation de Roosevelt évoquée par Michel Rocard et Pierre Larrouturou dans leur tribune "Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé".
La Mouette
09:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 08 janvier 2012
Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus (d’intérêts) que les banques ?
par Michel Rocard, ancien premier ministre, et Pierre Larrouturou, économiste
La Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.
Ce sont des chiffres incroyables. On savait déjà que, fin 2008, George Bush et Henry Paulson avaient mis sur la table 700 milliards de dollars (540 milliards d’euros) pour sauver les banques américaines. Une somme colossale. Mais un juge américain a récemment donné raison aux journalistes de Bloomberg qui demandaient à leur banque centrale d’être transparente sur l’aide qu’elle avait apportée elle-même au système bancaire.
Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.
Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d’austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n’acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d’intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d’intérêt, les gouvernements sont “obligés” de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.
Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? “Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé”, affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l’écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l’espérance (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ?
Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour ouvrir les yeux ? Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour comprendre la gravité de la crise et choisir ensemble la métamorphose, avant que nos sociétés ne se disloquent ? Nous n’avons pas la possibilité ici de développer les dix ou quinze réformes concrètes qui rendraient possible cette métamorphose. Nous voulons seulement montrer qu’il est possible de donner tort à Paul Krugman quand il explique que l’Europe s’enferme dans une “spirale de la mort”. Comment donner de l’oxygène à nos finances publiques ? Comment agir sans modifier les traités, ce qui demandera des mois de travail et deviendra impossible si l’Europe est de plus en plus détestée par les peuples ?
Angela Merkel a raison de dire que rien ne doit encourager les gouvernements à continuer la fuite en avant. Mais l’essentiel des sommes que nos Etats empruntent sur les marchés financiers concerne des dettes anciennes. En 2012, la France doit emprunter quelque 400 milliards : 100 milliards qui correspondent au déficit du budget (qui serait quasi nul si on annulait les baisses d’impôts octroyées depuis dix ans) et 300 milliards qui correspondent à de vieilles dettes, qui arrivent à échéance et que nous sommes incapables de rembourser si nous ne nous sommes pas réendettés pour les mêmes montants quelques heures avant de les rembourser.
Faire payer des taux d’intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées : sous prétexte qu’il y a un risque, elles prêtent à des taux très élevés, tout en sachant qu’il n’y a sans doute aucun risque réel, puisque le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est là pour garantir la solvabilité des Etats emprunteurs…
Il faut en finir avec le deux poids, deux mesures : en nous inspirant de ce qu’a fait la banque centrale américaine pour sauver le système financier, nous proposons que la “vieille dette” de nos Etats puisse être refinancée à des taux proches de 0 %.
Il n’est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en oeuvre cette idée : certes, la Banque centrale européenne (BCE) n’est pas autorisée à prêter aux Etats membres, mais elle peut prêter sans limite aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque européenne d’investissement (BEI) ou à la Caisse des dépôts, qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats qui s’endettent pour rembourser leurs vieilles dettes.
Rien n’empêche de mettre en place de tels financements dès janvier ! On ne le dit pas assez : le budget de l’Italie présente un excédent primaire. Il serait donc à l’équilibre si l’Italie ne devait pas payer des frais financiers de plus en plus élevés. Faut-il laisser l’Italie sombrer dans la récession et la crise politique, ou faut-il accepter de mettre fin aux rentes des banques privées ? La réponse devrait être évidente pour qui agit en faveur du bien commun.
Le rôle que les traités donnent à la BCE est de veiller à la stabilité des prix. Comment peut-elle rester sans réagir quand certains pays voient le prix de leurs bons du Trésor doubler ou tripler en quelques mois ? La BCE doit aussi veiller à la stabilité de nos économies. Comment peut-elle rester sans agir quand le prix de la dette menace de nous faire tomber dans une récession “plus grave que celle de 1930″, d’après le gouverneur de la Banque d’Angleterre ?
Si l’on s’en tient aux traités, rien n’interdit à la BCE d’agir avec force pour faire baisser le prix de la dette. Non seulement rien ne lui interdit d’agir, mais tout l’incite à le faire. Si la BCE est fidèle aux traités, elle doit tout faire pour que diminue le prix de la dette publique. De l’avis général, c’est l’inflation la plus inquiétante !
En 1989, après la chute du Mur, il a suffi d’un mois à Helmut Kohl, François Mitterrand et aux autres chefs d’Etat européens pour décider de créer la monnaie unique. Après quatre ans de crise, qu’attendent encore nos dirigeants pour donner de l’oxygène à nos finances publiques ? Le mécanisme que nous proposons pourrait s’appliquer immédiatement, aussi bien pour diminuer le coût de la dette ancienne que pour financer des investissements fondamentaux pour notre avenir, comme un plan européen d’économie d’énergie.
Ceux qui demandent la négociation d’un nouveau traité européen ont raison : avec les pays qui le veulent, il faut construire une Europe politique, capable d’agir sur la mondialisation ; une Europe vraiment démocratique comme le proposaient déjà Wolfgang Schäuble et Karl Lamers en 1994 ou Joschka Fischer en 2000. Il faut un traité de convergence sociale et une vraie gouvernance économique.
Tout cela est indispensable. Mais aucun nouveau traité ne pourra être adopté si notre continent s’enfonce dans une “spirale de la mort” et que les citoyens en viennent à détester tout ce qui vient de Bruxelles. L’urgence est d’envoyer aux peuples un signal très clair : l’Europe n’est pas aux mains des lobbies financiers. Elle est au service des citoyens.
Michel Rocard , Pierre Larrouturou
Michel Rocard est aussi le président du conseil d’orientation scientifique de Terra Nova depuis 2008. Pierre Larrouturou est aussi l’auteur de “Pour éviter le krach ultime” (Nova Editions, 256 p., 15€)
13:29 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





