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vendredi, 18 mai 2012

Pas de candidature unique!

La réunion de la dernière chance, ainsi que l’avait baptisé le représentant de l’Appel de Béziers, n’a pas permis d’aboutir à une candidature de la gauche sur la 6e circonscription.

Même si les cinq candidats réunis ce midi (Dolorès Roqué pour le PS, Paul Barbazange pour le Front de Gauche, Florence Brutus pour le PRG, Didier Ribo pour l’Appel de Béziers et le représentant du Divers gauche Antonio Fulleda) ont assuré qu’ils vont travailler "à la mobilisation des électeurs de gauche pour que la droite et l’extrême droite soient battues au deuxième tour", tous ont décidé, pour l’instant, de maintenir leur présence au premier tour. Le dépôt des candidatures est fixé à 18 h, ce vendredi

Midi Libre

Jour de fête !!

En plus du fait que je sortais hier enfin de l'hosto, ma journée a été illuminée par la belle annonce du dégagement de Martine Aubry !

Enfin une bonne nouvelle! Quand on se souvient la manière dont elle s'est emparé du Parti à Reims, quand on voit avec quelle constance elle a dénigré François Hollande, l'affublant de tous les noms d'oiseaux, quand on se rappelle comment à la fin de la primaire elle a tapé sous la ceinture, donnant du grain à moudre à la droite, on ne peut que se réjouir de cette fin de course...

Et que dire de son action néfaste dans le Languedoc Roussillon et dans l'Hérault!

scorpion_006.gifNous n'oublierons pas qu'elle a tout fait pour nous faire perdre la Région en 2010 en retirant l'investiture de notre liste menée par Georges Frêche et votée par les militants, qu'elle nous a fait exclure du PS, qu'elle a monté contre nous une liste dite socialiste avec Mandroux (qui a fait le brillant score de 7%) , qu'elle a cassé la fédération socialiste de l'Hérault en la mettant sous tutelle de façon illégitime, qu'elle a privé de vote les militants pour les investitures aux élections législatives , et je pourrai continuer ad nauseam encore l'énumération de ses méfaits!!!

Alors, au revoir Martine! Tu avais dit  en devenant première secrétaire qu'à Solférino, même les chiottes ne marchaient pas . Tu vas pouvoir désormais te consacrer pleinement à celles de Lilles !! 

Karine Chevalier

jeudi, 17 mai 2012

FULLEDA CANDIDAT !!

Selon nos informations, le socialiste Antonio Fulleda a déposé sa candidature hier en préfecture, par l'intermédiaire de son futur suppléant.

Celui qui prône une candidature unique à gauche dans la 6ème circonscription de l'Hérault a donc répondu à l'appel de son comité de soutien, qui estime qu'il est le plus légitime pour remporter ces législatives face à Elie Aboud ou Guillaume Vouzellaud.

L'investiture socialiste ayant toutefois été confiée à Dolorès Roqué en décembre dernier, c'est sous l'étiquette "divers gauche" que le dossier a été enregistré. Joint hier soir par téléphone alors qu'il sortait de la cour d'assises de l'Aude, le magistrat n'a ni confirmé, ni démenti l'information.

Il a seulement répété qu'il appelait toujours à "un rassemblement", ajoutant qu'il tiendrait une conférence de presse samedi matin.

Antonio Fulleda est pour l'instant le cinquième candidatà gauche sur la 6ème.


Midi Libre

mercredi, 16 mai 2012

La vengeance d'Aubry

Pour Martine Aubry, la vengeance est un plat qui se mange chaud. Les alliés de la première secrétaire du PS, tout juste écartée de Matignon, ont fait un coup de force ce mercredi matin lors d'une réunion du secrétariat national du parti qui traitait des derniers points chauds aux législatives.

Alors que la première circonscription de la Somme était promise à Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet de François Hollande durant la campagne présidentielle, les aubrystes ont finalement décidé d'accorder l'investiture socialiste à l'une des leurs, Pascale Boistard, adjointe au maire de Paris.

Idem dans la douzième circonscription des Hauts-de-Seine, où Juliette Méadel, conseillère municipale à Paris et membre de l'équipe de campagne du candidat socialiste à la présidentielle, tenait la corde. Jean-Marc Germain, qui n'est autre que le directeur de cabinet d'Aubry au PS et à la mairie de Lille, lui a été préféré.

Les hollandais présents à la réunion ont pourtant proposé un compromis : à nous la Somme, à vous les Hauts-de-Seine. Mais les aubrystes, majoritaires au secrétariat national, leur ont opposé une fin de non-recevoir. Des rebondissements sont cependant à prévoir : difficile d'imaginer les hollandais se laisser ainsi humilier.

 

Nouvel obs

mardi, 15 mai 2012

Roqué candidate

Ce n'est évidemment pas un scoop, mais cette fois, Dolorés Roqué est candidate aux législatives. Elle était la première à déposer son dossier en préfecture hier matin, dans le même temps que les neuf représentants héraultais du front national. Voilà qui coupe l'herbe sous le pied à celles et ceux qui espéraient encore ouvrir des négociations. Notamment le comité de soutien à Antonio Fulleda, qui estimait ce week-end que le magistrat est plus légitime. Comme pour prouver le contraire, Mme Roqué est ensuite montée à Paris pour participer au dernier conseil national du PS de François Hollande "comme tous les candidats investis par le PS" a-t-elle ajouté.

Guillaume Vouzellaud, Florence Brutus et Elie Aboud ont également déposé leur candidature.

 

Midi Libre

dimanche, 13 mai 2012

D'une digue républicaine à l'autre

La droite rêvait d'un adversaire commode. Une gauche laxiste, voire complaisante, envers le communautarisme et l'intégrisme. C'était sa martingale, sa seule chance de repasserAttaquer sur les valeurs quand sonnerait l'heure du bilan économique. Les angles d'attaque étaient prêts. Les horaires de piscines non mixtes, les menus séparés à la cantine... Il suffirait de faire le lien avec le vote des étrangers aux élections municipales pour allumer la mèche. Le climat était favorable : un attentat islamiste et 17,9 % de marinistes. Le feu allait prendre. Il permettrait de faire écran de fumée, voire, qui sait, de renverser la table pendant l'entre-deux-tours. Avec un récit simple : prétendre avoir le monopole du courage et de la laïcité, pour mieux dépeindre la gauche en alliée objective de l'islamisme.

Fantasme

Rien n'a été négligé pour servir ce refrain. Ni l'appel imaginaire de 700 mosquées, ni ressortir Tariq Ramadan des tiroirs. Tant pis si tout, ou presque, relevait du fantasme... Si l'appel des 700 mosquées n'a jamais existé et si des intégristes ont, en revanche, distribué des tracts appelant à voter contre le candidat socialiste. Si Tariq Ramadan ne soutient pas François Hollande, et si François Hollande ne cautionne pas celui qu'il a qualifié "d'idéologue suisse professant des thèses qui ne sont pas les nôtres". Qu'importe que les horaires de piscines non mixtes à Lille soient terminés, mais qu'ils continuent dans certaines villes tenues par l'UMP... Qu'importe.

Sur ces sujets, depuis dix ans, la droite avait toujours l'air plus crédible que la gauche. Jusqu'à ce débat de l'entre-deux-tours où, sans l'ombre d'une ambiguïté, François Hollande a prononcé ces mots : "Sous ma présidence, il n'y aura aucune dérogation aux règles de la laïcité." Soudain, le brouillard s'est dissipé, et la droite a aperçu une digue qu'elle avait sous-estimée : la gauche républicaine et laïque. Celle qui veut constitutionnaliser la loi de 1905 quand Nicolas Sarkozy voulait la"toiletter", au nom d'une "laïcité positive" laissant entendre que la laïcité française est négative. Celle qui refuse de mettre le prêtre, le pasteur ou l'imam au-dessus de l'instituteur, quand Nicolas Sarkozy rêve d'un manteau d'Eglises et d'écoles confessionnelles propre à favoriser le repli communautariste.

Non seulement, cette gauche existe mais elle a gagné sa bataille contre la gauche obscurantiste, tentée de trouver des circonstances atténuantes à l'intégrisme. Au nom du multiculturalisme, de l'antisionisme ou par peur du racisme. Cette gauche existe, mais elle a perdu. Electoralement et même intellectuellement. La digue a tenu. Et la tentation obscurantiste, qui incarnait le danger de la décennie passée, a été contenue.

C'est une autre digue qui donne des signes de faiblesse. Celle qui sépare la droite républicaine de l'extrême droite et de sa tentation de repli communautariste. Au service non plus de l'intégrisme mais du racisme. C'est à cette droite républicaine, désormais, de nous prouver qu'elle peut tenir. A elle de nous donner rendez-vous. Pour savoir si la tentation obscurantiste peut nourrir la tentation nationaliste. Ou si les deux vont échouer.

Caroline Fourest

samedi, 12 mai 2012

Législatives : réunion Béziers 1

Six jours après la victoire de François Hollande, Antonio Fulleda, au nom de la section socialiste Béziers 1, propose une réunion, ce soir à 18h au bar de la Comédie, pour "analyser les résultats de l'élection présidentielle", Mais aussi (et surtout?) pour "un débat sur les élections législatives". Avec quelle conclusion?

vendredi, 11 mai 2012

Christian Bourquin réunit les candidats aux législatives

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JM MART)


Christian Bourquin a réuni 16 des 21 candidats socialistes auxlégislatives en Languedoc-Roussillon, hier matin, symboliquement un 10 mai, à Montpellier devant le conseil régional. Il souhaitait ainsi défendre l’idée d’"un collectif" de futurs députés soutenant les dossiers forts que sont la viticulture ou le développement économique...

Pour que "le sud soit présent à l’Assemblée nationale", a-t-il lancé, en guise de déclinaison politique de l’opération Sud de France. Avec à la clé une charge contre l’héritage UMP : "Sur les droits de plantation, c’est eux qui ont sacrifié la région. Sur le commerce extérieur, il faudra promouvoir les produits à l’étranger. On a poussé Sud de France. Quel est le député UMP qui est venu travailler avec nous ? Personne".

S’élever contre "Tous les fadas du camp d’en face"

Et le président Bourquin de s’élever contre "tous les fadas du camp d’en face comme Guéant ou Morano qui disent “Ne laissons pas une majorité à François Hollande”, une cohabitation en période de crise, quel massacre !"

"On a tous beaucoup travaillé pour François Hollande, insiste le député audois Jean-Claude Pérez. On n’a pas fait tout ça pour que Copé devienne Premier ministre."

Objectif : inverser la tendance actuelle

Passer de six députés socialistes dans la région, sur 23 au total, à une très large majorité. Mais l’affichage et les remerciements adressés par les candidats au président Bourquin n’effacent pas les cafouillages. Sur les cinq candidats absents, trois étaient “vezinhistes”, proches du président du conseil général héraultais : Mesquida, Roig et Roqué. Ils n’auraient pas reçu de confirmation de la réunion.


Midi Libre

mercredi, 09 mai 2012

LEGISLATIVES BEZIERS: ET MAINTENANT?

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Tout le monde a les yeux braqués sur les législatives. Vont-elles confirmer la suprématie de la droite ou donner au Président de la République une représentante de sa majorité ?

Pour l'instant, les candidats connus sont : le sortant Elie Aboud (UMP), Alain Ricard (extrême droite), Guillaume Vouzellaud (FN, Florence Brutus (PRG), Paul Barbazange (FDG), Didier Ribot (l'appel de Béziers) et Dolorès Roqué (PS).

Au vu des résultats du premier tour des présidentielles dans la circonscription qui ont donné le FN en tête (27,73%) suivi de l'UMP (27,22%) et du PS (24,04%), on se dit que la partie va être pour le moins serrée à gauche. Il faut rappeler que 12,5% des inscrits sont nécessaires pour être automatiquement au second tour.

«Nous nous trouvons devant deux hypothèses, explique Jean-Michel Du Plaa, Soit Dolorès Roqué arrive en seconde position et elle est directement qualifiée pour le second tour, soit elle parvient à totaliser 10 764 voix et quelle que soit sa place, elle revient en seconde semaine.»

Avec quatre candidatures enregistrées à gauche, la déperdition des voix risque d'être grande. « Quatre candidatures ? D'après ce que j'ai pu entendre, il y en aurait cinq à gauche, confie goguenard Elie Aboud. Il me semble qu' Antonio Fulleda (PS) va se présenter... »

 

Un temps évoquée, une candidature unique semble tout de même loin d'être finalisée à Béziers. Même si des accords sont trouvés au niveau national, on doute qu'ils se matérialisent localement. On pense notamment au Front de Gauche où la réaction d'Aimé Couquet, directeur de campagne du candidat Paul Barbazange, laisse peu d'espoir dans ce sens, ou au PRG de Florence Brutus.


Hérault du Jour

08 mai 2012

 

 

Législatives: quels pronostics?

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mardi, 08 mai 2012

Hollande vainqueur solitaire

 


François Hollande au balcon du son QG de campagne à Paris, le 7 mai.

 

C'est souvent dans une extrême solitude que naissent ces épopées-là. Celle-ci pourrait commencer dans le secret d'une chambre, au coeur d'un petit immeuble tranquille du 15e arrondissement de Paris. L'été 2009 va s'achever. Assis sur une chaise, François Hollande évoque devant sa compagne Valérie Trierweiler l'année qui s'ouvre. Ils ont passé l'été en Espagne sans trop de sollicitations. Depuis un an qu'il n'est plus premier secrétaire du Parti socialiste, il a commencé une traversée du désert qui ressemble à un retour vers le réel. Samedis passés chez Ikea ou Alinéa pour meubler le nouvel appartement du couple et dimanches à vélo ou àjardiner, dans la maison de l'Isle-Adam de Valérie Trierweiler. Mais l'an prochain ?

Pendant les vacances, il a déjà écouté son cher Jean-Pierre Jouyet, l'un de ses plus vieux amis, que son passage pendant un an et demi au sein du gouvernement Fillon n'a jamais tout à fait éloigné : "Il faut que tu y ailles. Tu peux yarriver, tu n'as rien à perdre, et c'est ta dernière chance. Tu auras 57 ans. Après, il sera trop tard." C'est désormais la rentrée et, devant sa compagne, c'est lui cette fois qui pose la question. "Si j'y vais, il faut que je m'organise. Qu'est-ce que tu en penses ?" L'ancienne journaliste politique énonce les choses sans fard : "Soit tu penses que tu es le meilleur, et tu y vas. Soit, tu penses qu'un autre est meilleur que toi, et tu n'y vas pas." Dans l'intimité d'un couple, les vérités s'expriment sanscraindre de passer pour des vanités : "Je suis le meilleur !" "Alors, vas-y ! Mais ne bricole pas. Mets tout en place pour que ça marche."

François Hollande n'est pas de ces chefs d'Etat qui, à 10 ans, comme Nicolas Sarkozy, rêvaient de "faire président". Seule sa mère - "ma meilleure militante", a-t-il souvent vanté - disait le contraire, mais n'est-ce pas le rôle de toutes les mères de tenter de bâtir une légende ? Au fond, cet énarque et ancien magistrat de la Cour des comptes qui a bâti toute sa carrière au PS sans jamais se voir proposer de ministère caressait sans doute des rêves moins fous que celui d'entrer à l'Elysée. "J'aimerais bien un jour avoir Bercy", confiait-il modestement à quelques amis de Corrèze, il y a encore quatre ans.

"CETTE FOIS, JE NE LAISSERAI PAS PASSER MON TOUR"

On peut bien raconter aujourd'hui qu'il y a toujours cru, qu'il l'a toujours voulu, la vérité est autre. Le fantôme de 2007 a longtemps plané au-dessus de lui et, avec ce scrutin, l'ombre de Ségolène Royal. Depuis la défaite de la mère de ses quatre enfants, qui s'est confondue avec leur séparation publique, François Hollande n'ignore pas que certains responsables du Parti socialiste lui en veulent. En 2005, alors qu'il était premier secrétaire, le PS s'était déjà déchiré sur la Constitution européenne sans qu'il ose exclure les frondeurs du "non" menés par Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon. En 2006, les éléphants du parti n'ont saisi que bien plus tard pourquoi il s'était effacé devant "Ségolène". En 2012, c'est donc autant une revanche qu'il doit prendre qu'une preuve de caractère qu'il doit apporter.

 

François Hollande durant un meeting pour les élections européennes, le 6 juin 2002.

 

"Cette fois, je ne laisserai pas passer mon tour", réplique un beau jour François Hollande à un Brice Hortefeux qui l'interroge sur ses intentions. "Je me suis trouvé seul, face à moi-même, j'étais libéré de toute tutelle, à ne servir plus personne, au sens privé également", confiera-t-il au quotidien La Montagne le 30 novembre 2011. Il n'est plus rien dans le parti, les journalistes oublient de lui rendre visite, mais il a tranché. Après deux ans d'une vie plus douce, il se plie à une nouvelle discipline. Il commence par maigrir - trop, diront ceux qui aimaient François Hollande rond, rose, enveloppé dans sa bonhomie. C'est un signe qui ne trompe pas. Il se lève tôt, travaille dans le petit bureau de son appartement, avec vue sur les immeubles sans âme qui bordent le parc André-Citroën.

Il lit, découpe, trie, à l'ancienne, range les papiers dans des chemises de toutes les couleurs qui jonchent la moquette. Il n'a pas voulu s'offrir les services d'une assistante payée sur les fonds du conseil général de Corrèze, et cette sobriété est autant le signe de sa prudence que la marque d'un homme qui n'a besoin de personne. Il n'y a pas, dans la mythologie de François Hollande, de "fidèle secrétaire", comme dans celle de François Mitterrand.

Il n'y a d'ailleurs pas grand monde autour de lui. Pas de vrai courant au sein du PS, pas de think tank, et même pas l'ombre d'un intellectuel mondain : François Hollande a voulu tenir à distance Bernard-Henri Lévy, qui avait soutenu Ségolène Royal, puis Dominique Strauss-Kahn. Aujourd'hui, Franz-Olivier Giesbert s'intéresse à lui, mais, longtemps, les biographes ne se sont pas bousculés pourraconter sa geste. C'est l'histoire d'un homme qui a fait sa carrière à l'ombre d'un parti quand d'autres - Lionel Jospin, Ségolène Royal - incarnaient les soubresauts de l'histoire de la gauche : pas vraiment matière à frissons ou à best-sellers.

DES CHAISES AUX FAUTEUILS

Depuis l'automne 2008, ils ne sont d'ailleurs que huit, experts ou élus, à se réunir tous les lundis midi dans le petit bureau d'angle du député de Corrèze, autour de Stéphane Le Foll, l'ancien directeur du cabinet de François Hollande rue de Solférino. Parmi eux, Isabelle Sima, la fille des Chassagne, qui l'ont hébergé à Tulle, en 1988. Pour rire, ils se nomment eux-mêmes "les 3 %", la cote d'avenirprésidentiel que donnent alors les instituts de sondage à François Hollande. Au fil des semaines, pourtant, l'assemblée s'agrandit peu à peu. Un jour, le bureau devient trop étroit : la petite équipe descend au premier sous-sol de l'immeuble qui jouxte l'Assemblée. "Des fauteuils en cuir noir de VIP avaient remplacé nos chaises en dur. On s'est réjouis : tiens, c'est déjà un mieux", se souvient Bernard Rullier, directeur de cabinet adjoint du président du Sénat, Jean-Pierre Bel.

Depuis que "François" paraît déterminé, d'autres amis se sont proposés pour l'aider. Un vieux copain d'HEC, André Martinez, ancien du groupe Accor devenu consultant, lui a suggéré de réunir chaque lundi matin, chez lui, autour d'un petit-déjeuner, un autre groupe prêt à l'aider. Ils sont moins d'une demi-douzaine, mais ce sont des amis de près de quarante ans, tous diplômés d'HEC ou de l'ENA. François Hollande y retrouve des anciens de sa promo Voltaire, comme Jean-Pierre Jouyet ou Jean-Marc Janaillac, devenu président du directoire de la RATP. Mais on a aussi fait venir des hommes qui ont vécu une campagne présidentielle au coeur du réacteur et appris les leçons de l'échec : le conseiller d'Etat Christophe Chantepy, directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007, ou Laurent Olléon (HEC, ENA), un quadragénaire qui a connu François Hollande lors d'un stage en Corrèze. Emmanuel Macron, un jeune inspecteur des finances passé dans le privé, à la Banque Rothschild, est enfin venu rejoindre la bande de Martinez. Début 2010, la semaine de François Hollande s'ouvre sur une heure de discussion avec la fine fleur de la technocratie, chargée de l'aider à combattre son principal concurrent, Dominique Strauss-Kahn.

DSK n'est pas n'importe quel adversaire. L'ancien ministre de l'économie de Lionel Jospin a lui aussi une revanche à prendre sur la primaire de 2006. Ségolène Royal, cette "nulle", comme il disait avec mépris, l'avait alors battu à plate couture. Cette fois, auréolé de son prestige de patron du Fonds monétaire international(FMI), porté par une crise financière internationale qui rend plus raisonnables les militants de l'aile gauche du PS, son heure paraît venue. C'est du moins ce que disent les sondages, qui l'annoncent seul capable de vaincre Nicolas Sarkozy.

LE TOURNANT DE L'AFFAIRE DSK

Ce n'est pas tout à fait ce que pense François Hollande. Pas exactement ce qu'il entend sur les marchés, et pas seulement à Tulle. Beaucoup de militants socialistes se méfient de DSK. Trop social-démocrate. Trop "libéral". François Hollande entend même un jour parler de son adversaire potentiel comme d'un"cow-boy américain". C'est un candidat "hors sol", persiflent ses amis : doté d'une belle cote de popularité, mais à 10 000 km de la France. Face à l'homme des avions, de Washington, de la mondialisation, le président du conseil général de Corrèze se veut le candidat des clochers et des terroirs. Plus question de partir en vacances en Italie ou en Espagne, en cet été 2011. Pas davantage en Asie, où il n'a jamais mis les pieds autrement que pour des vacances en Thaïlande. Pour la campagne de la primaire, il veut parcourir les villes et les villages de l'Hexagone. Pour un peu, lui, l'homme qui déteste marcher, rêverait, dit-il, de "traverser la France à pied". Il va rencontrer sa chance, le coup de dés qui transforme un destin.

Ce 15 mai 2011, Valérie Trierweiler a gardé son portable près d'elle, au pied du lit. Il lui porte la nouvelle qui se répand depuis quelques heures : "DSK arrêté à New York." L'affaire du Sofitel a fait irruption dans leur nuit. François Hollande, qu'elle finit par réveiller, a balayé la nouvelle, incrédule : "Rendors-toi. Tout ça, c'est des conneries..." Des conneries ? A un mois et demi de la clôture des candidatures de la primaire, Dominique Strauss-Kahn, le grand favori, est accusé de viol par une femme de chambre d'un hôtel de New York. "DSK out""DSK fini", disent désormais les textos. Ce dimanche matin, François Hollande n'est pourtant pas certain que la chute de son rival soit une bonne nouvelle pour lui. En journaliste, sa compagne voit dans l'événement "l'équivalent médiatique de la mort de Diana ou de l'effondrement des Twin Towers". Lui, raisonne en politique et songe au "pacte" passé entre la maire de Lille et le patron du FMI. "Il va y avoir un élan autour d'Aubry", redoute-t-il.

"C'est dommage, confie-t-il le lendemain à ses amis du "3 %", j'aurais aimé débattre avec lui et le battre. Cette victoire m'aurait donné une légitimité supplémentaire." Et au "groupe du lundi" : "J'aurais gagné dans cette victoire contre celui que l'on considérait comme le meilleur économiste mes galons de présidentiable. Cela aurait été mon tremplin." Alors que le PS défile dans lesmédias pour, au choix, dire sa "sidération" devant la chute de son ancien champion, crier au complot ou espérer le retour "rapide" de Dominique Strauss-Kahn, le futur président se cantonne à des déclarations d'une infinie prudence."Nous souhaitons tous que ce ne soit pas vrai", commente-t-il sobrement sur Canal+. "François Hollande est le seul dirigeant socialiste qui ne nous ait ni téléphoné ni écrit", fulminera plus tard Anne Sinclair.

C'est peu dire que l'affaire du Sofitel, tout d'abord, le déstabilise. En perdant son rival, l'élu de Corrèze vient aussi de perdre sa stratégie. Le "président normal" n'était pas seulement une critique du "bling-bling" présidentiel, c'était une flèche décochée à Dominique Strauss-Kahn autant qu'à Nicolas Sarkozy. L'ex-premier secrétaire se retrouve devant l'actuelle chef du PS, cette "dame des 35 heures"qui plaît à l'aile gauche de son parti, et se trouve aussi largement ancrée en province que lui. Même dans le groupe des "3 %", même aux petits-déjeuners du lundi, ça tangue dans la "hollandie". "Je dois récupérer les strauss-kahniens", comprend aussitôt le futur candidat. Dans les années 1980, avec un ancien mao devenu énarque atypique et aujourd'hui décédé, Jean-Michel Gaillard, François Hollande signait des tribunes et des livres sous le nom de "Jean-François Trans". Derrière ce pseudonyme transpirait le souci d'échapper à des courants jugés ringards et "bouffeurs" d'énergie. Jean-François Trans n'a pas changé. Ce n'est pas le courant de DSK qu'il veut rafler, mais quelques-unes de ses têtes d'affiche.

L'ÉLARGISSEMENT DU CERCLE HOLLANDAIS

Pierre Moscovici est le premier à le rejoindre. "Mosco" n'avait jamais eu, jusque-là, de mots assez durs pour parler de l'ancien premier secrétaire. Un "lâche", un"mou", un "petit". Cette fois, il est prêt à devenir son premier ministre ! Avec lui, d'un coup, le cercle des hollandais paraît s'élargir. Le 31 mai 2011, à la Bellevilloise, à Paris, personne ne connaît le nom des conseillers de Paris dont le ralliement à la candidature de François Hollande est égrené par une sono poussive. Mais Pierre Moscovici, c'est enfin un nom qui résonne aux oreilles des initiés et tranche avec l'anonymat des troupes. A l'Elysée, Nicolas Sarkozy, qui s'était préparé à affronter la maire de Lille, est sonné.

C'est souvent dans les blessures d'amour-propre qu'il faut trouver l'aiguillon des plus vertigineuses réussites. François Hollande est devenu "présidentiable", et beaucoup, chez les socialistes et à l'UMP, n'en reviennent pas. "François Hollande, président de la République ? On rêve !", avait lâché du haut de sa superbe Laurent Fabius, avant la primaire. Cette fois, c'est Nicolas Sarkozy qui moque le candidat socialiste. "Il est nul", lâche un jour le candidat de la droite à M, le magazine du Monde. Ou, pire, encore : "Et ça, ça veut gouverner la France ?""Ça" n'oubliera jamais. Pendant des mois, il va "faire le sérieux", comme il dit, ettenter de se bâtir une stature de présidentiable. L'homme des bons mots disparaît tout à coup - à tel point qu'Hélène Jouan, de France Inter, se sent obligée de réunir ses traits d'esprit dans un livre, Le Petit Hollande illustré par l'exemple (Nouveau Monde, 120 p., 9,90 euros), comme dans une sorte de manifeste posthume. Et que des petits plaisantins inventent pour les iPhone une application aussi commerciale que nostalgique : "Les cent meilleures blagues de François Hollande."

Piqué dans sa fierté, bien décidé à faire mentir Nicolas Sarkozy, le candidat socialiste commence par s'entraîner au duel télévisé de l'entre-deux-tours du mercredi 2 mai avec un faux rival : Guillaume Bachelay. Rue de Solférino, on tient cette ancienne plume de Laurent Fabius et de Martine Aubry pour l'un des plus féroces conseillers. N'est-ce pas lui l'inventeur de cette "gauche molle" qui visait directement le député de Tulle ? Curieusement, pourtant, l'exercice est vite abandonné : le jeu entre le candidat et son sparring partner "sonne faux". François Hollande révise tout seul, et invente sa fameuse anaphore : "Moi, président de la République..." On ne peut mieux dire que, pour battre Sarkozy, Hollande juge seize fois plutôt qu'une qu'il ne peut compter que sur lui-même.

Rarement, dans l'histoire de la Ve République, président aura mené campagne aussi solitaire. Dans un mois, qui saura encore qui furent les quatre porte-parole du socialiste ? "Il les a tous neutralisés. Même pas un gazouillis. La parole, il l'a portée lui-même", note un intime. "C'est simple, raconte Julien Drayil nous a installés dans le local de l'avenue de Ségur, il a lancé le trousseau de clés au milieu, et il a dit : 'Débrouillez-vous', et il est parti sur les routes." Seul ManuelValls, l'ancien rival de la primaire devenu responsable de la communication du candidat, ou Aquilino Morelle, le seul à s'être rendu à Tulle, dimanche 6 mai, ont émergé de l'équipe de campagne. "Seuls ont compté les gens utiles", résume Valérie Trierweiler.

DU GENTIL AU DUR

L'utilité des autres... C'est peut-être cela qui le rapproche le plus de ses prédécesseurs. C'est cette part de son caractère, aussi, qui a le plus changé depuis quelques mois. Avant, François Hollande était "le gentil". C'est même letitre d'une des rares biographies qui lui sont consacrées. Maintenant qu'il s'approche du but, il ne fait plus de sentiment et souhaite qu'on le sache. "Il s'est durci", dit son entourage. François Hollande s'adjoint désormais ceux qui peuvent le servir, et délaisse sans trop d'états d'âme ceux qui, dans la route vers la victoire, ne lui apportent rien. "Il n'a jamais voulu s'abandonner à un réseau, un clan", dit Jean-Pierre Jouyet. Comprendre : il n'est pas prêt à tout au nom de l'amitié, et peut, par nécessité, passer l'éponge sur les avanies glissées par ses ennemis passés.

Son dicton fétiche ? "Tu ne dis rien, tu n'oublies rien." François Hollande a fait le ménage dans les archives de sa mémoire. Effacé, au moins provisoirement, le"Flamby" d'Arnaud Montebourg, qui jugeait que "le pire défaut de la candidate"Royal, c'était "son compagnon". Mise entre parenthèses, la phrase lâchée parLaurent Fabius pendant la primaire de 2011. L'ex- "plus jeune premier ministre de la France" est venu à Canossa. Un jour, après la primaire, le soutien de Martine Aubry a tendu à "François" un vilain sac de supermarché : "L'emballage est affreux, mais à l'intérieur, je crois que cela te plaira." Laurent Fabius y avait glissé un manuscrit venu de sa collection personnelle : l'original du texte que Jean Jaurès adressa au capitaine Dreyfus. Mieux qu'un cadeau : presque un hommage.

Des amis, en revanche, ont été laissés de côté. Son chef de cabinet, le dévouéFaouzi Lamdaoui, réclame la 9circonscription des Français de l'étranger ? François Hollande laisse Martine Aubry la livrer à l'un de ses protégés. Quand, aux premiers jours de la campagne, Areva découvre dans l'accord Verts-PS un paragraphe trop radical sur le nucléaire, François Hollande prend son téléphone et appelle, furieux, le négociateur des accords pour lui passer un savon. Qu'importe qu'il s'appelle Michel Sapin, son ancien copain de promo et de chambrée au service militaire. Qu'importe si l'ancien ministre lui a demandé, dans quelques semaines, de devenir le témoin de son (re) mariage, par fidélité.

Le pouvoir est un aimant puissant. Malgré ces petites vexations, personne n'a plus lâché le futur président. "La dernière promo politique de l'ENA", comme dit souvent François Hollande, n'a jamais flanché. Dans la petite bande de quinquagénaires, tous sont restés fidèles à "François". Michel Sapin a écrit le programme économique du candidat. Bernard Cottin, ex-PDG de Numericable, est devenu mandataire financier. L'avocat Dominique Villemot rédige des notes sur la fiscalité, tandis que Jean-Jacques Augier a déniché l'immeuble du siège de la campagne, avenue de Ségur. A la présidence du Sénat, Pierre-René Lemas, le nouveau directeur de cabinet de Jean-Pierre Bel, a réuni des jeunes conseillers qui sauront, dès la mi-mai, irriguer les cabinets ministériels. "Il n'y avait pas eu en 2007 avec Ségolène - pourtant elle aussi une ancienne - de réunions de notre promotion Voltaire comme il y en a eu cette année pour François", constate Jean-Pierre Jouyet. D'anciens condisciples de droite issus de la même promo, Dominique de Villepin et Renaud Donnedieu de Vabres, qui bien vite ont lâché publiquement Nicolas Sarkozy, ont même été conviés à leurs déjeuners.

Mercredi 2 mai, lors du débat télévisé qui a opposé François Hollande au président sortant, se pressaient pourtant dans la loge Aquilino Morelle, Manuel Valls, et les quelques conseillers choisis par ce dernier. Pas de Michel Sapin, aucun des vieux amis de la promotion Voltaire n'avaient été conviés. Ce dimanche, à Tulle, où la petite bande s'était réunie il y a vingt-quatre ans lorsqu'il est devenu pour la première fois député, François Hollande était seul, à nouveau. Il a voulu une victoire sans "shadow cabinet", sans énarques, sans Parisiens. Demain, sans doute, la crise les rendra indispensables. Mais aujourd'hui, il veut croire que c'est"avec les Corréziens", c'est-à-dire sans eux tous, qu'il l'a emporté. "Il faut lelaisser jouir seul des meilleurs moments de sa victoire, avant que cela ne tombe comme à Gravelotte", excuse Jean-Pierre Jouyet. Seul, parce que c'est aussi seul, finalement, qu'il l'a emporté.

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin

lundi, 07 mai 2012

Résultats sur la 6° circonscription

Béziers 

Inscrits 45 538

Votants :35957

Exprimés 33848

Abstention 21,04%

 

François Hollande:15852 voix soit 46,83%

Nicolas Sarkozy 17996 voix soit 53,17 %

 

Sur la circonscription

Inscrits 86125

Votants 69829

Exprimés 65 349

François Hollande  30141 voix soit 45,99 %

Nicolas Sarkozy 35298 voix  soit 54,01%

MERCI !

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dimanche, 06 mai 2012

Déclaration de François Hollande à Tulle


Le live de François Hollande par francoishollande

François ....Président !!

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Où sortir ce soir ?

A partir de 19h , plusieurs lieux de sorties possibles

A Béziers:

Parti socialiste Section 1 et 3 : sur les Allées, au bar la Comédie

Parti Socialiste Section 2 et 4 , Centro espagnol

Parti Radical de Gauche, 8 Avenue Alphonse Mas

Dans les villages:

A Cazouls les Béziers, salle François Mitterrand

A Lespignan , salle des écoles

Bonne soirée


samedi, 05 mai 2012

De plus en plus nombreux

Durant cette campagne présidentielle, vous êtes plus de mille à nous lire chaque jour, et même plus de 1500 le 22 avril.

Nous vous donnons rendez-vous dimanche 06 mai.

Merci, nous continuerons à vous informer librement de l'actualité socialiste .

Les webmasters

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vendredi, 04 mai 2012

François Bayrou vote François Hollande


Bayrou votera Hollande par LeNouvelObservateur

"La ligne qu'a ainsi choisie Nicolas Sarkozy entre les deux tours est violente, elle entre en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres", lance le leader centriste, qui fustige "l'obsession de l'immigration (…) l'obsession des frontières à rétablir". "Nicolas Sarkozy s'est livré dans une course-poursuite à l'extrême-droite dans laquelle nous ne reconnaissons pas nos valeurs." "Je ne veux pas voter blanc, ce serait de l'indécision, dans ces circonstances, l'indécision serait indécent."

 

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jeudi, 03 mai 2012

Sarkozy : l’échec du bling-bling communicationnel

 

Lecture du "Figaro" en ce lendemain de débat présidentiel. Un titre barre la Une : "Haute tension", avec ce sous-titre d'une clinique froideur : les deux candidats ont "proposé deux visions de la société française dans un climat tendu". L'AFP n'eût pas fait mieux...

Mais comme jadis la "Pravda", c'est entre les lignes qu'il faut lire l'organe de la droite officielle. La majorité des commentaires, jeudi matin, sacrent François Hollande vainqueur de sa confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy. Dans ces conditions, s'il y avait eu une once de doute sur le gagnant du duel, "le Figaro", journal du sarkozysme sans peur et sans vergogne, aurait dû trouver un de ces titres élogieux qui font les délices des amateurs de presse : "Sarkozy gagnant aux points" ou bien "Hollande l'embrouille".

Mais non... Retenue, réserve et circonspection. On aura compris que la soudaine objectivité du journal sonne comme un glas pour Nicolas Sarkozy : même doté de son ontologique mauvaise foi, le bulletin officiel du régime ne trouve rien à dire pour sauver son champion. C'est bien que le débat a été pour lui calamiteux.

L'esquive, leitmotiv bancal de l'UMP

D'où vient cette défaite patente, subie par le président sortant face à un François Hollande pugnace, précis et présidentiel, qui n'a rien lâché, sinon ses coups, assortis d'une ou deux tirades classiques qui resteront dans les mémoires ("Moi, président...") ? On invoquera la crise, qui plombe le bilan Sarkozy, la position de sortant, toujours inconfortable, la fatigue d'une fin de campagne, la solitude du chef, qui se bat seul contre tous. Toutes choses recevables. Mais l'origine de la mésaventure est plus profonde. L'échec de Sarkozy dans ce débat, c'est celui d'une certaine manière de s'exprimer en politique qu'on pourrait appeler : le bling-bling communicationnel.

Il était pourtant sûr de son fait, le président sortant. "Je vais l'exploser", disait-il en confidence, pour traduire officiellement, en langage plus policé, son inébranlable confiance : "Je vais enfin le débusquer", comme un chasseur avisé le fait d'un renard fuyant.

A vrai dire, cette présomption sous-tend les discours de Nicolas Sarkozy depuis le tout début de la campagne, qui se ramène, somme toute, à une succession de rodomontades et de tartarinades. La primaire socialiste ? Un passeport pour la guerre civile socialiste qui laissera le candidat désigné exsangue. On a vu ce qu'il en était. La comparaison entre un Président qui agit et un candidat socialiste qui ne dit rien ? Elle a occupé tout l'hiver.

Des recettes dépassées

Problème : elle n'a eu aucun effet sur l'opinion, chacun comprenant que le candidat socialiste attendait le début de la campagne pour exposer son programme. Le vide supposé du discours de Hollande ("Il est nul, cela commence à se voir", disait le président au "Monde") ? Pas de chance : en janvier, le discours du Bourget est un grand succès et Hollande a sorti en temps en heure un programme articulé en 60 mesures que l'on peut certes contester, mais qui résistent au feu du débat.

Quand le président entrera en campagne, on verra ce qu'on verra ? En dépit d'une activité frénétique et d'une agressivité de tous les instants, déployées en mars et en avril, on n'a rien vu, sinon un léger resserrement des intentions de vote, suivi d'un nouvel écartement des courbes. Jusqu'à ce débat qui devait faire la différence et qui la fait effectivement, mais en faveur du socialiste...

Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il à ce point sous-estimé son adversaire ? Pourquoi la magie supposée de son verbe n'a-t-elle donné, à ce jour, aucun résultat ? Pour la simple raison qu'il se perçoit comme le champion de la communication politique moderne, alors qu'il applique des recettes caricaturales et dépassées.

Se répéter jusqu'à l’écoeurement

Occuper sans cesse la scène, définir "l'agenda des médias", recourir à des gimmicks constamment ressassés, antagoniser tous les discours en désignant un adversaire fictif ("On nous dit que", "Le système veut nous faire croire que", "La bien-pensance nous affirme que", etc.), qu'on démolit d'autant plus facilement qu'on lui fait dire ce qu'on veut, choisir des exemples simplistes et les répéter partout, répondre à tout incident qui émeut l'opinion par une mesure ou un projet de loi, jouer tour à tour de la confession impudique (comme dans un jeu de télé-réalité) et de la diatribe de mauvaise foi (selon une méthode de vieux débatteur de studio) : tout cela avait favorisé l'ascension de Nicolas Sarkozy sous la présidence Chirac et alimenté la campagne de 2007, rehaussée, il est vrai, par un excellent discours d'entrée en lice.

Les grands échecs viennent souvent des grands succès. Sûr de la méthode qui l'avait porté à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a appliqué les mêmes préceptes à la tête de l'Etat, jusqu'à l'écoeurement, persuadé que son abattage, sa rapidité, son inlassable énergie, feraient de toutes manières la différence à l'heure du choix. Mais avec l'approfondissement de la crise, les difficultés du gouvernement, l'oubli des promesses et les catastrophiques erreurs symboliques du Fouquet's, du Paloma et d'autres lieux emblématiques, cette tactique forcenée est apparue pour ce qu'elle est, une machine grossière de propagande, qui grince et qui pétarade, mais qui se déglingue par un usage trop intensif.

Sobre, "normal", habile, classique, nourri des détours mitterrandiens et de la simplicité pédagogique d'un Jacques Delors, François Hollande a opposé au clinquant une sorte d'austérité dense qui a fini par faire tomber en poussière l'édifice sarkozyen. Bien sûr, l'appel désespéré aux électeurs du FN peut encore porter ses fruits et la droite française gagner l'élection contre toute attente en fusionnant idéologiquement avec l'extrême droite. Mais hors de cette hypothèse sensationnelle et désastreuse, la défaite probable de Nicolas Sarkozy conduira à cette cruelle prise de conscience de l'opinion : mais, finalement, comment a-t-on pu prendre au sérieux cet interminable numéro cirque ?

Laurent Joffrin

Vivement dimanche!

On allait voir ce qu'on allait voir. Il l'attendait avec impatience ,avec febrilité, avec fievrosité ce débat qui allait lui permettre de se refaire, tel un joueur de poker. Il en voulait même 2 , puis 3 tellement il était persuadé d'être insubmersible. 

Il allait "l'exploser" , se vantait-il dans une de ses ultimes rodomontades

Résultat des courses, le tartarin de l'Elysée, le pitbull de Neuilly, s'est cassé les canines sur le roc François Hollande. 

Sarkozy a tout fait mais n'est arrivé à rien: multiplication de chiffres pour tenter de crédibiliser son discours, posture du donneur de leçon et tentatives de bouquet final de  boules puantes à la mode Aubry, Fabius ou DSK ... 

Rien n'y a fait. 

François Hollande a été clair, net ,précis et a montré la cohérence de notre projet. 

Vivement dimanche !

Karine Chevalier

Conseillère Régionale

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