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jeudi, 20 avril 2017

Pourquoi #Macron

Résultat de recherche d'images pour "voter"

Il est temps que ça se termine… On a beau chercher dans notre mémoire, difficile de trouver une référence, une comparaison. Comme l’a récemment confié François Hollande, souvent plus lucide dans le commentaire que dans l’action, "cette campagne sent mauvais". L’extrême incertitude qui pèse sur le scrutin, la fracture nette et profonde de l’électorat en quatre (gros) morceaux, le crépuscule d’un quinquennat sans mandataire sortant, la personnalité des candidats, l’explosion des repères, la colère, la peur, la déception, et bien sûr les affaires… tout concourt à faire de cette présidentielle une élection bousculée et violente. A l’image de la campagne que nous vivons.

Sur les estrades des meetings comme sur les réseaux sociaux, dans les discussions comme dans les journaux, le niveau d’agressivité, de haine et de mensonge a souvent dépassé l’entendement. Notre démocratie bouge encore, mais elle est malade. Les clivages qui structuraient le paysage politique depuis cinquante ans ont cédé la place à des antagonismes inquiétants.

La plupart des prétendants semblent avoir placé leur candidature sous le signe de la revanche, pour faire rendre gorge à leurs opposants. C’est Fillon contre la gauche, les fonctionnaires, les syndicats, les juges, les pédagogues... Mélenchon contre les riches, les patrons, les journalistes et tous ceux qui ont le malheur de penser différemment… Ou encore Le Pen contre tous ceux-là réunis, et contre les immigrés évidemment

Le pire est-il possible ? Aujourd’hui on se fait traiter de tous les noms quand on alerte sur la menace du Front national. A droite comme à gauche, certains y voient une grosse ficelle, une manipulation qui empêcherait les citoyens de se prononcer sereinement. Rappelons ici que s’il n’existe pas de votes inutiles, certains sont plus efficaces que d’autres pour éviter l’abîme. Et prenons donc une fois encore le risque de l’écrire noir sur blanc : si l’on en croit les derniers résultats électoraux (municipales, départementales, régionales), les enquêtes d’opinion, les très nombreux reportages ou encore les conversations que chacun peut avoir dans sa vie quotidienne – ce qui finit par faire beaucoup d’indices concordants… – le danger est bien réel de voir l’extrême droite française enregistrer le meilleur score de son histoire. Au premier tour, comme au second.

Et c’est une vue de l’esprit de croire que toutes les hypothèses se valent ou que Marine Le Pen serait battue le 7 mai prochain quel que soit son rival. Qui peut jurer en effet que les électeurs de gauche se rendraient aux urnes comme un seul homme pour glisser un bulletin au nom de François Fillon plutôt que de se réfugier dans l’abstention ? Qui peut assurer que les électeurs de droite feraient de même pour Jean-Luc Mélenchon ? Personne. Quoi qu’en pensent ses détracteurs, la position centrale d’Emmanuel Macron présente aujourd’hui la meilleure garantie de rassemblement pour faire barrage au Front national.

Macron, justement… On a beaucoup écrit sur l’irruption de cet ovni dans le paysage. Plus personne n’ignore rien ou presque de son (in)expérience politique, de sa carrière professionnelle, comme de sa vie personnelle. On aurait aimé pouvoir en dire autant de son équipe, de sa future majorité ou même de certains aspects de son programme. Son diagnostic des maux et des blocages de la société française a sans doute davantage convaincu que ses solutions. Mais il faut le reconnaître, il a su, mieux que personne dans cette campagne, incarner à la fois un projet, un élan, un espoir de renouvellement et une volonté de rassemblement.

Hamon aurait pu lui disputer l’espoir, mais il n’a pas eu l’élan. Mélenchon peut se targuer d’avoir un projet, mais il ne donne aucun signe de rassemblement. Pour les orphelins de la gauche de gouvernement, les réformistes authentiques, les citoyens attachés à la construction européenne, les adversaires du déclinisme ambiant et tous ceux qui redoutent de voir une vraie droite réactionnaire s’installer au pouvoir, Emmanuel Macron offre donc une honnête solution.

Il y a une part de saut dans l’inconnu, c’est vrai. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que ce que l’on connaît des autres ne le rend pas moins désirable.

La seule question qui vaille n’est donc plus de savoir si Emmanuel Macron est de gauche – il n’a répondu ni oui ni non – mais de savoir si un électeur de gauche peut voter pour Emmanuel Macron. Et la réponse est oui, évidemment, n’en déplaise aux fondés de pouvoir autoproclamés d’une gauche en décomposition. Ceux-là sont sans doute les dépositaires d’une tradition éminemment respectable, mais certainement pas les propriétaires d’un camp. Chacun est libre de penser qu’il souhaite le meilleur à son pays pour les cinq ans qui viennent.

Mathieu Croissandeau

samedi, 08 avril 2017

#PS :Entre #Hamon et #Macron

ps drapeau.jpgJean-Christophe Cambadélis ne veut pas d'une " Saint Barthélemy des socialistes ". Il s'est donc contenté d'une soirée des tous petits couteaux, jeudi, à l'occasion du Bureau national de son parti. Le premier secrétaire ne se voit pas dans la peau de Charles IX - ni même dans celle de Catherine de Médicis - mais n'est pas Henri IV qui veut. Entre la liquidation des hérétiques et le pardon royal, il y a une sacrée marge. C'est celle où navigue, vaille que vaille, l'ensemble de la direction du PS. De même que Paris valait bien une messe, Solférino mérite, pour se sauver, quelques arrangements avec le dogme. C'est là le seul sens des décisions prises par ceux qui imaginent encore que le vieux parti d'Epinay puisse encore s'en tirer alors que son candidat à la présidentielle monte désormais au front comme d'autres vont à l'abattoir.

Voilà donc " suspendus " - le mot est joli et, au fond, assez révélateur! -  les membres du Bureau national qui soutiennent ou qui appellent à voter pour Emmanuel Macron. Cela tombe bien. Il y a belle lurette qu'ils boudaient cette instance. Suspendus jusqu'à quand? Mystère!  Même s'il y a tout à parier que la plupart d'entre eux y repointera le bout du nez si, au lendemain du 1er tour de la présidentielle, le PS doit se résoudre à soutenir le candidat d'En Marche.

Voilà également avertis les députés qui ont sauté le pas en épousant sans attendre la cause macronienne que l'investiture socialiste leur serait retirée lors des prochaines législatives. Là encore, on imagine leur effroi surtout s'il se confirme que les concurrents qu'on menace de leur lancer dans les pattes ne sont que de frêles écolos repeints en rose à la va-vite. Prenons ici les paris. Quand viendra le moment d'entrer vraiment dans la campagne des législatives, le risque sera tel que, pour sauver sa représentation parlementaire, le PS, dans sa grande sagesse, prendra immanquablement le chemin d'une amnistie générale qu'il ne criera pas sur les toits mais qui, en pratique, sera mis en œuvre avec.

Un bateau ivre

Entre exigence d'"unité " et devoir de " loyauté ", Solférino, par la voix de son premier secrétaire avance à la godille. Que peut-il faire de mieux alors que le naufrage n'a jamais paru aussi proche? Ceux qui, autour de Benoît Hamon, auraient voulu une charrette, ne sont pas les mieux placés pour exiger des têtes. La seule main qu'ils aient jamais tendue l'était en direction des pires procureurs de François Hollande et du gouvernement de Manuel Valls. Il y a tout juste un an, ils battaient le rappel des frondeurs, des écolos de Cécile Duflot et des communistes proches de Jean-Luc Mélenchon pour déposer une motion de censure contre le projet de loi El Khomri. A l'époque, Jean-Christophe Cambadélis - toujours au nom de l'unité – avait refusé que cet exercice de déloyauté subisse la moindre sanction. Il y a une forme de cohérence dans cette contradiction assumée.

Mais surtout l'essentiel n'est pas là. Si le PS ressemble à un bateau ivre, si ses prétendus capitaines se disputent le gouvernail, si une partie de son équipage a déjà mis à l'eau les chaloupes de sauvetage, c'est que les vents de l'opinion, celle qui se dit de gauche, soufflent depuis quelques temps d'une drôle de manière. Plus qu'une tempête ou qu'une tornade, c'est un tourbillon qui rend la navigation aussi périlleuse et affole, du même coup, les boussoles de la marine socialiste.

Unité? Parmi les électeurs qui se disent proches du PS, seuls 38% soutiennent aujourd'hui Benoit Hamon. 42% en pincent pour Emmanuel Macron. 15% se laissent séduire par Jean-Luc Mélenchon. Au rythme où vont les choses, il est même probable que cette dispersion sera encore plus forte et encore plus défavorable au champion officiel du PS, le jour du 1er tour de la présidentielle. C'est ce qui donne un tour loufoque aux procès que certains concoctent dans les coulisses de Solférino. On peut bien sanctionner des dirigeants indisciplinés ou parjures mais a-t-on jamais exclu des électeurs infidèles?

Des électeurs pour qui certaines urgences méritent des entorses à la solidarité

Cohérence? Là encore, les chiffres parlent d'eux-mêmes. On estime à 600.000 (15% de 4 millions), les électeurs socialistes qui, en novembre, sont allés voter à la primaire de la droite. Or ils ont été tout autant à participer la primaire de la Belle Alliance, fin janvier, puisque sur un total de 2 millions de votants, 40% seulement se disaient proches du PS. Ce n'étaient sans doute pas les mêmes. Quoi que … Mais comment ne pas voir là le signe d'un grand dérèglement des formes traditionnelles d'adhésion ou de solidarité qui faisaient autrefois la force des grands partis de gouvernement? 

Loyauté enfin? On oublie souvent de rappeler que les électeurs socialistes qui se sont invités à la primaire de la droite ont signé, ce jour-là, sur l'honneur, une charte dans laquelle ils disaient adhérer à des " valeurs " qui n'étaient pourtant pas les leurs. Dans leur esprit, ce n'était là qu'une formalité. La plupart d'entre eux entendaient faire barrage à un éventuel retour de Nicolas Sarkozy sur le devant de la scène présidentielle. Reste qu'ils ont quand même été 600.000 à raisonner comme le fera plus tard Manuel Valls, dans un autre contexte, en estimant qu'il y avait des urgences qui méritaient quelques entorses à la parole donnée.

Tout cela n'est pas glorieux. Mais au moins ces données trop souvent oubliées donnent-elles un sens aux contorsions du PS et de ses dirigeants. Ils se dispersent? Mais leurs électeurs l'avaient fait avant eux. Ils se contredisent? Mais leurs électeurs les avaient précédés. Ils ne savent plus où donner de la tête? Mais leurs électeurs ne les ont pas attendus pour sortir des sentiers battus de la politique. La seule différence est que les uns veulent encore croire que cela n'est qu'un mauvais moment à passer alors que les autres ne semblent avoir aucun regret de cette situation. Les partis politiques sont souvent d'arrière-garde.

François Bazin (Challenges)

vendredi, 07 avril 2017

Stupeur et tremblement ! #PS @jccambadelis

Au cours d'un Bureau National moultes fois repoussé , le Premier Secrétaire a annoncé ces décisions d'une gravité extrême, qui nous en sommes surs , ne vont pas manquer de faire trembler les camarades visés par ces missiles. J C Cambadelis céderait-il à la "panique démocratique", dernier  concept fumeux qu'il vient de sortir de son chapeau ?
 

Vous trouverez ci-dessous les décisions du Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, lors du Bureau national du jeudi 6 avril 2017 :

« 1. J’appelle à l’unité des socialistes derrière le candidat issu de la Primaire et validé par la convention nationale : Benoît Hamon ;

2. Je retire le statut de membre du Bureau national à tous ceux qui ont soutenu ou appellent à voter Emmanuel Macron. Ils seront remplacés ;

3. J’interdis toute double appartenance conformément aux statuts. Aux élections législatives, une signature d’engagement d’affiliation au groupe socialiste sera requise. En cas de refus, un candidat socialiste sera désigné ;

4. Je retire l’investiture à ceux qui ont adhéré à en « En Marche » ou parrainé un autre candidat que Benoît Hamon et, s’ils se maintenaient face aux candidats soutenus par le Parti socialiste, ils seraient exclus ;

5. Je demande à la Commission Nationale des Conflits (CNC) de se saisir des cas de ceux qui appellent à voter pour un autre candidat que celui issu de la Primaire. »

jeudi, 30 mars 2017

Les paris de @manuelvalls

Manuel Valls votera pour Emmanuel Macron dès le premier tour de l'élection présidentielle. Mais, que ce soit bien clair, il ne le rallie pas. Emmanuel Macron remercie Manuel Valls de le soutenir mais, que ce soit bien clair aussi, il ne le prendra pas comme ministre s'il est élu président de la République le 7  mai.

Les deux hommes ont beau avoir comme intérêt commun le social-libéralisme, ils ne pratiquent pas la politique de la même façon. Avec l'audace de ses 39 ans, Emmanuel Macron, le novice, a osé la transgression suprême à laquelle Manuel Valls, le socialiste, de quinze ans son aîné, ne s'est en réalité jamais résolu : tuer le PS pour construire, à la faveur de l'élection présidentielle, un nouveau rassemblement allant des sociaux-démocrates à la droite sociale en passant par le centre et les écologistes.

Paradoxe

C'est le fameux big bang que Michel Rocard, leur mentor à tous les deux, avait théorisé dès 1993 comme une alternative au mitterrandisme. Le plus étonnant, c'est que M. Macron ne se serait sans doute jamais lancé dans l'aventure si Manuel Valls, alors premier ministre, ne l'y avait involontairement poussé en multipliant les maladresses à son égard. Après avoir insisté auprès de François Hollande pour le nommer ministre de l'économie en août  2014, il lui a imposé un impopulaire 49.3 sur sa loi du même nom avant de l'empêcher, un an plus tard, de porter un nouveau texte de libéralisation de l'économie.

Emmanuel Macron en a tiré les conséquences : il a monté son mouvement En marche !, a quitté le gouvernement, s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle en contournant la primaire et a réussi à capter le fort besoin de renouvellement qui marque cette élection présidentielle.

Depuis, il est devenu le maître du jeu à la barbe de Manuel Valls qui se préparait, depuis cinq ans, à la recomposition en cours. Adepte du parler vrai, " fier " de gouverner dans la tempête, l'ancien ministre a constaté durant tout le quinquennat de M. Hollande l'affrontement de deux gauches devenues à ses yeux " irréconciliables ". Il a aussi pris acte de la force du FN et théorisé la nécessité de construire, pour contrer Marine Le Pen, un arc républicain associant élus de gauche et de droite.

Son erreur a été de vouloir mener la rénovation depuis le Parti socialiste. Il a concouru à la primaire et l'a perdue. Evincé par Benoît Hamon, marginalisé par Emmanuel Macron, il lui fallait, pour ne pas disparaître, donner de la voix avant l'élection présidentielle, au prix d'un fort bruit de vaisselle brisée : les hamonistes l'accusent de trahison, les " hollandais " rechignent à se regrouper derrière lui parce qu'ils lui reprochent de n'avoir pas été complètement loyal au président.

Une fois de plus, Manuel Valls est accusé par ses détracteurs de vouloir faire exploser le Parti socialiste. Ce qui, en réalité, n'a jamais été aussi faux car, plus que jamais, sa survie dépend de sa capacité à  en maintenir l'intégrité. Sa visée est de construire au Parlement un groupe social-démocrate capable de -rechercher des compromis avec le futur président de la République, quel qu'il  soit. Pour cela, il a impérativement besoin que l'étiquette socialiste résiste, dans la campagne des législatives, à l'attraction d'En marche ! ou à un éventuel sursaut de la droite. C'est son ultime -paradoxe.

par Françoise Fressoz

mardi, 14 mars 2017

Par lâcheté, la classe politique a renoncé à affronter Marine Le Pen

Depuis bientôt deux ans, la classe politique française et une grande partie des médias prennent pour établi que Marine Le Pen sera qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle du printemps prochain. Tout se passe donc comme si la «dédiabolisation» de l’extrême droite avait opéré naturellement dans les esprits, facilitant les efforts de Le Pen pour faire croire à sa virginité républicaine.

Robert Badinter, l’ancien Garde des Sceaux et ancien président du Conseil constitutionnel, qualifiait cela de «lepénisation des esprits». Nous sommes déjà bien plus loin. Plus de 30% de nos concitoyens, suivant une dernière étude publiée par Le Monde, ne sont pas en voie de lepénisation. Ils sont lepénisés. L’effet naturel de cette situation aboutit à une double position, vis-à-vis de Le Pen comme de ses électeurs.

Attaquer Macron plutôt que la candidate du Front national

Au lieu de détruire Le Pen en montrant à ses électeurs potentiels que l’application de son programme les appauvrirait et serait un désastre pour notre pays, sans parler de la honte qui le recouvrirait, les Fillon, Hamon et autre Mélenchon n’aspirent qu’à détruire Macron. La France, dans tout cela…

Pourtant, si les électeurs du Front national sont des agriculteurs, des ouvriers, des employés, tous les agriculteurs, tous les ouvriers, tous les employés ne voteront pas Le Pen. Pourquoi ne pas s’être appuyé sur ces personnes lucides-là? Pourquoi n’avoir pas engagé –systématiquement– des démarches auprès des électeurs lepénistes pour souligner que parmi les mesures préconisées par Le Pen figure, par exemple, l’instauration constitutionnelle de la préférence nationale, chastement appelée «priorité citoyenne»?

 

Il fut un temps où l’Allemagne nazie bannissait les Juifs. Un autre ou l’Afrique du Sud excluait les noirs par l’apartheid. Le Front national veut aujourd’hui proscrire les étrangers. Il se garde bien de délimiter précisément le périmètre de cette catégorie. Et il y a des Français prêts à voter pour des gens qui osent proposer cela! Et il y a des Français qui ne sont pas heurtés qu’à la moindre mise en cause judiciaire –parfaitement légitime– de celle qui prétend «apaiser» la France, celle-là ait montré les dents et son vrai visage en envoyant paître les magistrats et en menaçant de représailles des fonctionnaires et des journalistes. On ne se refait pas!

Ne pas mettre cela –et les autres absurdités du programme lepéniste– en évidence, chaque jour, relève d’un abandon qui ressemble beaucoup à de la lâcheté. Regardez à droite, regardez à gauche: tous bords confondus, il s’agit de concentrer les critiques sur le fondateur d’En Marche!. Parce qu’il serait acquis une fois pour toutes qu’il n’y a qu’une seule place à prendre. Et comme les sondages actuels donnent Emmanuel Macron qualifié au second tour, il faut taper sur lui.

La comédie des adversaires du «système»

En le désignant comme leur premier adversaire, les autres candidats caressent l’espoir de se hisser au second tour, pour s’opposer à Le Pen, au lieu d’avoir tout fait pour que celle-ci soit battue, dès le premier tour. Et plus ils s’efforceront de pourfendre le premier, plus ils renforceront la seconde. Ils auront beau jeu par la suite de reprocher à celui qu’ils essaient de détruire d’être le responsable d’une montée frontiste. Aveugles à leur propre cécité, ils témoignent ainsi non seulement d’un nanisme politique, mais pire, d’un nanisme historique. La France, dans tout cela…

Bien entendu, un mot vidé de son sens justifie toutes les attaques: le «système». Macron représenterait le «système», lui qui en est issu, bien sûr, et qui veut dans le même temps sortir du clivage systémique gauche-droite. Comme si Fillon n’était pas au cœur du «système» par ces pratiques depuis des décennies. Comme si les Le Pen n’étaient pas au cœur du «système», par leur exploitation de la crédulité des braves gens. Comme si Hamon n’était pas au cœur du «système», depuis des décennies au sein du Parti socialiste. Comme si Mélenchon n’était pas au cœur du «système», lui aussi depuis des lustres. Mais de quel «système» s’agit-il?

 

Ce mot renvoie tout simplement à l’organisation démocratique de notre société. Elle n’est pas parfaite. Il est toujours possible de l’améliorer pour lui redonner de la vigueur, en matière morale notamment. Certes, ses membres ne seront jamais irréprochables, non plus que tous ses représentants politiques, mais, même si c’est trop lentement parfois, notre «système» identifie les fraudeurs et les menteurs, les dénonce, les juge et les condamne. C’est ce qui différencie notre «système» d’une dictature.

mardi, 13 décembre 2016

Peillon plus soucieux d"éliminer Valls que de faire barrage au FN

Je suis affligé de voir Vincent Peillon reprendre du service pour jouer les mercenaires anti Valls au service de commanditaires ( feminines en particulier ) plus soucieux d'eliminer Valls que de faire barrage au FN pour le second tour !
Il faut prendre les militants et les français pour des ânes bâtés en leur racontant que Peillon se presente par procuration de Martine Aubry et Anne Hidalgo pour defendre le bilan de Hollande ! J'ai bien noté qu'ils ne se sont pas spécialement empressés de le faire dans les moments difficiles quand Hollande en avait besoin !
Tout le monde a compris pourquoi Peillon sort de sa léthargie doree : il s'agit de distraire des voix loyalistes à Valls au premier tour , pour ensuite faire front commun contre lui et l'eliminer au second tour !
Bien sur , Peillon comme Lieneman compte sans doute profiter personnellement de ce tour de piste pour negocier , fort de son score , sa quote part de prebende electorale pour l'avenir ( par exemple la reconduction de sa rente de depute europeen indemnitaire ..) Mais ces petits jeux tactiques sont indignes du respect que l'on doit aux militants sinceres et aux français !
Nous les paieront tres chers ! Mais je n'endosserai personnellement ni la responsabilité écrasante , ni les stigmates historiques de cette generation d'arrivistes qui ouvre le chemin du second tour a Marine Le Pen ! Quelle que soit le resultat de la primaire socialiste , elle ne s'en remettra pas, mais elle nous envoie tous dans le mur de la honte !

Gilles Savary

mercredi, 07 décembre 2016

Pour survivre, le #PS va devoir faire peau neuve

La gauche, au singulier, est un mythe. Dès sa naissance, en 1789, elle s'est divisée en courants, chapelles et partis qui se sont combattus les uns contre les autres : feuillants, girondins, montagnards, dantonistes, robespierristes, babouvistes, quelle était leur unité ? Certes, ils étaient tous hostiles à l'Ancien régime, mais de là à créer une tendance unique, fondée sur des idées communes et sur des intérêts partagés, cela n'a été qu'un leurre pendant toute la suite de l'Histoire. Il y eut bien quelques moments d'union, quand l'ennemi monarchiste, bonapartiste, fasciste faisait taire, provisoirement, les divergences, mais ces moments furent rares. Le Front populaire de 1936 que l'on présente comme un exemple d'union de la gauche n'eut qu'une courte durée, miné par ses contradictions.

Le grand talent de François Mitterrand a été de faire croire possible une alliance des gauches fondée sur un programme commun. Au bout de cinq ans, en 1977, le divorce entre communistes et socialistes était prononcé. Victorieux à la présidentielle de 1981, Mitterrand fit néanmoins entrer dans son gouvernement des ministres communistes ; ils n'y restèrent pas au-delà de 1984. Par la suite, l'agonie du parti communiste n'a pas pour autant servi l'union de la gauche. Au contraire ! L'éventail de ses organisations a rempli le vide, d'autant que l'élection présidentielle leur offre une publicité, un droit à l'existence, dont ils ont su profiter. En 2002, la "gauche" présentait huit candidats — un record —, dont trois trotskistes, ce qui permit à Jean-Marie Le Pen d'être qualifié pour le second tour. Et encore cinq candidats en 2012 !

La division de la gauche est structurelle, la division au sein même du PS étant la plus pernicieuse. On a pu assister, au cours de la législature qui s'achève, à une opposition interne, celle des "frondeurs", occupés à faire la guerre à leur propre gouvernement, allant jusqu'à tenter de le renverser par une motion de censure. Du jamais vu ! On s'attendait que ces députés insubordonnés fassent l'objet d'une exclusion. Même pas. Le président de la République, François Hollande, ancien premier secrétaire du parti, a eu pour principaux adversaires ses "camarades" dévoyés, ignorant la discipline de groupe et aveugles sur les conséquences de leur dissension. Leur action fut d'autant plus corrosive qu'à la gauche de cette gauche, le maximalisme de Jean-Luc Mélenchon, nouveau tribun du peuple, ajoutait de l'huile sur le feu.

Aujourd'hui, la gauche est émiettée, sans leader, sans but, si ce n'est de sauver les meubles, c'est-à-dire les sièges de députés les moins menacés. Manuel Valls, nouveau candidat à la présidentielle après le renoncement de François Hollande, n'est nullement certain de l'emporter aux primaires de janvier : il devra affronter une coalition, moins soucieuse de victoire, que de lui faire plier les genoux. Sorti vainqueur de la mêlée, pourra-t-il reconstruire une unité, non pas de la gauche, mais de son propre parti ? Encore une fois, il y a fort à parier que l'électeur de gauche aura le choix entre quatre gauchistes, un écologiste, un radical-socialiste et le représentant du PS : le ridicule achèverait de tuer la gauche, si la gauche existait.

La démarche d'Emmanuel Macron se présente à beaucoup comme une solution de rechange. Lui ne veut pas être "de gauche" non plus que "de droite". Il juge que désormais cette polarité gauche/droite n'a plus de sens ; qu'il importe de rassembler les "progressistes" de tous les bords, pour adapter la société française à son temps. Le phénomène n'en est qu'à ses débuts ; il fera peut-être long feu ; ou il connaîtra un élan, au risque de rendre un peu plus fantomatique "la" gauche . Après la chute du PCF, viendra donc celle du PS ?

Méfions-nous des avis de décès avant terme. L'histoire du parti socialiste est ponctuée de crises. On le donnait moribond en 1958 (scission due à la guerre d'Algérie et au retour de De Gaulle au pouvoir), en 1969 (quand Gaston Defferre obtint péniblement un peu plus de 5 % à la présidentielle) ; il était au bord de l'abîme en 1993 (désastre électoral aux législatives)... À chaque fois, et parfois assez vite, le parti a repris force. Mais ses divisions persistaient, entre des individus, entre des doctrines, entre des courants. Quand Hollande devint premier secrétaire, il déploya un art de la synthèse qui, à chaque congrès, permettait de sauver les apparences grâce à des motions chèvre-chou. Cet art, il n'a pas pu en faire preuve au pouvoir, car il avait alors à trancher pour gouverner.

Si je ne crois pas à la fin annoncée du parti socialiste, je pense, en revanche, que pour se redresser il aura à faire peau neuve. Les anciens frondeurs, les nostalgiques du congrès d'Épinay, les pseudo-marxistes, ceux qui ont fait chuter Hollande devraient, d'eux-mêmes, quitter le parti et s'inscrire sous le drapeau de Mélenchon où ils seraient mieux à leur place. "La" gauche n'en existerait pas pour autant, mais, du moins, les choses seraient plus claires. À cela j'ajouterai ce que j'écrivais déjà en 2006, que pour retrouver sa cohérence et son audience, "il faudra sans doute à la tête du parti socialiste une forte personnalité, respectée et écoutée, portant les espoirs du parti au lieu de la médiocre concurrence actuelle des présidentiables qui pousse aux compromissions, aux discours doubles, aux tractations de couloir, au détriment de la clarté des objectifs." (La Gauche en France, "Tempus"). Tel Diogène, sa lanterne à la main, on cherche "un homme".

Michel Winock

mardi, 06 décembre 2016

@manuelvalls candidat à la Présidentielle #RienNestEcrit

dimanche, 04 décembre 2016

L'opposition socialiste la plus bête du monde.

L'opposition municipale socialiste s'est enfin réveillée ! En léthargie depuis 2014, nous étions à jeun d'entendre quelque prise de position que ce soit. Certes il y a Couquet pour le PC qui nous amuse régulièrement mais bon, tout cela n'est pas très sérieux. Voilà qu'aujourd'hui, on découvre avec ravissement un communiqué d'un des 3 élus socialistes. Enfin !!

Il est vrai que Ménard, triste sire, s'est une nouvelle fois surpassé : le communiqué de la ville de Béziers dépasse l'entendement :

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Si l'on y ajoute les commentaires nauséabonds de ses supporters, on touche à l'injure publique et à l'incitation à la haine raciale :

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On se précipite donc avec avidité sur la violente charge de Dolorés Roqué contre...Elie Aboud !!

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Certes ce dernier ne l'a pas volé, mais il y a tout de même une différence de nature entre les positions politiques du député de droite, et les propos abjects de l'édile de Béziers et de ses sinistres soutiens.

On se retrouve comme en 2014, quand Duplaa et consorts ont pilonné avec une constance remarquable la droite républicaine, épargnant soigneusement une extrême droite pourtant conquérante. Il faut croire qu'une partie de la gauche biterroise n'a rien compris, n'a rien appris.

 

@manuelvalls porte les valeurs de la gauche et de la #Republique

Je salue la décision courageuse de François Hollande. Il faut désormais laisser du temps au temps pour que l'Histoire juge son action. 

Je soutiens avec enthousiasme mon ami Manuel Valls , porteur aujourd'hui des valeurs de la gauche et de la République . Militant ensemble depuis nos jeunes années aux côtés de Michel Rocard,  il sait pouvoir compter sur mon total engagement .L'ayant toujours connu déterminé , pugnace, je suis convaincue qu'il est le seul à  porter   "le sursaut collectif qui engage tous les progressistes " voulu par le Président de la République . Manuel Valls est le seul à pouvoir mener un combat victorieux contre la droite et l’extrême droite face à laquelle il n'a jamais transigé

Karine Chevalier

samedi, 03 décembre 2016

Le choix de @fhollande est "un choix qui force le respect" @manuelvalls


Valls sur le renoncement d'Hollande: "Un choix... par LEXPRESS

jeudi, 01 décembre 2016

@fhollande : "J’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle"

Mes chers compatriotes,

Je m’adresse à vous ce soir pour vous faire connaître la décision que j’ai prise, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.

Depuis mai 2012, c’est-à-dire la date à partir de laquelle je suis devenu Président de la République, j’ai agi avec les gouvernements de Jean-Marc AYRAULT et de Manuel VALLS pour redresser la France et la rendre plus juste.

Aujourd’hui, au moment où je m’exprime, les comptes publics sont assainis, la Sécurité sociale est à l’équilibre et la dette du pays a été préservée.

J’ai également voulu que notre modèle social puisse être conforté parce que c’est notre bien commun. Je l’ai même élargi pour permettre à ces travailleurs qui avaient commencé très tôt leur vie professionnelle de partir plus précocement à la retraite. J’ai fait en sorte qu’à chacune et à chacun, puisse être accordée une complémentaire santé.

Dans ce contexte, j’ai aussi voulu placer la France au premier rang. Au premier rang de la lutte contre le réchauffement climatique et c’est à Paris, oui, à Paris, que l’accord historique a pu être signé et qui a engagé le monde entier.

J’ai voulu aussi que l’école dispose des moyens indispensables, ceux-là même qui lui avaient été ôtés dans la période précédente parce que l’école, c’est le pilier de la République.

J’ai fait avancer les libertés : le mariage a été ouvert à tous les couples, l’égalité entre les femmes et les hommes a été renforcée et la lutte contre les discriminations, celles qui blessent, a été amplifiée.

J’ai également modernisé notre démocratie avec la réforme territoriale, celle dont on parlait régulièrement et qui n’était jamais faite, avec la fin du cumul des mandats et avec également la transparence que j’ai imposée à tous les élus, à commencer par moi-même, pour être dans l’exemplarité.

Mais l’engagement majeur que j’avais pris devant vous, c’était de faire baisser le chômage. J’y ai consacré, avec les gouvernements, toute mon énergie, j’ai pris tous les risques : j’ai allégé les charges des entreprises parce que c’est la condition pour qu’il y ait davantage d’emplois. J’ai également aidé les embauches, j’ai fait en sorte que la formation professionnelle puisse être une grande priorité, j’ai aussi soutenu l’innovation et l’industrie de demain et j’ai pris la responsabilité de réformer le marché du travail.

Les résultats arrivent plus tard que je ne les avais annoncés, j’en conviens, mais ils sont là : l’investissement, la consommation, la construction repartent et depuis le début de l’année, le chômage enfin diminue mais il reste à un niveau trop élevé et je mesure ce que cette situation peut avoir d’insupportable pour nos concitoyens qui vivent dans la précarité.

Mes chers compatriotes, le monde, l’Europe, la France ont traversé pendant tout mon mandat des épreuves particulièrement graves. J’ai engagé nos forces armées au Mali, en Centrafrique, en Irak, en Syrie pour défendre nos valeurs et pour combattre le terrorisme islamiste qui nous avait frappés et qui nous menace encore − frappés à Paris, à Saint-Denis, à Nice et dans tant d’autres lieux ensanglantés

Dans ces circonstances particulièrement éprouvantes, terribles même, j’ai voulu que soit maintenue la cohésion nationale, que nous puissions éviter les divisions, les surenchères, les stigmatisations et donc les amalgames.

Mais en même temps nous avons tenu bon et j’ai pris les mesures qui étaient nécessaires. Notre arsenal pénal a été durci sans mettre en cause à aucun moment nos libertés. J’ai également procédé à des recrutements massifs dans nos armées, dans la Gendarmerie, dans la Police parce que nous en avons besoin et qu’il y a encore beaucoup à faire. Sur les réfugiés j’ai tenu à ce que la France puisse prendre sa part parce que nous sommes la France, dans l’accueil de ceux qui fuyaient la guerre et qu’en même temps nous puissions toujours maîtriser nos frontières. Sur tous ces sujets, je n’ai qu’un seul regret, et je veux ici l’exprimer : c’est d’avoir proposé la déchéance de nationalité parce que je pensais qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés.

Au niveau européen, j’ai agi en votre nom pour que l’austérité puisse être enfin terminée pour beaucoup de peuples et j’ai fait en sorte que la Grèce puisse rester dans la zone euro parce que sinon elle aurait éclaté cette zone euro, tellement elle était traversée de tensions et de crises. J’ai également régulé la finance, oui la finance, et le système bancaire, parce que ce que j’avais trouvé en 2012 était source de tous les risques.

Voilà ce que j’ai fait. Voilà ce que j’assume devant vous en revendiquant les avancées, en reconnaissant les retards et même en admettant certaines erreurs parce que je porte un bilan et j’en assume toute la responsabilité.

Dans cinq mois, vous aurez, mes chers compatriotes, à faire un choix pour notre pays. La droite vient de désigner son candidat après une large consultation. Je respecte la personne, le parcours de François FILLON, mais j’estime que le projet qu’il porte met en cause notre modèle social et nos services publics sans aucun bénéfice, au contraire, pour notre économie et avec un risque d’aggravation des inégalités.

Quant à l’extrême droite, elle nous appelle au repli, à la sortie de l’Europe et du monde. Elle prend comme référence ce qui vient de se produire aux Etats-Unis. Je vous le dis nettement, franchement : le plus grand danger, c’est le protectionnisme, c’est l’enfermement et ce serait d’abord un désastre pour les travailleurs français. Or, comme Président de la République, je tiens d’abord à ce que le travail en France puisse être soutenu et valorisé.

Plus que quiconque, mes chers compatriotes, je mesure l’enjeu de la période qui s’ouvre. Comme Président de la République, je dois diriger l’Etat, j’ai la responsabilité d’assurer le fonctionnement régulier de nos institutions jusqu’au terme de mon mandat et dans un contexte où la menace terroriste n’a jamais été aussi élevée.

Comme socialiste, parce que c’est l’engagement de toute ma vie, je ne peux accepter, je ne peux me résoudre même à la dispersion de la gauche, à son éclatement, parce qu’elle priverait de tout espoir de l’emporter face au conservatisme et pire encore, face à l’extrémisme.

Pour ma part, je ne suis animé que par l’intérêt supérieur du pays. Le pays, depuis plus de quatre ans et demi, je l’ai servi avec sincérité, avec honnêteté. L’expérience m’a apporté l’humilité qui est indispensable à l’action publique.

Face aux épreuves, j’ai pu avoir une capacité inépuisable de résistance devant l’adversité. Mais le pouvoir, l’exercice du pouvoir, les lieux du pouvoir et les rites du pouvoir ne m’ont jamais fait perdre ma lucidité, ni sur moi-même, ni sur la situation, car je dois agir. Aujourd’hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle.

Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle, au renouvellement donc de mon mandat.

Je tenais ici à vous en faire part directement, comme je m’y étais engagé, au début du mois de décembre, tel que je l’avais moi-même annoncé. Je le fais en prenant toute ma responsabilité mais aussi en en appelant à un sursaut collectif et qui engage tous les progressistes qui doivent s’unir dans ces circonstances parce que ce qui est en cause, ce n’est pas une personne, c’est l’avenir du pays. Je ne veux pas que la France soit exposée à des aventures qui seraient coûteuses et même dangereuses pour son unité, pour sa cohésion, pour ses équilibres sociaux.

Voilà le message que j’étais venu ici vous adresser. Dans les mois qui viennent, mon devoir, mon seul devoir sera de continuer à diriger le pays, celui que vous m’avez confié en 2012, en m’y consacrant pleinement et dans le dévouement le plus total à la République.

Vive la République et vive la France

lundi, 21 novembre 2016

Béziers: une candidate inéligible?

Décidèment le PS est bien mal en point à Béziers. La présentation par Midi-Libre du duo investi pour les législatives ne laisse guère de doute:

midi libre fouilhé.PNG

Cette circonscription étant féminisée, le premier fédéral poussait sa favorite, Dolorès Roqué, désormais seule élue socialiste du Biterrois. Celle-ci ayant décliné l'offre, les regards se tournaient alors vers Karine Chevalier, l'ex conseillère régionale, qui avait vu l'investiture lui échapper par des manoeuvres d'appareil en 2012. Mais l'inimitié bien connue entre elle et le premier fédéral constituait un obstacle, Karine Chevalier ne sollicitait donc pas cette investiture. De son coté, Hussein Bourgi poussait une nouvelle candidature, celle de la secrétaire de section de Vendres, Dominique Fouilhé. Peu connue, elle n'est pas élue et pour cause: elle est directrice au conseil départemental, quelques clics sur internet suffisent à découvrir sa fonction:

fouilhé.PNG

fouilhé2.PNG

Un détail? Presque, sauf que sa fonction la rend inéligible, l'article LO132 du code électoral est tout à fait explicite:

Sont inéligibles en France dans toute circonscription comprise en tout ou partie dans le ressort dans lequel ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d'un an à la date du scrutin les titulaires des fonctions suivantes :...

20° Les directeurs généraux, directeurs généraux adjoints, directeurs, directeurs adjoints et chefs de service du conseil régional, de la collectivité territoriale de Corse, du conseil départemental, des communes de plus de 20 000 habitants, des communautés de communes de plus de 20 000 habitants, des communautés d'agglomération, des communautés urbaines et des métropoles ;

Or l'inéligibilité, contrairement à l'incompatibilité, ne permet pas de se présenter. En clair, la fédération n'a plus qu'à rechercher une nouvelle candidate, sauf à persister dans la méconnaissance du code électoral, ce qui est pour le moins inquiétant.

A force de faire le vide, c'est le vertige qui menace.

 

mardi, 15 novembre 2016

Nous, Européens, vaincrons, le terrorisme islamiste @manuelvalls #13Novembre2015

Le soir du 13 novembre 2015, le terrorisme islamiste frappait la France, à Saint-Denis et à Paris, comme jamais elle ne l’avait été.

Après les attaques sanglantes et ciblées de janvier contre Charlie Hebdo, contre des policiers à Paris et Montrouge, contre le magasin casher de la Porte de Vincennes, les terroristes ont cette fois voulu tuer indistinctement, et le plus grand nombre. Leur but : saisir d’effroi la société dans son ensemble, en s’en prenant à notre jeunesse, à notre mode de vie. A ce moment, en France, et dans les pays d’Europe, nous avons compris que le djihadisme, ce nouveau totalitarisme, pouvait faire irruption n’importe où et n’importe quand.

Et il a frappé à nouveau lourdement, à Bruxelles, en mars 2016, puis à Nice, le 14 juillet dernier, jour de notre Fête nationale.

Pas un jour ne passe sans que je ne pense aux 130 victimes du 13 novembre, aux centaines de blessés, à toutes les autres victimes du terrorisme, à leurs familles. Demain, jour de commémorations, c’est d’abord vers elles que nous nous tournerons, pour les entourer de toute notre compassion, de toute notre fraternité. Demain, la France, unie dans le souvenir, se recueillera.

Cette unité, nous en avons plus que jamais besoin, car nous sommes entrés dans une nouvelle époque et sortis d’une période d’insouciance. Déjà, en 2012, alors ministre de l’Intérieur, j’avais alerté sur ce phénomène du djihadisme, voyant bien qu’il serait le défi majeur de notre temps.

La menace est bien là, pesante, permanente. Elle est intérieure et extérieure, se joue des frontières. Des individus – hommes, femmes, parfois mineurs – radicalisés, embrigadés, connaissant les techniques de combat – parce qu’ils reviennent des zones de guerre d’Irak et de Syrie – sont prêts à passer à l’acte. Rien que pour la France, près de 1700 individus ont quitté le territoire national pour rejoindre les terres djihadistes, au Levant. 700 y sont encore. Ce phénomène massif des filières terroristes concerne, à des degrés différents, tous les pays d’Europe. Nous l’avons encore vu récemment en Allemagne. La menace, ce sont aussi toutes celles et ceux qui, dans nos pays, se forment sur Internet et les réseaux sociaux aux techniques de mort les plus rudimentaires.

Face à cela, nous, Européens, devons plus encore nous prendre en main pour garantir notre sécurité. Et ce d’autant que les Etats-Unis s’impliquent de moins en moins dans les affaires du monde. L’Europe ne peut plus se dédouaner et se réfugier derrière son allié américain.

Nous prendre en main, c’est d’abord mieux protéger les frontières extérieures de l’Union avec des contrôles systématiques et obligatoires, y compris pour les ressortissants européens. Une agence des gardes-frontières et des gardes-côtes, mobilisant au moins 1500 personnes, a enfin été créée, avec la mission d’intervenir en renfort lorsqu’un Etat ne peut protéger seul ses frontières, notamment en cas d’afflux massifs de migrants dans lesquels, il faut le dire sans naïveté, des terroristes peuvent se glisser.

Les flux au sein de l’Union européenne doivent eux aussi être encadrés strictement. Qu’il s’agisse des individus – c’est le sens du dispositif Passenger Name Record (PNR), qui permet de tracer les déplacements, y compris sur les vols en Europe. Qu’il s’agisse, également, des capitaux ; car lutter contre le terrorisme, c’est lutter aussi contre tous les flux financiers illégaux qui l’alimentent. Qu’il s’agisse, enfin, des armes à feu, d’où l’importance de la directive visant à lutter contre les trafics.

Sur tous ces sujets, des progrès ont été réalisés, souvent à l’initiative de la France. Il faut aller plus loin en nous dotant, comme les Etats-Unis l’ont fait, d’un système européen d'autorisation de voyager (ESTA) pour effectuer tous les contrôles de sécurité en amont des voyages.

Se prendre en main, c’est aussi bâtir une armée européenne, des forces mobilisables immédiatement, avec une totale autonomie stratégique. C’est le sens du fonds européen dédié à la défense et à la sécurité, que la Commission va proposer prochainement. Et chaque pays doit augmenter son effort de défense en y consacrant au moins 2% de son PIB. Cette cible n’est pas un totem, c’est la condition pour faire face à tous les types de menaces et peser dans le concert des Nations.

En matière de Défense, il ne peut plus y avoir de « passager clandestin ». Nous sommes tous sur le même navire ! La France assume aujourd’hui une grosse part de l’effort, pour frapper Daesh dans ses bastions, en Irak et en Syrie, et combattre les groupes djihadistes en Afrique. Elle ne peut pas être la seule.

Il y a l’Europe. Il y a aussi ce que chaque pays doit faire à son niveau. En y mettant les moyens et les effectifs nécessaires. En adaptant ses textes de loi. C’est ce que nous avons fait en France. En développant, aussi, une nouvelle culture de sécurité, de nouveaux réflexes, pour intégrer pleinement la menace dans nos vies quotidiennes. Chaque citoyen doit devenir acteur de la sécurité, en étant formé aux premiers secours, en étant sensibilisé à l’attitude à adopter en cas d’attentat ou en consacrant une partie de son temps libre au service des forces de sécurité et de défense. C’est ce que nous mettons en place en France, avec un réel engouement – dont je me réjouis – de la part de mes compatriotes.

Chaque pays doit aussi coopérer pleinement en matière de lutte antiterroriste. Pas seulement par des déclarations de principe, mais par des actes, au-delà de ce qui existe déjà. Je pense notamment au « Système d’information Schengen » qui doit être mieux alimenté pour détecter et anticiper les déplacements des individus radicalisés. Toutes les polices européennes doivent avoir accès à ces informations.

Chaque pays doit enfin assécher le terreau sur lequel le terrorisme prospère, c’est-à-dire lutter avec la plus grande force contre le poison salafiste, ce carburant de la radicalisation.

Il faut partir d’un constat lucide : s’il y a un souvent un lien entre basculement dans le terrorisme et délinquance, les profils de milliers d’individus radicalisés sont très larges. Il n’y a pas, contrairement aux clichés, que des jeunes musulmans issus de l’immigration et résidant dans les quartiers populaires. On sait notamment que la proportion de jeunes convertis est importante. Il faut, en s’appuyant sur les experts, les universitaires, étudier ces phénomènes de radicalisation, en décortiquer tous les mécanismes, pour mieux les combattre.

Ce combat contre la radicalisation se mène sur Internet, contre les prêcheurs de haine, les imams auto-proclamés qui, dans de soi-disant lieux de culte, ou en prison, corrompent les esprits. C’est le rôle des pouvoirs publics. Mais il ne suffit pas d’interdire, il faut aussi contrer ces théories mortifères. Les instances musulmanes dans chacun de nos pays ont un immense rôle à jouer. Je ne veux pas une Europe où les musulmans sont montrés du doigt, victimes de tous les amalgames. Je veux une Europe où un Islam moderne, compatible avec nos valeurs démocratiques, brille aux yeux du monde. Quel revers cinglant pour l’islamisme politique qui veut nous diviser, nous jeter les uns contre les autres, en exploitant les failles qui existent.

Nos sociétés sont, en effet, travaillées par des tentations de rejet, d’enfermement dans des projets de contre-société, de rupture violente avec ce qui fait notre vie collective. Cette radicalité séduit de plus en plus, notamment nos jeunesses – c’est le grand défi de l’Europe. Face à cela, il faut bâtir un contre-discours puissant et mobilisateur, offrir de nouvelles possibilités d’engagement, rappeler en permanence ce qui nous unit. Il faut surtout continuer à lutter sans relâche contre le racisme, l’antisémitisme, les actes anti-musulmans ou anti-chrétiens, contre toutes les formes de haine et contre les discriminations.

Un an après le 13 novembre, je mesure les interrogations qui traversent nos sociétés. Elles sont inquiètes. Nous leur devons la vérité. Oui, le terrorisme nous frappera encore. Mais, oui, nous avons en nous toutes les ressources pour résister et toute la force pour vaincre. Nous, Européens, vaincrons, le terrorisme islamiste.

 
 
Manuel Valls
 

samedi, 12 novembre 2016

Ecole:sortons des faux débats

Le débat télévisé qui devait vous permettre d'exposer vos projets pour l'école a sacrifié le thème de l'éducation : c'est regrettable. Sur ce sujet plus encore que sur tous les autres, les Français ont droit à un débat de fond qui dépasse la surenchère démagogique sur l'autorité et les mensonges sur les réformes de ce quinquennat. L'école de la République mérite mieux que d'être l'éternelle victime des alternances politiques. Sommes-nous capables de nous mettre d'accord sur l'essentiel, et de lui garantir une politique publique stable dans la durée, ainsi que le préconise depuis si longtemps l'ensemble de la communauté éducative de notre pays ?

Si nous voulons bien admettre qu'il faut des enseignants devant les élèves dans les salles de classe, la question de leur recrutement se pose. Or, s'il est une orientation qui recueille votre assentiment enthousiaste et unanime, c'est la purge sans précédent à laquelle vous souhaitez soumettre les moyens que la Nation consacre à son école. Sur la durée du prochain quinquennat, Bruno Le  Maire et François Fillon entendent supprimer 500 000  postes de fonctionnaires, Nicolas Sarkozy 300 000 et Alain Juppé entre 200 000  et 250 000. Jean-François Copé propose un gel total des embauches et Nathalie Kosciusko-Morizet la suppression du statut de fonctionnaire pour tous les emplois " non régaliens ", dont les enseignants.

Si les effectifs consacrés à la sécurité et à la justice sont épargnés, c'est donc au bas mot 100 000  emplois que vous envisagez de supprimer dans l'éducation nationale. Bien plus que les 80 000  postes détruits entre 2007 et 2012. Alors que ce ministère compte environ 20 000  départs à la retraite par an, votre proposition signifie donc au minimum n'en remplacer aucun et fermer, faute de postes, les concours auxquels se destinent des milliers de jeunes qui se préparent à enseigner. Avec 100 000 fonctionnaires en moins, l'idée même de remplacer un professeur absent devient une chimère, l'abandon des écoles rurales une évidence, et l'explosion des effectifs en classe une certitude, au moment même où la démographie scolaire remontera dans le 2d degré.

 

Vous voulez faire des économies sur l'éducation ? Assumez alors ce qu'un tel saccage signifie demain pour les élèves, les familles, les enseignants. Assumez l'apparition de déserts éducatifs dans les territoires fragiles, urbains ou ruraux et la fin de toute ambition républicaine pour transmettre aux enfants de France une identité commune. Assumez, enfin, que tous ces adultes en moins dans les salles de classe et les cours de récréation, ce n'est pas vraiment l'idéal pour " rétablir l'autorité ".

Pour échapper à ce devoir de transparence dans vos engagements, vous évoquez les comparaisons internationales. Mais que montrent-elles ? Que la performance de notre système éducatif n'a cessé de se dégrader depuis 2003, et que le poids des déterminismes sociaux sur la réussite des élèves français, lui, n'a cessé d'augmenter sur la même période. Quand d'autres pays, dont l'Allemagne, réagissaient très tôt pour lutter contre ces inégalités de réussite, vous engagiez la France dans une décennie de déclin éducatif que les efforts historiques consentis au cours de ces cinq dernières années ne suffiront à enrayer que s'ils sont soutenus sur le long terme.

Au lieu de cela, vous proposez le tri précoce des élèves, toujours les mêmes. Dès le CP pour Nicolas Sarkozy, en créant des classes spéciales où reléguer les élèves en difficulté. En orientant dès la 6e vers une professionnalisation rapide pour Bruno Le Maire. Ou en développant l'apprentissage précoce à 15 ans, avant la fin de la scolarité obligatoire pour François Fillon. Comme si la démocratisation scolaire était allée trop loin. Comme si l'orientation subie et imposée n'était pas la source des frustrations et de l'échec. Comme si la relégation scolaire des élèves en difficulté permettait la revalorisation de la filière professionnelle que chacun appelle par ailleurs de ses vœux. L'école du libre choix, progressif, accompagné, réversible a déjà permis, elle, de diminuer de 30 000 en cinq ans le nombre de jeunes sortant sans qualification ? N'est-ce pas préférable ?

La priorité au primaire dites-vous ? Aux fondamentaux ? Alors pourquoi proposer, comme vous le faites, de supprimer la cinquième matinée de classe dont bénéficient les écoliers depuis la réforme des rythmes scolaires ? Pour revenir à un nombre de jours d'école parmi les plus faible des pays de l'OCDE ? Pourquoi vouloir mettre fin au " plus de maîtres que de classes " qui fait des merveilles sur le terrain pour compenser, dès qu'elles apparaissent, les difficultés scolaires ? Est-ce ainsi que nos enfants maîtriseront mieux ce précieux lire-écrire-compter qui nous tient tant à cœur ? Est-ce en sacrifiant à nouveau la scolarisation des moins de 3 ans, que vous avez déjà divisée par trois quand vous étiez aux responsabilités que nous réduirons les inégalités dans l'apprentissage du français ? Où est la cohérence à reconduire ce qui a échoué dans le passé ?

 

L'école de la République, ses enseignants, ses élèves, nos enfants, à tous, méritent mieux que le grand bond en arrière que vous leur promettez. Regardons devant nous, avec un autre état d'esprit que le clivage permanent.

Parce que la réforme du système éducatif ne produit ses effets qu'à l'échelle d'une génération d'élèves, il nous faut de la continuité républicaine dans les politiques publiques qui sont conduites.

Parce que le sens d'une politique éducative, c'est évidemment son niveau de performance sur le niveau des élèves et leur future insertion professionnelle, mais c'est aussi sa capacité à construire des citoyens confiants, des adultes heureux, libres, entreprenants et créatifs, nous devons débattre des questions de pédagogie, de transmission des savoirs et des valeurs.

Parce que nous vivons une époque mondialisée, numérisée, qui connaît des mutations économiques, technologiques, sociales, environnementales et culturelles plus rapides et profondes que jamais dans l'histoire, nous devons débattre maintenant de la place des langues vivantes, de l'apprentissage du code, des arts, ainsi que du numérique et de l'innovation à l'école.

Parce que personne ne sait aujourd'hui quels seront les métiers, emplois et compétences de demain, nous devons débattre de notre politique publique d'orientation, mais aussi de la reconsidération des filières techniques et professionnelles pour élever le niveau de qualification de tous nos élèves et élargir tous les viviers de l'excellence.

Parce que la société française traverse une crise grave, longue et profonde, qui remet en question sa démocratie, ses institutions, son modèle social, son rapport à l'immigration ou aux religions, nous devons débattre de la place de l'école de la République pour faire en sorte que nous réaffirmions, tous ensemble, la confiance que nous avons en elle, dans son personnel et les enseignants qui, malgré les difficultés, ont toujours répondu présent, et continuent de le faire avec compétence, engagement et courage en cette rentrée scolaire.

Ainsi, peut-être, je le souhaite et je l'espère, nous sortirons des faux débats, des polémiques minuscules ou des considérations grotesques sur les vertus comparées de la tablette numérique et de l'uniforme pour enfin aborder les vrais enjeux de l'école au XXIe  siècle.

Najat Vallaud-Belkacem

mardi, 08 novembre 2016

#Hollande en solitaire

A priori, rien de nouveau : si François Hollande décide de ne pas se porter candidat à  l'élection présidentielle, Manuel Valls apparaît le mieux placé. C'est ce que pense le chef de l'Etat, ce que croient ses fidèles et ce qu'a publiquement déclaré le ministre de la défense, dimanche 6  novembre, au micro d'Europe 1.

Et pourtant les propos de Jean-Yves Le Drian jettent le trouble, comme si un ressort avait cassé et que lui-même, qui accompagne François Hollande depuis le milieu des années 1980, ne souhaitait pas que son ami se représente.

Un indice ? Il reste à peine un mois au président de la République pour indiquer son choix aux Français. Or, pas plus que les élus, pas plus que le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, pas plus que le premier ministre, Jean-Yves Le Drian ne fait monter le désir ni n'invoque un argument qui rendrait désirable ou irréfutable la candidature de François Hollande.

Cruelle désillusion

" Quand on voit la manière dont la gauche ressemble à une bombe à fragmentation… Il faut une boussole. Est-ce que la boussole sera le président de la République sortant ? C'est à lui de le dire ", a-t-il déclaré, laissant l'intéressé seul juge de sa décision.

Quelle solitude ! Et ce n'est pas la première fois qu'un très proche du chef de l'Etat exprime ainsi un doute. Récemment, sur France Info, le ministre de l'économie et des finances, Michel Sapin, avait lui aussi désigné Manuel Valls comme candidat de substitution si François Hollande déclarait forfait en invoquant " la légitimité institutionnelle du chef du gouvernement, deuxième personnage de l'Etat, pour rassembler la gauche ".

Le 21  octobre, dans Marianne, l'avocat Jean-Pierre Mignard, un autre intime du président, s'était montré encore plus direct en déclarant : " A titre personnel, et amical, je souhaite qu'il s'évite une humiliation. " Des mots forts pour exprimer une cruelle désillusion sur la façon dont le " président normal " a exercé le pouvoir. Jean-Pierre Mignard n'a pas digéré que, devant des journalistes, le chef de l'Etat ait pu disserter sur la " lâcheté des magistrats ".

Jean-Yves Le Drian, chargé de " la Grande Muette ", supporte mal de devoir voler au secours de François Hollande, accusé de " forfaiture " par Nicolas Sarkozy après que le chef de l'Etat eut, devant les mêmes journalistes, reconnu avoir autorisé quatre opérations dites " Homo " (assassinats ciblés contre des ennemis).

Donc, quand le ministre de la défense vante " la compétence, le courage, la volonté, la détermination " du premier ministre, alors qu'il n'a pas eu un mot de soutien pour le président, on a du mal à croire qu'il ne pousse pas en fait Manuel Valls vers l'Elysée, comme il l'avait, à la fin de l'hiver 2014, mis sur orbite pour Matignon. A l'époque, il s'agissait d'aider François Hollande à être président. Cette fois, il s'agit de lui éviter le naufrage.

par Françoise fressoz

jeudi, 27 octobre 2016

François Mitterrand, retour sur 2 septennats

mardi, 25 octobre 2016

François Hollande, à ses risques et périls

François Hollande est décidément un animal politique très singulier. A la fin de l’été, déjà, les Conversations privées avec le président, d’Antonin André et Karim Rissouli (Albin Michel), puis le « Ça n’a aucun sens », d’Elsa Freyssenet (Plon), avaient surpris : ces deux ouvrages de journalistes esquissaient la chronique du mandat en cours à partir de nombreuses rencontres avec le président de la République.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux confrères du Monde, ont poussé l’exercice beaucoup plus loin : les 660 pages de leur volumineux « Un président ne devrait pas dire ça… » (Stock), revisitent la plupart des événements qui ont marqué ce quinquennat et le font avec l’entière complicité du chef de l’Etat qui a reçu les deux auteurs une soixantaine de fois depuis le printemps 2012 jusqu’à l’été 2016, soit une centaine d’heures de conversations enregistrées.

Il s’agissait donc d’une entreprise délibérée, parfaitement assumée, ritualisée en quelque sorte. Qu’il pleuve ou qu’il grêle, et il n’a pas manqué de grêler depuis son entrée à l’Elysée, François Hollande a maintenu cette « séance » mensuelle d’entretien avec les deux journalistes.

Le résultat est saisissant, à plus d’un titre. C’est peu dire que cette avalanche de confidences, d’analyses et de commentaires délivrés par le président a jeté le trouble. D’abord, c’est inévitable, chez tous ceux – ministres, responsables politiques, collaborateurs – qui se trouvent bien souvent épinglés comme des papillons, au fil des événements auxquels ils ont participé et que décortique le chef de l’Etat.

Aucun d’entre eux ne pouvait ignorer que son amabilité naturelle et son humour n’effacent, en rien, un regard d’entomologiste, auscultant froidement les fonctionnements, les forces et les faiblesses des uns et des autres. Mais le constater, écrit noir sur blanc, entre guillemets et à ses dépens, est une expérience qui peut être cruelle, voire humiliante

Au-delà de ces blessures d’amour-propre, et l’on emploie l’expression dans son sens le plus dense, le trouble, à l’évidence, est beaucoup plus large, plus profond.

Pour l’observateur de la scène politique, l’analyse clinique de son action par le président de la République, au plus près de son déroulement, des obstacles rencontrés, des solutions échafaudées, des replis, des embardées, des erreurs, des réussites, du hasard et de la nécessité, est passionnante. Pourquoi le cacher ! Les mémoires des hommes politiques s’efforcent, a posteriori, de donner à l’histoire une cohérence gratifiante. François Hollande se livre, lui, à cet exercice à chaud, et sans filet.

Mais l’on peut facilement imaginer la perception qu’en auront bon nombre de lecteurs. Derrière cette volonté inlassable de s’expliquer et de plaider sa cause, l’aveu au moins implicite qu’il n’a pas su convaincre le pays. Derrière cette introspection de son pouvoir – et, tout autant, des accidents de parcours de sa vie privée dont il n’a pu empêcher la publicité –, une forme de narcissisme aux antipodes de la gravité, du secret même, dont les Français continuent à vouloir entourer la fonction. Derrière ces entretiens incessants avec les journalistes, une étrange solitude dont il ne se cache pas.

Les dégâts ont d’ailleurs été immédiats. Il y a peu, beaucoup, dans son camp, admettaient bon gré mal gré qu’il brigue un second mandat ; désormais, ils se posent la question de savoir si c’est encore possible et souhaitable.

De là à penser que ce livre serait une entreprise suicidaire, il n’y a qu’un pas souvent franchi ces derniers jours. A tort, nous semble-t-il. Car l’on ne connaît guère de responsable politique moins anxieux que lui, plus imperméable à l’adversité, plus assuré de sa bonne étoile.

Tout sauf suicidaire, donc. Pas davantage naïf, cela se saurait. Quand il s’inquiète, au cours de sa dernière conversation avec les auteurs, que son témoignage « puisse être exploité négativement », gageons que cela relève de la pirouette finale.

 

Il a donc pris ce risque, délibérément. Pourquoi ? La question intrigue, même si l’on est réduit aux conjectures – ou à la psychologie de comptoir ! La postérité ? Probablement. L’on sait François Hollande très soucieux de la trace qu’il laissera dans l’histoire, très attaché à mettre en valeur les quelques choix, gestes ou réformes qui signent une présidence. Après tout, en la matière, on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Si Davet et Lhomme ont été à l’initiative, le président les a ensuite choisis comme mémorialistes.

La rationalité est une autre piste. Contre une perception dangereuse où tout ne serait que cynisme, manipulation, instrumentalisation ou complot, le professeur Hollande aurait voulu affirmer, preuves à l’appui, sa conception de la politique : un exercice rationnel, presque un art à ses yeux, où se conjuguent une capacité tenace d’arbitrage entre des contraintes, un plaisir véritable à surmonter les obstacles et un souci de l’efficacité sans cesse invoquée… sinon démontrée durant son mandat.

La liberté, enfin, qui est sans doute l’essentiel. Comme chez François Mitterrand, sa référence permanente, son seul modèle. Le hasard veut qu’aient été publiés, au même moment, le journal et la correspondance de Mitterrand adressés à sa compagne Anne Pingeot.

Or, au-delà de tout le reste, de la chronique d’une époque, du récit d’une passion, ces deux textes témoignent de l’extraordinaire détermination de l’ancien président à s’affranchir de toute contrainte, à imposer ses choix privés autant que publics, à affirmer son indépendance – jusqu’à la provocation ou la désinvolture. A sa manière, à son échelle, François Hollande a pris la liberté de dire sa vérité. Quoiqu’il lui en coûte. Quoiqu’il en coûte à autrui. A ses risques et périls.

 

 

 

 


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lundi, 24 octobre 2016

Requiem pour la gauche ?

Il y avait quelque chose d'assez désespéré dans l'appel au rassemblement lancé samedi 22  octobre, à Tours, par Manuel Valls à " Arnaud, Emmanuel, Benoît et Aurélie ", au terme de cette semaine tragique où les socialistes ont douté du chef de l'Etat.

On se demande bien en effet ce qui pourrait pousser vers le bercail les brebis égarées. L'une après l'autre, elles ont quitté le gouvernement au motif que François Hollande avait trahi ses engagements, que Manuel Valls était trop droitier ou que les deux n'avaient pas voulu voir le monde tel qu'il est.

La peur de perdre qui, d'ordinaire, pousse à serrer les rangs, ne jouera pas cette fois car, c'est terrible à dire, tout le monde, à gauche, a déjà intégré la défaite. L'humiliation de voir le candidat issu des rangs socialistes risquer de ne pas figurer au second tour de la présidentielle, comme l'indiquent au-jourd'hui les sondages, n'est pas non plus une arme efficace. Après tout, ce ne sera pas la première fois dans l'histoire de la Ve  République.

La honte de voir la fille de Jean-Marie Le Pen en mesure de rééditer le 23  avril 2017 le scénario du 21  avril 2002 est un argument plus sérieux. Mais même cette perspective ne fait plus réagir les socialistes. Face au risque FN, encé-phalogramme plat ! Le réflexe unitaire, actionné à chaque coup dur, ne fonctionne plus. Le PS est arrivé à épuisement de sa survie.

Par-delà les contingences, il y a à cela une raison très profonde : entre la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de la présidentielle de 2002 et celle possible de sa fille pour le second tour de 2017, il s'est déroulé un cycle de quinze ans durant lequel le premier parti de gauche, entouré de ses alliés, a parfois sauvé la mise mais sans réussir à démontrer qu'il était capable d'incarner le changement ni remettre en marche l'ascenseur social.

Des pans entiers de l'électorat ont fui. L'alliance entre les classes moyennes et populaires, qui avait assuré la victoire de François Mitterrand en  1981, s'est brisée. L'addition se paie aujourd'hui cash : la gauche apparaît à la fois nue, rétrécie et impuissante, avec à son passif une courbe du chômage qui résiste aux injonctions.

La sanction électorale apparaît si inévitable que personne ne se bat plus pour l'enrayer. Il faut juste s'en protéger. Pour s'exonérer, l'aile gauche ne cesse de reprocher au gouvernement sa dérive libérale, tandis que la gauche gouvernementale déplore amèrement l'irresponsabilité de ceux qui ont frondé, sans cesser pour autant de leur tendre la main.

Une spirale mortifère est en marche, que rien ne semble pouvoir arrêter : ni l'impopularité record du chef de l'Etat ; ni la volte-face de son premier ministre qui, après avoir constaté l'existence de " deux gauches irréconciliables ", tente en vain de recoller les morceaux ; ni l'impasse dans laquelle semblent se fourvoyer ceux qui prétendent incarner l'alternative.

A ce stade, Arnaud Montebourg ne parvient, pas plus qu'Emmanuel Macron, à démontrer qu'il peut sauver la gauche. Le premier est bloqué par Jean-Luc Mélenchon, le second gêné par Alain Juppé, qui tente d'attirer à lui les déçus de François Hollande dans le cadre de la primaire de la droite et du centre. Tout ce qui se chante en ce moment est un requiem pour la gauche.

par Françoise Fressoz

dimanche, 23 octobre 2016

@manuelvalls : la gauche peut être pulvérisée



Intervention de Manuel Valls - Université de l... par PartiSocialiste